Comment Relancet l'Investissement dans le Secteur Agricole
Un article de Ngoma.
un plan de travail élaboré par les membres de la Commission Investissement et Fiscalité, à la tale ronde de Lubumbashi, 19-20 mai 2005
Politique agricole
Constitution d’un Comité Provincial de suivi des recommandations de la Table ronde, organe composé des pouvoirs publics, du secteur privé et des bailleurs de fonds. Ce Comité sera chargé de l’élaboration d’un programme agricole cohérent pour la relance de la production agricole et la gestion harmonieuse des terres arables, pâturages et ressources halieutiques de la Province du Katanga dans le contexte économique de l’Afrique australe et orientale (SADC, COMESA).
Investissements
La pré condition pour l’investissement dans le secteur agricole, de pêche et de l’élevage est la stabilité et la sécurité dans la Province du Katanga
1.Conditions de base liées à l’évacuation de la production
- Réhabiliter les réseaux de transport (rail en priorité, route, fleuve) pour désenclaver les zones de production.
- Revaloriser les services du MINAGRI chargés des statistiques agricoles et autres.
- Réactiver le comité de suivi des problèmes d’évacuation et de stockage des productions agricoles en associant la SNCC et les autres partenaires transporteurs.
- Envisager la restructuration de la SNCC en vue de diminuer les tarifs de transport et rendre les produits agricoles compétitifs.
2.Développement agricole parallèlement au développement minier
- Dans le cadre du budget de l’Etat, allouer des ressources substantielles pour la création d’infrastructures liées au développement du secteur agricole.
- Promulgation d’un code agricole dans lequel sera institué un cadastre agricole, à l’instar du code minier et du code forestier.
- Effectuer un zonage des terres fertiles en vue d’aboutir, dans le respect de la loi foncière, à un plan d’aménagement intégrant toutes les activités agricoles.
3.Financement du secteur agricole
- Politique d’accompagnement pour l’implantation et le développement des structures privées de crédit et micro-crédit.
- Organiser l’entraide au paysannat pour réduire les coûts de transport et commercialisation et favoriser la transformation et le stockage des produits locaux.
- Apport des Banques internationales pour les investissements et l’acquisition des technologies adaptées (BAD, BM, FIDA, NEPAD).
- Créer un fonds de garantie servant à échelonner les remboursements de crédits en cas de sécheresse et de calamités.
- Sensibiliser le Gouvernement à l’indemnisation des pertes de guerre (bétail notamment).
4.Coût des facteurs de production
- Envisager la production locale d’engrais au Katanga.
- Instaurer un gasoil agricole défiscalisé et un tarif préférentiel pour l’énergie (eau, électricité).
Fiscalité
- Instaurer une politique fiscale agro-spécifique simplifiée pour la promulgation d’un code agricole, un régime particulier et exhaustif qui protège automatiquement les opérateurs du secteur, dont l’amortissement des dépenses de réhabilitation des routes et infrastructures.
- Suspendre les droits de douane sur le matériel et les intrants agricoles dans l’attente de la sortie du code agricole.
- Eradiquer les tracasseries en cours de commercialisation des produits, supprimer les doubles taxations et réduire drastiquement le nombre des taxes.
- Maintenir les droits de douane sur les produits finis importés et écarter toute possibilité d’octroi d’exonération à l’importation des produits alimentaires (mais en particulier).
- Vulgariser les textes légaux et règlementaires en matière fiscale ; simplifier de la perception et évoluer vers le principe d’un guichet unique.
Créer un climat favorable et un cadre incitatif organisé pour favoriser les investissements ainsi que les technologies pour le développement durable du secteur agricole.
