Catégorie:Focus sur l’agriculture et l’agro-industrie au Kongo Central
Un article de Ngoma.
[modifier] Focus sur l’agriculture et l’agro-industrie au Kongo Central
L’objectif de la mission est de mieux connaître les avantages comparatifs de la province du Bas-Congo. Concrètement, elle devrait aboutir à la mise en place d’un Comité provincial composé de personnes relais dans les créneaux porteurs. Ce comité devrait assez rapidement nous présenter un document succinct reprenant trois points :
- L’état des lieux (cartographie des différents secteurs et fiches d’entreprises, institutions, ON G et autres acteurs du développement reprenant l ’activité, le projet d’investissement, les coordonnées des personnes de contacts et le profil du partenaire recherché). Les secteurs concernés: Agriculture, éco-tourisme, bois, transport, infrastructures, construction, énergie, eau. - Les avantages comparatifs de la Province. - Un plan d’action sous forme d’un portefeuille cohérent de projets à présenter aux investisseurs potentiels (bailleurs de fonds nationaux ou internationaux - bilatéraux ou multilatéraux - ; ainsi que des investisseurs privés et la diaspora congolaise). Il devrait également aider Alain Huart à définir une politique agricole dans la Province du Bas-Congo.
1. Les atouts de la Province
Une situation géographique privilégiée : un accès aisé à des marchés de consommation importants tels que Kinshasa (7 millions de consommateurs), l’enclave angolaise de Cabinda (500.000 habitants) et la région de Soyo (au nord de l’Angola). Ces populations angolaises ont un pouvoir d’achat important grâce à la manne pétrolière. un accès direct aux marchés internationaux grâce aux ports maritimes de Matadi et de Boma.
Des infrastructures les routes asphaltées Matadi – Kinshasa, Matadi – Boma (en partie) et Boma - Tshela (en partie). D’autres tronçons importants sont néanmoins en très mauvais état et en particulier l’axe Boma -Muanda qui est pourtant vital pour le développement du tourisme; le train, même si les trains de l’Onatra sont dans un état de vétusté avancé ; les ports maritimes de Matadi et de Boma, même s’ils sont déjà engorgés. Le port en eau profonde de Banana est encore à l’état de projet.
Un potentiel énergétique important avec : le site d’Inga (où se trouve la plus grande concentration d’énergie hydro-électrique au monde) ; plusieurs rivières telles que celles d’Inkisi, Kwilu, Lufu, Mpozo, Lukula et Shiloango, qui offrent des possibilités d’installation de micro-centrales hydroélectriques ; un potentiel important en biomasse ; la sucrière de Kwilu-Ngongo fonctionne déjà entièrement grâce à l’énergie produite par la combustion de ses déchets de canne à sucre et étudie la possibilité de développer la culture de soja comme bio-carburant ; présence de centrales thermiques off-shore et on-shore mises en place par la compagnie pétrolière française PERENCO ; potentiel gazier à partir des nappes pétrolières. Un biotope et un climat diversifié, convenant à toutes sortes de productions agricoles :- l’agro-foresterie : la forêt du Mayombe offre encore quelques possibilités même si elle a souffert d’une surexploitation anarchique. La région souffre d’érosion dans tous ses districts à cause du fléau des feux de brousse et la coupe effrénée des rares arbres (surtout vers Kinshasa) au profit du bois de chauffage. Ceci sans que soit planifié une quelconque politique de reboisement. - Les cultures vivrières et de rente (oignons, pois cajan, manioc, produits calibrés de qualité pour la grande distribution à Kinshasa, huile de palme, piment, tomates, agrumes, ananas, bananes, tournesols, pommes de terre, cacao dans la région de Tshela, horticulture (en particulier près de Kisantu). Toutes ces cultures nécessitent en amont des semences sélectionnées et en aval des activités de transformation, conservation, stockage et distribution. - I l existe un potentiel de développement d’usines de transformation de produits agro- alimentaires comme par exemple, le séchage de banane et de mangue, la torréfaction de café, la transformation de la tomate, de l’ananas et de l’huile de tournesol, les jus de fruits, le vin de palme et les confitures. Il y a aussi une forte demande de machines de transformation agricole. - Pour la pêche, il existe une grande variété de poissons frais de qualité mais l’exportation est rendue difficile à cause de problèmes de normalisation et de conservation. Le groupe Leydia a mené des études qui montrent que la pêche artisanale conviendrait mieux que la pêche industrielle dans cette région du Congo. Un projet d’encadrement de pêcheurs équipés de pirogues nous a été présenté. On a également évoqué le cas de la société wallonne de séchage de poissons GENETEC qui a installé un séchoir à Boma, n’ayant jamais fonctionné par manque de poissons.
