Descriptif du projet de la filière agroforesterie à MAMPU

Un article de Ngoma.

Descriptif du projet de la filière agroforesterie à MAMPU


I Résumé technique de production :

Occupation de l’espace :

Total concession = 8000 hectares, Comprenant :

  • 240 fermes de 25 ha d’acacia, en exploitation
  • 60 nouvelles fermes non exploité (acacia en croissance)

Les fermes sont un bloc de 500m sur 500m les maisons sont regroupés par 4 .


Production annuelle par exploitant

Makala

350 sacs/ha X 2 ha X 59 kg =41.3 tonnes de charbon de bois ; Chiffre d’affaire de 350 X 2 X 15$ = 10 500 $ ( vente à Kinshasa) Dont frais de transport= 3500 FC X 700 = 4300 $

Manioc

10 tonnes de manioc Chiffre d’affaire de 10 t X 300 $/t = 3000 $ !! une partie est autoconsommé

Production annuelle totale des 240 fermiers

Makala

9912 tonnes de charbon de bois ; Chiffre d’affaire de 2 520 000 $

Manioc

2400 tonnes de manioc Chiffre d’affaire de 720 000 $ !! une partie est autoconsommé

Maïs

1,5 tonnes/ha (prod ? prix ?)

Miel

5 tonnes de miel Chiffre d’affaire de 3 $/kg = 15 000 $

Détail des filières :

  • Makala

Coupe de 2ha d’acacia par an

  • Abattage et débardage
  • Construction des fours (les branches sont rangées pour réduire au maximum la présence d’oxygène, le four est refermé avec de la terre)
  • Consumation du bois (le four brule pendant 2 semaines)
  • Défournement, mise en sac, transport et vente
  • Brulis sur la surface abattu pour lever la dormance des graines d’acacia

Entretien lors de la croissance des acacias

  • alignement des jeunes acacias (a quelque mois)
  • sélection des plus robustes
  • nettoyage des sous-bois (pour éviter l’étouffement des arbres)

Cycle de croissance des acacias


  • Manioc
  • plantation : toute l’année (jusqu’à 4 champs d’âges différents)
  • récolte : à 1 ans jusque 2 ans selon l’espèce, elle prend une semaine pour la une grosse récolte destiné a la vente, mais les fermiers prélèvent régulièrement dans le champ pour les besoins de la famille.
  • entretien : un sarclage tout les 3 mois est nécessaire


Transformation Cossette :

Epluchage 1 j Rouissage 4 j Séchage 6 j

Micro cossette

Epluchage 1 j

Avantage plus rapide

Râpage 1 j Meilleure conservation rouissage 3 j Pressage 1 j Séchage 1 j

  • Maïs :

Semis : sur brulis (après l’abattage de l’acacia) en octobre et mars, en général mélangé au manioc Récolte : après 3 mois, lorsque l’épi est sec Entretien : sarclage du champ tout les 3 mois

Prix de vente des produits

Makala A kin : sac de makala (59kg) =8500 FC  144 FC/kg (+cher au détail)

Manioc

A kin : sac de cossette (78kg)=25 000 FC  320 FC/kg sac de micro-cossette (25kg)=25$ 1$/kg = 570 FC/kg farine 250 FC/kg A mampu: farine 150 FC/kg

Maïs

A Kin : grain 360 FC/kg (variant de 280 à 450) farine 350 FC/kg A Mampu : grain  250 FC/kg farine 300 FC/kg

II Coûts des facteurs de production

1 Intrants : matériel génétique végétal

 Manioc

  • Variétés améliorées, offertes au départ par le projet en provenance de l’INERA, RAV, SADISA, MVUAZI, BUTEMBO, NSAZI, variété jaune
  • Les fermiers prélèvent dans leur champs les boutures nécessaire a la plantation ou procèdent à des échanges avec d’autres fermiers .
  • On a implanté les variétés améliorantes dont l’utilisation est désormais systématique. Le coût du matériel végétal est nul.

 Maïs

  • Les fermiers gardent les graines d’une saison à l’autre, on achète à 300 FC le kg. Le prix pour une variété améliorée est de 2 $/kg /projet semencier
  • Autres intrants : engrais, produits phytosanitaires non utilisés en raison de l’amélioration naturelle des sols ; dépense nulle.