Recommandations de la table ronde agricole du Katanga (Lubumbashi)
Le secteur de la pêche
1. Sur le plan institutionnel, juridique et administratif
- la mise à jour du cadre juridique régissant la pêche en République Démocratique du Congo en remplacement du décret du 21 avril 1937 (Gouvernement)
- l’ouverture et l’équipement d’écoles de pêche (Gouvernement et Bailleurs de Fonds)
- l’examen de la possibilité de placer dans le même Ministère toutes les activités ayant trait à l’agriculture, à la pêche, à l’élevage et au développement rural(Gouvernement)
- l’élaboration d’un plan provincial de développement de la pêche et de l’aquaculture (Gouvernorat)
2. Sur le plan économique et financier
Promouvoir les activités de la pêche par :
- L’approvisionnement en matériels et équipements légaux de pêche (Gouvernement et Bailleurs de Fonds)
- L’octroi des micro crédits (Gouvernement, Bailleurs de Fonds)
- L’encadrement des initiatives du secteur privé (Gouvernement et Bailleurs de Fonds, ANAPI et FEC)
3. Sur le plan technique
- Organiser la formation des différents intervenants dans le secteur de pêche (Gouvernement, Bailleurs de Fonds et ONGs)
- Encourager la recherche piscicole sur les espèces locales à haute productivité d’une part et la technologie de capture, de conservation et de transformation de poisson d’autre part (Gouvernement, Bailleurs de Fonds, UNILU, Stations et Centres de Recherche);
- Vulgariser le code de conduite pour une pêche responsable, et les principes de conservation de la nature ainsi que de gestion durable des ressources halieutiques (Gouvernement, Bailleurs de Fonds, Associations et ONGs)
4. Sur le plan social et humain
Structurer les communautés de pêcheurs en menant les actions suivantes :
- L’identification des pêcheurs, le regroupement des villages des pêcheurs selon les zones de pêche, l’organisation des coopératives des pêcheurs et la sensibilisation des pêcheurs par la radio rurale (Gouvernement, Bailleurs de Fonds, Associations et ONGs)
Le secteur de l’élevage
1. Sur le plan institutionnel
Elaboration d’un cadre juridique sur l’élevage en République Démocratique du Congo (Gouvernement)
2. Sur le plan de la production
- S’intéresser prioritairement aux animaux à cycle court (porcs, volaille, lapins) et petits ruminants, et à moyen terme aux bovins (Gouvernement, Bailleurs de fonds, Privés, ONG)
- Inciter la création par les privés des fermes parentales pour la production des poussins d’un jour et l’installation des noyaux pilotes pour porcs, petits ruminants et bovins (Gouvernement, Bailleurs de fonds, Privés, ONG)
- Faciliter l’importation des semences ou reproducteurs et la production locale des géniteurs en vue d’améliorer le potentiel génétique (Gouvernement, Bailleurs de fonds)
- Renforcer les capacités de contrôle sanitaire par les structures d’encadrement (Service vétérinaire, laboratoire vétérinaire, UNILU) par l’approvisionnement en matériel et équipement performants (Gouvernement)
- Créer et/ou relancer des minoteries existantes pour la production d’aliments pour bétail et encourager le système intégré de production agriculture – pisciculture – élevage (Gouvernement, Bailleurs de fonds, Privés, ONG)
3. Sur le plan économique
- Accorder au secteur privé et aux associations d’éleveurs des facilités d’implantation et d’accès aux crédits (Gouvernement, Bailleurs de fonds)
- Organise des circuits de commercialisation et promouvoir les produits locaux notamment par l’organisation des foires agricoles (Gouvernement, Bailleurs de fonds, Privés, ONGs, Associations)
- Mettre à jour régulièrement des statistiques agricoles (Gouvernement)
- Inciter les acteurs du secteur d’élevage à se mettre en mouvement associatif (Gouvernement, ONG)
4. Sur le plan scientifique
- Appuyer la recherche scientifique et créer un lien étroit entre la recherche et l’utilisateur (Gouvernement, Université, Privés et associations)
Liste des participants :
Kalibu Mino Kahozi, Ir. Alex mota Bakajika, Lilonde Kombe, Jean jacques rousseau Tshigungu, Prof. Khang’mate, Prof. Mashako Mamba, Maswapi Kipundo, Jules Lwamba Balimwacha, Masehi ndungo, Ir. Dominique Moma Kabamba, Bernard De Schrevel, Breyne Th, Kilima mwana, Ndondji K.
Recommandations de la commission traitant de la filière semencière
La politique gouvernementale en rapport avec les semences est axée sur des mécanismes à mettre en œuvre, devant encourager et faciliter l’utilisation des semences de meilleure qualité en vue d’accroître la productivité, l’amélioration de la production, la qualité des produits agricoles ainsi que le niveau de vie de la population. La Table Ronde Katanga a identifié les contraintes pour lesquelles elle formule les recommandations suivantes :
CONTRAINTES & RECOMMANDATIONS
CONTRAINTES
Faiblesse des textes juridiques et réglementaires. L’absence d’un cadre juridique définissant clairement les rôles de différents acteurs de la filière. Ceci prive le secteur de la possibilité d’être efficace et compétitif.