Le secteur de la construction est en plein développement. Il n’existe que deux cimenteries dans la Province : la Cilu (Cimenterie de la Lukala) et la Cinat (Cimenterie nationale de Kimpese), toutes deux situées entre Matadi et Kinshasa. Elles n’arrivent pas à répondre à la demande toujours croissante. La Cilu fonctionne à 98 % de sa capacité et livre chaque jour 1200 T de ciment. Le ciment se vend normalement 7 USD à la sortie de la cimenterie + 2 USD pour le transport jusqu’à Kinshasa. Le déséquilibre entre l’offre et la demande, - une partie du ciment est exporté en Angola ou au Congo Brazza - entretient la spéculation : le prix de vente actuel du ciment est passé de 10 à 15 USD à Kinshasa et 20 USD à Muanda à cause notamment du mauvais état de la route entre Matadi et Muanda. Il n’existe aussi qu’une seule cimenterie pour couvrir tout le nord de l’Angola. Les besoins en matériaux de construction ne sont pas couverts pour le moment par la production locale. Par exemple, on importe du marbre d’Europe alors qu’on pourrait exploiter celui du Bas-Congo.
Démarche de Jérôme Roux et Alain Huart Dans notre démarche, nous sommes soucieux de n’exclure aucun acteur du développement dans les secteurs concernés, que ce soient : • les entreprises privées (membres ou non de la FEC, COPEMECO et autres fédérations d’entreprises) ; • les ONGD, les congrégations et autres acteurs de la société civile ; • les bailleurs de fonds et l’Etat congolais (Ministère de l’Agriculture, du Plan, du développement rural, etc.…). • les universités et autres institutions de recherche, comme l’INERA.
Propositions de thèmes pour la table ronde agricole du Bas-Congo • Cultures vivrières et de rente; maraîchage, élevage; pisciculture et pêche • Agro-foresterie, environnement; combustible, biomasse et matière organique • Transformation, conservation, emballage, stockage; marketing, prix et marchés; • Dynamique communautaire; foncier, aménagement du territoire; pouvoir politique, pouvoir coutumier, gestion des conflits • Tourisme, éco-tourisme • Formation et financement
Focus sur l’agriculture et l’agro-industrie au Kongo Central Bas-Congo Résumé des avantages comparatifs de la province du Bas-Congo • Une situation géographique privilégiée: Accès aisé à des marchés de consommation importants: Kinshasa (7 millions de consommateurs), Cabinda et Soyo (pouvoir d’achat), marchés internationaux (ports de Matadi, Boma) • Infrastructures: route Matadi Kinshasa, le rail, les ports, l’accès à l’océan,…, propices également au tourisme • Accès à l’énergie (hydro-électrique) • Biotopes et climats diversifiés, convenant à toutes sortes de productions agricoles • Racines historiques et culturelles remarquables, architectures, sites historiques ; récits de la province
Pour l’élevage, les chèvres, les porcs, les canards et la volaille offrent le plus de potentialités. La demande est largement supérieure à l’offre pour tout ce qui est provenderie. La minoterie de Matadi (Midema) est en effet la seule société à produire de l’aliment pour bétail mais cette usine est située à Kinshasa.
