Démarche méthodologique du Champ Ecole Paysan

Un article de Ngoma.

Historique

Le terme “Farmer Field Schools” (FFS) vient du mot indonésien “Sekolah Lapangan” qui signifie champ école. Les premiers champs écoles ont été établis dans les années 80 en Indonésie pour tester et développer une approche de formation au champ des formateurs sur les méthodes de lutte intégrée (IPM). La formation a été entreprise par le programme national indonésien de lutte intégrée sur le riz appuyé par la FAO. Le nom de "champ école" a été choisi pour refléter le caractère éducatif de la formation, le fait qu’elle ait lieu au champ et que les conditions du champ déterminaient la majeure partie du programme d’étude.

Les vrais problèmes du champ sont observés, et analysés depuis la plantation jusqu’à la récolte de la culture. Le fonctionnement de l’Ecole Champ Paysan suit une démarche méthodologique

1. Réunions préliminaires et élaboration du curriculum

L’école commence par les réunions préliminaires pour introduire les objectifs visés et pour susciter l’intérêt à sa participation. Au cours des réunions préliminaires, des participants aux écoles sont choisis par la communauté elle-même. Ils doivent accorder la priorité aux activités de l’école. Les réunions préliminaires aideront également le facilitateur à élaborer le programme d’études de la formation ou le curriculum qui devra :

  • Indiquer un calendrier pour l’élaboration et l’exécution du questionnaire de l’enquête de base
  • Indiquer l’emplacement du site d’étude sur le terrain
  • Indiquer la liste des participants
  • Arrêter le jour de la semaine pour les rencontres hebdomadaires
  • Préciser la disposition spatiale des expérimentations
  • Identifier et énumérez les matériaux requis pour la formation
  • Identifier les thèmes spéciaux liés à la phénologie de la culture, qui seront discutés pendant les sessions
  • Définir le contenu des pratiques de gestion de la culture/IPM à proposer aux producteurs à la place des pratiques paysannes
  • Identifier les thèmes qui feront objet de recherche participative.

2. Enquête de base

En effet toute session de FFS est précédée d’une enquête de base qui permet de recueillir auprès des producteurs de la localité ciblée pour abriter l’école, des informations sur :

  • Les pratiques culturales (mode de semis, de labour, de fertilisation des terres etc.) dominantes de la région
  • Les contraintes rencontrées par les producteurs en matière de production, de protection, de conservation et de commercialisation du niébé
  • Les stratégies des producteurs pour faire face à ces contraintes. Il s’agit de méthodes ou de pratiques endogènes ou provenant de la recherche et adoptées par les producteurs.

La formation se déroule dans la communauté où les producteurs vivent, de sorte qu’ils puissent facilement et hebdomadairement participer aux activités. Les participants généralement au nombre de 15 à 30 consentent de se retrouver une fois par semaine pendant 5 à 6 heures. Le groupe se divise en de sous-groupes de 5 ou 6 producteurs afin de permettre une meilleure assimilation et une meilleure participation aux observations, analyses, discussions, prises de décision et présentations des résultats. Chaque sous-groupe disposera d’une parcelle IPM pour les pratiques proposées et d’une parcelle FP (Farmer’s Practice) pour les pratiques paysannes en cours.

3. Activités pendant les rencontres hebdomadaires

3.1 Analyse de l’Agro-EcoSystem (AAES) Le principe de l’analyse de l’Agro-EcoSystem est d’observer la plante dans son système écologique pour s’enquérir de ses problèmes ensuite chercher à comprendre et apprendre sur les causes des problèmes et les interactions entre les différents éléments du système afin de prendre et exécuter des décisions appropriées. Les différentes étapes de l’analyse de l’Agro-EcoSystem sont :

Observation au champ et collecte de données : Des observations sont faites sur la plante et son environnement. Enregistrement des observations et représentation graphique :

A un endroit ombragé près du champ, les producteurs reportent toutes les informations sur un grand papier. La plante est représentée dans son état actuel de croissance. Discussion, analyse et interprétation des informations collectées : Des discussions sont faites et une conclusion sur le statut du champ en général se dégage. Suite à ce constat des décisions sont prises.

Prise de décision :

Le résultat final du processus d’analyse de l’agro-écosystème est la prise de décisions. Le groupe décide si des mesures de contrôle des ravageurs ou tout autre opération en matière de gestion de culture s’avère nécessaire.

3.2 Présentation des résultats et des décisions au groupe entier Les résultats des observations au champ et de la décision sont présentés à la session plénière pour commentaire amélioration.

3.3 Mise en application des décisions prises antérieurement et non exécutées Les décisions prises lors des sessions antérieures sont programmées et exécutées généralement à la séance suivante. Selon la nature et l’urgence des décisions elles peuvent être accomplies le même jour ou avant la séance suivante.

3.4 Exercice de dynamisme de groupe : Les exercices de dynamisme de groupe permettent de développer la cohésion du groupe, l’habileté de résolution des problèmes en groupe, la solidarité au sein du groupe et l’esprit de créativité et de confiance en soi.

3.5 Observation du comportement des insectes à travers le “zoo d’insectes” Aider les producteurs à observer et comprendre les rapports insectes-plante, à déterminer le rôle de chaque espèce et à apprécier l’efficacité et le mode d’action des ennemis naturels.

3.6 Recherche Participative Active (RPA) Développer chez les participants, l’aptitude à pouvoir conduire des essais simples. Au cours de ces expérimentations, des technologies et des connaissances endogènes sont testées et validées.

3.7 Thèmes spéciaux Ce sont des forums animés par des personnes ressources sur des thèmes liés au sol, à la production et la protection de la culture du niébé. Ces thèmes tiennent compte de l’évolution phrénologique et physiologique de la plante en rapport avec son environnement.

3.8 Evaluation et certification Tous nos programmes de formation à travers les écoles incluent dans leur programme une évaluation pré et post pour les participants. Les producteurs attestant d’une maîtrise de la formation se voir attribuer un certificat de mérite. Ceux présentant de bonnes aptitudes en plus de bonnes notes à l’évaluation finale sont retenus comme facilitateurs.

3.9 Evaluation de la journée et planification des activités de la rencontre suivante C’est la dernière activité de la journée. Il consiste en une auto-évaluation des participants et des facilitateurs. Les points forts et les insuffisantes des différentes activités et actes de la journée sont relevés et des mesures sont prises pour leur amélioration.

www.fidafrique.net/article845.html

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