A quand la pêche industrielle en RDC?
Un article de Ngoma.
Hier, la République démocratique du Congo a célébré la 42è édition de la Journée nationale du Poisson instituée en 1967 par le Maréchal Mobutu Sese Seko. Tous les pêcheurs lui en sont reconnaissants pour avoir revalorisé leur métier que d’aucuns ont tendance à mépriser et à sous-estimer alors qu’ils font vivre autant de personnes.
L’année dernière, à l’occasion de la même Journée nationale du Poisson, nous louions les propos de M. François-Joseph Mobutu Nzanga alors Ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, Pêche et Elevage. Cet homme d’Etat " regrette que les Congolais soient devenus de simples consommateurs et tributaires de poisson importé.
Alors que la Rdc a un potentiel halieutique de 707.000 tonnes de poisson pendant que les besoins sont évalués à 450.000 tonnes de poisson par an. Entre-temps, chaque année, on importe 150.000 tonnes. "Face à ce constat réel et peu encourageant, il avait promis " de s’employer pour changer de méthodes de travail, afin d’affronter les nouvelles réalités."
La République est le pays qui a le réseau hydrographique le plus dense d’Afrique composé d’un fleuve ayant un grand débit, autant de lacs, autant de rivières qui recèlent des centaines de milliers de poissons. Mais, la pêche qui s’y pratique est toute artisanale avec des méthodes archaïques à telle enseigne que beaucoup de poissons meurent de vieillesse. Comment les Congolais ne doivent-ils s’accrocher qu’à leur traditionnel " mpiodi " (chinchard) alors que le lac Tanganyika qui est le plus poissonneux du monde peut bien être le creuset de la pêche industrielle qui, non seulement va approvisionner autant de Congolais en poisson mais aussi fera gagner des devises au pays en en exportant une partie ? Nous savons qu’à la 2è République, un projet de ce genre était sur le chantier mais il serait mort-né, semble-t-il, à cause des interférences négatives des importateurs traditionnels de mpiodi qui y ont vu le risque de leur faire perdre le marché juteux qui les engraisse. Jusqu’ici, la promesse l’ancien ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, Pêche et Elevage devenu vice-premier ministre en charge des besoins sociaux de base (dont l’alimentation) se fait toujours attendre, celle de s’employer pour changer de méthodes de travail afin d’affronter de nouvelles réalités. Car, le problème de l’approvisionnement en poisson reste entier.
Le ministère dispose de nombreux Programmes sectoriels tels que Programme national Riz, Programme national Manioc, et bien d’autres. Il existe également un service qui s’occupe du secteur de la pêche. Mais, nous avons la nette impression qu’il ne lui donne pas beaucoup d’importance. Puisqu’à l’heure actuelle, tous les problèmes relatifs à ce secteur reste entiers. Les perspectives de solution sont quasi nulles. Ce sont des problèmes tant d’ordre structurel, humain qu’organisationnel. Les pêcheurs qui, de tout temps, n’ont jamais cessé de demander assistance au gouvernement, n’ont jamais eu gain de cause. Ils sont des laissés pour compte.
Nous parions que si les pêcheurs étaient encadrés de manière rationnelle et si le pouvoir public mettait tous les moyens pour implanter au pays une pêche industrielle digne de ce nom, les Congolais auraient à manger du poisson à gogo qu’ils achèteraient à vil prix.
L’@venir du 25 Juin 2009