Évaluation du potentiel touristique à Matadi (26/08/2006), rencontre avec les opérateurs économiques Le président de la FEC a fait mention des difficultés qu’éprouvent certains opérateurs à traiter avec des banques belges, maintenant que la Belgolaise n’existe plus. D’après le Président, Fortis est beaucoup plus frileuse que ne l’était la Belgolaise lorsqu’elle traite avec des sociétés congolaises ; quant à ING, parait-il, elle demande 15.000 € de fonds bloqués pendant 3 ans comme préalable à l’ouverture d’un compte.
Autre problème mis en avant : celui de la fermeture du Consulat de Matadi, perçu comme un retrait de la présence belge dans la Province alors même que le port d’Anvers et de Matadi ont conclu un accord de jumelage depuis novembre 2003. Pour ce qui est de l’accès au crédit, il y a l’ouverture prochaine d’une filiale de la Procrédit Bank, banque de micro crédit, déjà établie à Kinshasa Gombe.
- Le tourisme écologique (écotourisme), offre des possibilités de développement, et ceci dans chacun des 3 districts du Bas-Congo : o les Cataractes avec notamment les chutes Zongo o le Bas-fleuve avec par exemple, la forêt du Mayombe, les plages sauvages de sable blanc à Muanda et l’embouchure du fleuve sur l’Océan atlantique o la Lukaya avec ses chutes et le sanctuaire des singes Bonobos. - Du point de vue culturel, l’histoire du Bas-Congo est riche en vestiges historiques, en architecture coloniale et en récits d’explorateurs. Première porte d’entrée de la colonisation par la découverte en 1482 de l’embouchure du fleuve Congo par le portugais Diego Cao, cette Province abrita les deux premières capitales de l’Etat indépendant du Congo, Vivi (de 1885 -1886) et Boma (de 1886 à 1923). Elle a gardé de nombreux vestiges de l’époque coloniale comme par exemple : La Résidence du premier Gouverneur à Boma La Cathédrale de Boma L’Hôtel Métropole de Matadi Le Baobab de Stanley Le premier chemin de fer de l’Afrique Centrale avec les récits pathétiques de sa construction. Les maisons d’anciens colons le long de la plage de Vista (en portugais) ou de Nsimfumu (« le village du chef » en kikongo) forment un ensemble architectural très intéressant. - Enfin le tourisme économique pourrait être développé dans la province avec notamment la visite de la Sucrière de Kwilu Ngongo, les élevages de JVL, la société des Grands Elevages du Bas-Congo à Boma, la minoterie de Matadi (Midema) ainsi que les deux cimenteries (la Cilu et la Cinat). De l’avis du Président de la FEC Bas-Congo, un des préalables au développement du tourisme passe par une privatisation au moins partielle de la gestion des sites touristiques. - Visite du Belvédère (point de vue historique situé au sommet de la ville de Matadi) et des marchés Belvédère, Abako, Sud et Bruxelles Nord. - Visite de la statue en bronze et en cuivre jaune « Les porteurs », sculptée par le bruxellois Emile Beernaert et le professeur Dupagne de la Compagnie des bronzes de Bruxelles. Cette statue commémore les hommes qui transportaient à pied sur leur dos les marchandises le long des 370 km qui séparent Matadi de Kinshasa.
Muanda - Rencontre avec les opérateurs économiques de la FEC Muanda (27 août 2006). Nous avons évoqué le potentiel de la région, essentiellement axé sur le pétrole, les matériaux de construction, la pêche et le tourisme. Muanda souffre du mauvais état de la route jusqu’à Matadi. Pour que le tourisme puisse se développer réellement, il faudrait que les Kinois puissent se rendre en 6 heures à Muanda. Aujourd’hui, rares sont ceux qui se rendent à Muanda en voiture ; or le prix de l’avion est de 360 USD aller/retour alors qu’il n’est que de 120 USD entre Kinshasa et Pointe-Noire. D’après Monsieur Baly, ancien président de la FEC , la navigation fluviale de Muanda à Boma n’est pas rentable sauf pour le tourisme.
