Appui à l'agriculture en RDC

Un article de Ngoma.

Didier Munsala Buakasa

Observateur

http://www.lobservateur.cd

Mercredi 06 mai 2009

La Banque mondiale prépare un projet de 120 millions USD

Dans un contexte marqué par la crise alimentaire mondiale, la RDC se retrouve sur la liste des pays vulnérables. Pour faire face aux effets combinés de la crise et des hausses des prix des produits alimentaires, la RDC doit songer à augmenter sa production agricole et à exploiter son potentiel. L'apport des partenaires au développement est aussi important en cette phase de sortie du conflit armé. Ainsi, la Banque mondiale est en train de préparer un projet d'appui à l'agriculture en faveur de la RDC. Il va s'agir du projet de réhabilitation et relance du secteur agricole.

Actuellement en phase de pré évaluation, le projet en question ( un don ) va être financé à hauteur de 120 millions de dollars pendant une période de cinq ans. A en croire Dr Nicolas Ahouissoussi, économiste agricole principal à la Banque mondiale basé à Washington, les autres étapes avant l'entrée en vigueur, à savoir : l'évaluation, la négociation et le passage au conseil d'administration de la BM, pourraient être bouclées au plus tard le 15 septembre 2009. Cet expert de la BM s'exprimait ainsi au cours d'une émission télévisée enregistrée à la mission de la BM à Kinshasa. Il était face à la presse et aux acteurs de la société civile réunis au centre d'information au public de la mission résidente.

Objectif : augmenter la production

De sa prestation, il ressort que l'objectif du projet en préparation est " d'augmenter la productivité agricole et améliorer la transformation et la commercialisation de la production végétale, halieutique et autres produits animaux ". A propos de la zone d'intervention, ce projet va se limiter aux trois districts de Mongala, Ubangui-Sud et Ubangui-Nord. Huit territoires sont pris en compte, à savoir : Bumba, Yakoma, Businga, Gemena, Kungu, Boudjala, Lisala et Mobayi-Mbongo. Ce projet sectoriel va comporter trois composantes.

La première composante est l'augmentation de l'accès aux technologies améliorées de production et de transformation et appui aux organisations des producteurs. Dans cette composante, l'objectif est d'améliorer la productivité des petits exploitants agricoles dans les huit territoires ciblés et les sites du Pool Malebo par les activités du projet dans le domaine végétale, halieutique et animale. Il est question ici d'apporter du matériel végétal amélioré et des intrants d'élevage et de pêche, des technologies appropriées de production, des services de conseil technique et en organisation et gestion des exploitations et la promotion des organisations paysannes.

La seconde composante est dénommée amélioration des infrastructures de transport rural (routes et voies fluviales) et de marchés. A ce propos, Nicolas Ahouissoussi soutient que pour relancer l'agriculture en RDC, il faut réhabiliter les infrastructures. Comme il s'agit d'un projet pilote, le gouvernement de la RDC va y apprendre beaucoup et tirer des leçons qui vont servir dans d'autres localités. L'objectif de la composante est d'améliorer l'état des infrastructures de desserte pour soutenir la production agricole des zones enclavées dans les huit territoires du projet. Mise à niveau de routes de desserte agricole et de voies fluviales, réhabilitation des infrastructures (quais, entrepôts, marchés de détail, chambres froides,…) sont prévus. Des études seront menées pour identifier les mécanismes de pérennisation des prestations qu'elles permettront d'offrir.

1,5% du budget national à l'agriculture ! A travers la composante 3, il est question du renforcement des capacités des ministères de l'Agriculture et du Développement rural pour délivrer les services clés au niveau central et provincial. A ce niveau, il est aussi prévu la préparation des stratégies de réforme des agro-industries et la gestion et le suivi-évaluation du projet lui-même. Conformément aux recommandations de la revue du portefeuille de la BM en RDC, ce projet sectoriel sera confié au ministère de l'Agriculture. Pour la gestion fiduciaire du projet, il y aura des organes au niveau central, provincial et territorial.

Selon Nicolas Ahouissoussi, la préparation de ce projet permet d'impliquer les acteurs de la société civile (FEC, CDI Bwamanda, Codeco,…). A travers ce processus participatif, le gouvernement et la BM ont la possibilité de connaître les attentes de la population. Mais particulièrement les attentes de la cible du projet, à savoir : les ménages agricoles de l'Equateur et du Pool Malebo. Pour bien préparer ce projet, pendant la préévaluation la société civile apporte ses idées constructives par rapport à l'objectif, notamment la réhabilitation des routes, l'amélioration des marchés, ...

Interrogé sur la place accordée à l'élaboration du code agricole de la RDC, l'expert de la BM souligne que ce code est préparé depuis deux ans. La BM a apporté son appui au gouvernement qui va finaliser rapidement ce code, avant de l'envoyer pour adoption au parlement. Pour lui, la RDC a un potentiel énorme au plan agricole (eau en quantité suffisante, terre fertile, main d'oeuvre abondante, un climat favorable,…), bien entendu toutes les provinces n'ont pas les mêmes avantages comparatifs. Dans tous le cas, le potentiel existe. Faut-il encore relever le niveau du budget national alloué à l'agriculture. Ce budget est actuellement de 1,5%. C'est bien dérisoire pour un pays de la taille de la RDC avec un potentiel agricole avéré.

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