Atelier de formation sur les engrais au Nord-Kivu

Un article de Ngoma.

Plus de 30 organisations paysannes et ONG locales de la Province du Nord-Kivu intervenant dans le secteur agro-pastoral ont appris durant trois jours comment utiliser les engrais organiques et chimiques en vue d’accroître leur production. La formation a été organisée par la Synergie Action contre la Faim, SAF en sigle, du 5 au 7 février 2007 à l’hôtel Tshango avec l’appui financier de l’IFDC, un Centre International sur les Fertilisants et le Développement. C’est dans le cadre du projet CATALIST basé à Kigali que l’IFDC a appuyé financièrement SAF dans l’organisation de cet atelier d’une grande importance en Province du Nord-Kivu.

Cet atelier de formation sur les engrais avait trait à l’introduction de ceux-ci et à leur usage dans la province à vocation agricole du Nord- Kivu, en relation avec les besoins des agriculteurs et les consommateurs de leurs produits, l’exiguïté des terres arables et leur utilisation sans jachère.

L’atelier débuta par l’élaboration d’un code de bonne conduite et par l’évocation des attentes et craintes des participants venus des villes de Goma, Butembo et Beni ainsi que de l’intérieur provincial. En s’adressant conjointement à l’Assemblée, l’Inspecteur Provincial de l’Agriculture, Pèche et Elevage, Monsieur Gilbert NDABAGERA, a rappelé l’importance de l’usage des engrais dans l’agriculture au Nord-Kivu au vu de l’exiguïté territoriale et la forte croissance démographique.

Enfin, le représentant de l’IFDC, Monsieur Henk Breman, a donné des explications quant à son employeur qui est un Centre International de Vulgarisation et de l’Utilisation des engrais dont le siège se trouve aux Etats –Unis. Agé de 30 ans déjà, l’IFDC a pour objectifs d’accroître la production et garantir la sécurité alimentaire à travers le monde entier. L’IFDC a actuellement un programme d’intervention de cinq ans dans les pays membres de la région des Grands Lacs : R.D. Congo, Rwanda, Burundi, Tanzanie et Ouganda.

Durant les trois journées bien chargées des travaux, dix thèmes ont été exposés par des experts en la matière. Le premier jour, Monsieur Kambale Kivunda, a exposé sur les techniques d’information, d’éducation et de communication. Le deuxième fut présenté par Monsieur Henk Breman sur l’amélioration, les recommandations à suivre et l’analyse des fertilisants.

Lors de la deuxième journée, le prénommé a parlé de l’application des fertilisants. Tandis que Monsieur Kuba de SENAFIC a répondu aux préoccupations des séminaristes quant au devenir des engrais chimiques après l’épandage et des quantités à utiliser. Puis il a répondu à la question de savoir pourquoi répandre les engrais et comment ceux-ci augmentent –ils les rendements.

Finalement, Ir. Mirimo de l’IPAPEL (Inspection Provinciale de l’Agriculture, Pêche et Elevage) a exposé deux problématiques fondamentales. Primo, comment convaincre les agriculteurs d’utiliser les engrais et comment organiser un champ de démonstration d’engrais.

Au cours de la troisième journée, deux intervenants sont montés sur le podium. Le premier, Monsieur Magigiri Gifigi de PADA a démontré comment organiser une visite commentée dans un champ de démonstration et de quelle manière tenir un cahier de champ. Le représentant de SENAFIC, Monsieur Kuba, a ensuite démontré comment déterminer le taux optimal d’application des engrais. Avant que le Coordinateur de la plate-forme DIOBASS n’expose sur le projet pilote de crédit agricole et distribution des engrais. Et en fin de compte, ce même intervenant a parlé de l’élaboration du plan de mise en œuvre des acquis de la formation dispensée.

A l’issue de la formation, les recommandations ont été formulées par les participants à savoir : la restitution des acquis de la formation ; appuyer le SENAFIC pour l’encadrement de la mise en place de champs d’expérimentation et la production des données statistiques ; le renforcement des capacités des formateurs et vulgarisateurs à travers les voyages d’échange avec les agriculteurs d’autres pays ayant de l’expérience sur l’utilisation des engrais; organiser un atelier sur les crédits et filières agricoles ; appuyer la SAF pour le suivi de la formation et enfin, intégrer les propriétaires terriens dans le programme afin de sécuriser les paysans exploitants sur leur terroirs . Dans son mot de clôture, l’Ir Mirimo, représentant l’Autorité provinciale, a remercié l’IFDC de l’appui financier pour cet atelier organisé en vue d’augmenter la productivité agricole et par conséquent contribuer à améliorer les conditions de vie des paysans.


La Voix du Congo Profond n°2 septembre 2007 p. 11 Jean Baptiste Musabyimana

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