Boma - Entretien avec le maire et la vice-maire de Boma à la Résidence du premier Gouverneur (28 août). Visite de l’ancienne maison du premier Gouverneur, résidence officielle actuelle du maire de Boma. Cette résidence a une valeur architecturale et historique notoire. La mairie de Boma aimerait en faire un musée et sollicite une aide financière pour réhabiliter les sites touristiques de la ville. Un jumelage entre Boma et une autre ville belge a été évoqué. Pourquoi pas avec la ville de Namur, dont sont originaires les architectes des principaux monuments précités ? - Dîner-débat avec les opérateurs économiques de la FEC de Boma.Kimpese Visite de l’Institut ISTAC HA (Institut supérieur des techniques appliquées de chimie agroalimentaire), le 29/08/06, géré par le Père Charles Kusika Nzau. Cet institut se consacre exclusivement à la transformation des produits agro-alimentaires locaux, dont le manioc et la banane (l’ancienne usine de craies de Kimpese a été transformée en atelier) avec atelier de charcuterie, conserves en bocal, jus de fruit, mangues et agrumes. Les étudiants travaillent tous sur des projets originaux, dont la transformation du cacao, la production de piment broyé, la filière manioc. L’une des premières préoccupations de l’ISTACHA est de répondre aux besoins du monde des affaires en plaçant la formation au coeur de l’entreprise. Par exemple, un étudiant ne pourra passer en 2ème année que s’il aura pu gagner durant ses vacances 400 USD net en mettant en pratique ce qu’il a appris durant la première année (transformation du manioc, des tomates et d’autres activités de mise en valeur de produits agricoles bruts). A la fin des trois ans de formation, le Directeur incite ses étudiants à ne pas postuler comme salariés mais à créer leur propre entreprise. Un doctorat est organisé de manière à ce que les étudiants soient parrainés par une entreprise ou un mentor, mieux concevoir et installer leur projet. Il existe pour le moment une trentaine de professeurs, spécialisés en agronomie, chimie et en techniques appliquées. L’institut aurait besoin – à notre avis – de formateurs en création d’entreprise, un peu comme il se fait en Belgique à l’IFA PME en Wallonie, Espace PME à Bruxelles. Un micro projet lui a été accordé par l’Ambassade de Belgique pour une charpente et toiture de l’Institution. L’ISTACHA anime le Comité Provincial sur la transformation alimentaire et les cultures vivrières, avec les acteurs de développement du monde associatif, les entreprises et les représentants officiels ce comité étudie les opportunités d’affaires et les stratégies de développement de la Province avec notamment toutes les actions qui sont menées dans le secteur semencier et des cultures vivrières.