RECOMMANDATIONS
- Accélérer la promulgation de la loi semencière ainsi que l’actualisation du catalogue.
- Actualiser l’Arrêté relatif au règlement technique de la production, du contrôle et de la certification des semences.
(Gouvernement.)
CONTRAINTES Faiblesse du cadre institutionnel. L’absence d’une coordination des activités du secteur tant du point de vue financier que technique est constatée.
RECOMMANDATIONS
- Mettre en place le conseil provincial semencier (COPROSEM).
(Gouvernement)
CONTRAINTES
Faiblesse de la qualité des produits semenciers offerts à la vente ainsi que du système d’évaluation variétale.
L’offre aussi bien du point de vue qualitatif que quantitatif est jugée faible. Les variétés offertes sont peu ou pas du tout adaptées aux exigences des agriculteurs. Les semences sont de moindre qualité physique ; le faible pouvoir germinatif est à la base de maigres rendements obtenus à l’unité de surface. Un projet FAO est en route pour renforcer le service de contrôle dans ses fonctions régaliennes.
L’absence de Coordination de l’évaluation des essais variétaux et la capitalisation des résultats obtenus. L’usage des variétés améliorées est la meilleure manière de valoriser les autres facteurs de production et les technologies associées à la production agricole. Il faut envisager la constitution des bases des données, améliorer la circulation de l’information en rapport avec les variétés et uniformiser le canevas de présentation des rapports des essais ; enfin, réactiver le réseau dont dispose l’INERA.
RECOMMANDATIONS
- Accélérer la réhabilitation de la station de l’INERA Kipopo.
- Mettre à contribution le COPROSEM pour la détermination des besoins en semences de la province.
- Agréer les producteurs et les vendeurs de semences selon l’esprit de la loi.
- Promouvoir et accréditer les laboratoires privés en vue de faciliter les analyses.
- En attendant la promulgation de la loi semencière et de ses textes d’application, mettre en contact les différents intervenants du secteur semencier avec le COPROSEM pour mieux cadrer leurs interventions. En particulier, concernant les achats de semences en vue d’une distribution dans le cadre d’actions subventionnées de type humanitaire et de développement, dans la mesure des disponibilités ; les ONGs, les projets et organismes internationaux doivent se rapprocher du COPROSEM pour favoriser l’achat auprès des producteurs locaux agréés dans le respect des procédures exigées selon le cahier de charge.
- Renforcer des capacités du Service National des Semences (SENASEM).
- Respecter les normes de transport de semences.
- Mener une étude de faisabilité en vue d’harmoniser la politique agricole provinciale avec les pays membres de la SADEC et du COMESA.
(Gouvernement et Bailleurs de Fonds.)
CONTRAINTES
Faiblesse des échanges de matériel végétal avec l’étranger. Il est nécessaire d’accélérer la mise en place des coalitions avec des institutions de recherche agronomiques à vocation régionale et internationale et de rechercher les accords bilatéraux.
RECOMMANDATIONS
Promulguer la loi sur la protection des obtentions végétales (Droit de propriété intellectuelle).
(Gouvernement)
CONTRAINTES
Coût excessif des semences maraîchères exotiques adaptées à la saison de pluie.
RECOMMANDATIONS
Sensibiliser le secteur privé à s’investir dans la production locale des semences maraîchères. (Gouvernement)
CONTRAINTES
Faiblesse de l’information sur la disponibilité, le prix et la qualité des semences.
RECOMMANDATIONS
- Renforcer des capacités du Service National des statistiques agricoles, et du service de marché et prix.
- Informer la population par les Medias.
CONTRAINTES
Faiblesse de financement du secteur semencier. Mener une étude de faisabilité en vue de la création d’un fonds d’appui au secteur semencier.
Liste des participants
Kapata, Rr Mwamba Muloy, Prof. Kalaba Mutabusha, Jean-jacques r. Tshingungu K., Lilonde Kombe, Jean-baptiste Panga, Djeta Kisanga, Michel Ngongo, Dr. Macky Ngoma, Paulin Kitungwa, Ir. G. Kabang Kapend, Ngandu Ndala, Alex Mota Bakajika, Walter Couttenier, Mobulo Meta, Houben Patrick, Thomas Ndive Mokake
La Voix du Congo Profond n°1, juin 2007