La sucrière de Kwilu-Ngongo La Sucrière de Kwilu Ngongo a produit 85.000 tonnes de sucre en 2005 soit 450 tonnes / jour de sucre, vendu en paquet de 5 kg. La société emploie 2430 salariés et 800 coupeurs (saisonniers ou journaliers) pour la coupe de la canne. Compte tenu de la superficie cultivée - 10 000 hectares - et de la population du bassin de Kwilu-Ngongo estimée à 70 000 personnes, on peut estimer qu’un hectare de canne à sucre fait vivre environ 5 personnes et permet la création d’une valeur ajoutée de près de 4 000 $ (8,5 tonnes x 450 $ / tonne). Les coupeurs travaillent de 6h00 à 13h00 et ont une productivité moyenne de 8 tonnes / jour. Ils sont payés à la tonne de canne coupée (ce qui fait 3 USD / coupeur). La sucrière a été créée en 1928. Déficitaire pendant les années de guerre, elle a investit depuis 2002 cinq à sept millions d’USD / an. Elle est bénéficiaire depuis 2004. En plus du sucre, la société exploite aussi une distillerie qui produit 35 à 40 m³ d’alcool pur / jour. Une grande partie de cet alcool est exporté (4500 m³ / an). L’usine tourne pendant la saison sèche, c’est à- dire 170 à 180 jours/an. La sucrière dispose d’un laboratoire d’analyse avec 24 personnes, ainsi qu’un atelier mécanique avec 76 personnes dont le rôle est fondamental pour la maintenance des machines et la fabrication des pièces de rechange. Chaque jour, la Sucrière fournit entre 4.000 et 5.000 tonnes / jour de canne à sucre. Elle exploite 10.000 hectares de cannes à sucre sur les 12.000 que compte la concession. Elle replante 20 % de la surface cultivée chaque année, soit 2000 hectares. Pour améliorer ses performances agronomiques, la société est engagée dans un programme de sélection de nouvelles variétés de canne à sucre avec le CIRAD (Montpellier). L’entreprise a acquis une bonne centaine de nouvelles variétés de canne, et les ont placé en champ d’expérimentation depuis 3 ans, dans le but de sélectionner et de renouveler la génétique végétale, avec les variétés les plus productives mais aussi les plus résistantes aux maladies présentes sur le sol congolais. La saison sèche étant particulièrement longue au Bas-Congo, la variété recherchée doit également être résistante à la sécheresse. Cette sélection variétale apporterait un surplus de rendement grâce à la qualité du matériel génétique. Avec ce programme, la société vise à faire passer progressivement le rendement de 8 à 12 tonnes de sucre / hectare. La Sucrière a également 5 autres sucreries en Australie, ce qui lui permet d’avoir de nouvelles variétés australiennes de cannes à sucre.
Ce qui fait la particularité de la Sucrière est que tout est recyclé : - après que les cannes à sucre aient été broyées pour en extraire le sucre, la mélasse est utilisée pour la fabrication d’alcool et la vinasse, résidu de la fabrication d’alcool, est utilisée comme engrais pour les champs de canne à sucre. La canne à sucre broyée donne une fibre, la bagasse, qui est brûlée dans des chaudières alimentant par la vapeur des turboalternateurs qui produisent 6 MW de courant : ce quiest suffisant pour faire fonctionner l’usine et même irriguer mécaniquement une partie de la plantation. La sucrière produit plus de bagasse que nécessaire à l’alimentation énergétique de l’usine pendant la campagne, si bien qu’elle alimente en énergie le bassin de Kwilu pendant encore 2 mois après les 6 mois de saison sèche. - L’entreprise cherche à réduire les coûts de transports de la canne. Elle dispose de 150 engins qui roulent 24h/24h durant la campagne. Les tracteurs et les 12 locomotives consomment 10 à 14.000 litres de gasoil/jour. La société souhaiterait remplacer le gasoil par du bio-carburant. Pour cela, elle pense privilégier l’estérification de l’éthanol déjà disponible avec de l’huile de soja (huilerie + cultures à installer), ce qui donnerait un carburant directement utilisable sur les moteurs actuels. Le coût de production d’1 litre de ce carburant serait estimé à 0,3 USD contre 1 USD pour le gasoil. Le soja produit également un tourteau, matière première idéale pour l’alimentation pour le bétail car riche en protéines (46%), ce qui révolutionnerait l’élevage dans la province. - La seule chose que la Sucrière ne recycle pas encore est la cendre de ses fours.
Pour les mois à venir, le programme d’investissement de la société prévoit l’acquisition d’un séchoir à sucre d’une capacité de 700 t / jour de sucre d’une valeur estimée à 2 millions d’USD. L’usine dispose d’un budget annuel de 4 millions d’USD tandis que la partie agricole dispose d’environ 3 millions d’USD. La Sucrière a une remarquable politique de recherche et de développement et est à l’affût de nouvelles technologies de pointe. Par exemple, elle expérimente une nouvelle technique de labour lui permettant de minimiser le travail au sol et de réduire fortement les coûts de production. Cette technique connue au Brésil sous le nom de travail en semi-direct permet d’avoir un coût de plantation (préparation du sol avant semis), de 80 USD à l’hectare contre 800 USD à l’hectare en labour conventionnel et sous-solage. Autre exemple : la Sucrière cherche à implanter l’irrigation de ses champs de canne à sucre. En effet à Kwilu, un champ de canne à sucre irrigué peut permettre de doubler le rendement. Ils viennent d’acquérir un enrouleur capable d’irriguer de façon autonome 60 hectares dans un rayon d’un kilomètre et demi autour de l’usine. Cet enrouleur est alimenté en électricité (toujours à partir des chaudières). Le projet est de faire passer le réseau d’irrigation de 120 hectares de champs de cannes à sucre irrigués à 300 hectares d’ici 2007. Enfin, la Sucrière gère 1000 Km de dessertes agricoles et dispose de trois niveleuses et de 6 bennes. Elle a un programme de cartographie numérique des 300 parcelles que forment les 12.000 hectares de la concession.
Contacts à Kwilu-Ngongo : Jean-Pierre W uilpart Directeur de l’usine de Kwilu-Ngongo 0817006135 wuilpartjp@yahoo.fr Nicolas Verschuere Ingénieur agronome Diplômé agronomique de LLN 00243815089330 ou 0032475684247 nicolasverschuere@hotmail.com
Valbiom asbl (Association de valorisation de la biomasse comme source d’énergie et matière première renouvelable pour produits non alimentaires). 146, chaussée de Namur 5030 Gembloux Tél.: 081 / 62.71.84 Fax: 081 / 61.58.47 info@valbiom.be - www.valbiom.be
Jean-Marc Jossart, Spécialiste en énergies alternatives
En ce qui concerne l’exploitation forestière au Bas- Congo, rappelons le problème de la déforestation du principalement à l’exploitation avec permis de coupes artisanaux (à la base destinés aux individus et non au secteur industriel, mais de plus en plus utilisés par des ‘traders’ qui paient des individus pour l’obtention d’un permis dont les bois sont utilisés pour des fins industrielles, voir même l’export). Le secteur bois paie une taxe de reboisement de 4% sur la valeur FOB , au Fonds de Reconstruction du Capital Forestier (FRCF ). Le but de ce fonds est de reboiser mais il est évident que cela n’est fait qu’à toute petite échelle et encore. Le mieux serait de faire un programme pour le Bas-Congo, avec des plantations d’arbres à croissance rapide pour pouvoir satisfaire la population au niveau de son appro en bois de chauffage, et d’interdire toute ou pratiquement toute exploitation industrielle ou artisanale.
D’ailleurs les sociétés industrielles se retirent du Bas-Congo, car leurs concessions sont envahies par des scieurs de long comme on les appelle. C’est la Coordination provinciale du Ministère de l’Environnement qui attribue les permis de coupe artisanale, et au point de vue national il n’y a aucune base de données quand à l’ampleur.
Cependant les « scieurs de long » se sont associés dans un syndicat, et confirme qu’ils ont environ 2000 membres. Cela démontre clairement que c’est organisé et non pour des besoins de bois de chauffage. Leur Président a confirmé lors d’un atelier concernant le renforcement du contrôle forestier que les membres de son syndicat produisent environ 120 à 160.000 m3/an.
Ci-après les coordonnées de leur syndicat : Association Congolaise des Exploitants Forestiers artisanaux (ACEFA ) : Président : Mr. KAMANDA Adresse mail : godkmanada@yahoo.fr Tél. 0810770147. Adresse : 11ème rue n° 122, Limete / Kinshasa. Complément d’informations utiles pour le futur de la province du Bas-Congo, car la forêt de cette province est sérieusement menacée.
La Voix du Congo Profond n°0 janvier 2007 p. 5
Pages dans la catégorie « Focus sur l’agriculture et l’agro-industrie au Kongo Central »
Il y a un article dans cette catégorie.