2 Main d’œuvre

  • Coopérants permanents : 2 à 3 /ferme se partagent en moyenne 40 à 50 % de la récolte
  • Travail à la tâche (semis, récolte, sarclage)
  • Indispensable pour la coupe des arbres dont ils reçoivent 50 % de la production.
  • Défournement : coopérants supplémentaires : 10 % de la production
  • Mise en sac : 150 FC/sac

Coûts main d’œuvre répartition du travail et des productions et revenus

  • 240 fermiers exploitants, soit des familles de 6 à 10 personnes + 2 coopérants et leur famille

Minimum 15 personnes (minimum 3 travailleurs) + supplément pour défournage + enfants le week end /mamans 2h/pour sondage


Répartition du travail Revenus départ ferme hors transport


3 Cout de transformation :

Micro cossette : 1$/25kg  23 FC/kg Farine de manioc : 50 FC/kg Farine de maïs :  200 FC/kg

4 Cout de transport (vente Kinshasa) :

Sac de makala : 3500 FC 60 FC/kg Sac de cossette : 4700 FC 60 FC/kg Sac de farine : 3700 FC (poids indéterminé) Sac de micro-cossette : payé par le projet actuellement Sac de maïs : 4500 FC  45 FC/kg -5 Taxes à Kinshasa : marché de la liberté

  • Sac de cossette
  • Sac de micro cossettes
  • Sac de makala

• Sac de maïs (Question à poser)


III Calcul de la productivité du chiffre d’affaire par exploitant

Makala

700 sacs makala/an 8500 FC /sac = 15 $/sac (total = 10500 $) Enquêtes sur la route : 4000 FC minimum le sac de charbon de savane jusque 8.500 à Kinshasa.

Manioc

  • Epluchures : 24 %
  • Rendement de l’ordre de 30-40 % (cossettes/tubercules frais)
  • Estimation production manioc 30 % de 20 tonnes : 6,6 tonnes/cossettes/ha

Maïs

  • Maïs grain < rendement de 850 à 1500 Kg de maïs > grain/Hectare




IV Critères d’évaluation (10)

1. Impact pour la protection et la réhabilitation de l’environnement

On épargne les galeries forestières, qui ont le temps de se reconstituer

  • Les plantations que constitue Mampu détournent de la déforestation, ce qui diminue la pression exercée sur les forêts galeries. Cette baisse de pression permet de diminuer l’érosion des sols qui bouche les rivières et pollue l’eau. La biodiversité est protégée. En galerie forestière, après coupe sauvage,, il y a 20 tonnes de terre qui s’érode et rejoint ce cours d’eau de fonds de la vallée.
  • Fixation de CO2 : bilan neutre.

2. Amélioration des Services sociaux

(Logement, eau, électricité, «école, soins de santé)

  • Eau : citerne, gouttière eau de pluie

Problème d’accès et de gestion Problèmes techniques : citernes suintent, mais pour se laver : eau de la rivière, pour boire : vente d’eau potable au centre à 50 FC/25 l. Les fermiers ont une mentalité d’attente, ils ne savent par gérer collectivement des biens. Forage en cours.

  • École : mauvaise qualité d’enseignement mais satisfaisant
  • Centre de santé ; impact collectivité locale, les populations des villages avoisinant se déplace à Mampu pour recevoir des soins.
  • Électricité ; gratuit, pas conscience du coût
  • Maison –logement : maison en dur de bonne qualité 5 m x 7 m contre remboursement de 40 sacs makala/ha, soit 10 % de la production.

3. Economie de ressource d’énergie

 Production de 350 sacs makala de ± 59 kg /ha  Autonomie énergétique avec le bois coupé de proximité et éventuellement le makala (saison de pluies)  Autre consommation estimée à maximum 10 % de la productions de braises pour préparer 1 repas par jour, se laver, faire du thé, chauffer, …  Producteur de ± 350 sacs /Ha soit 700 sacs /an /fermier. Poids moyen du sac = 59 Kg de makala

4. Amélioration durable des revenus des familles

 2 Ha de makala = 700 sacs x 10 $ = 7000 $ 2 Ha de manioc 10 tonnes cossette manioc x 300 $ = 3000 $ 8 tonnes manioc autoconsommé = 4000 $ + divers miel, maïs – 20 Kgs x par exploitant = 400 $

CA de 10.000 $/exploitant soit environ 5000 pour l’exploitant/ le reste en main d’œuvre + autosuffisance alimentaire.

5. Accompagnement éducatif –formation continue

Adaptée au contexte sociologique et culturel, vulgarisation des techniques. Communication entre fermiers par 1 millions, exploitation

  • Séminaires ?
  • Champs école ?
  • Lutte contre le feu ?
  • Vulgarisateurs ?
  • Accompagnant dans la gestion ?
  • Fermiers animateurs locaux, responsable de production fermes
  • Calendrier agricole vulgarisé et à respecter : suivi -évaluation
  • Réflexe collectif lors des feux à compléter

Points positifs acquis

  • Utilisation de boutures de manioc améliorées
  • Diversification (miel)


6. Durée d’existence du projet /durabilité

  • Le projet a commencé en 1987, les fermiers se sont installé en 1995 ;
  • Duplication en projet
  • Capitalisation des bénéfices
  • diversification
  • élevage (stock capital sur pied)

7. Nombre des bénéficiaires ayant obtenu un résultat probant

307 fermiers Si on déduit les nouvelles plantations, trop « jeunes » pour exploitation, il y a 240 fermiers, 40 fermes brûlées. 10 % de fermes très bien tenues Evolution observé au 2e cycle d’abattage : les paysans ralentissent le rythme d’exploitation et prennent réellement de conscience du capital à « gérer dans la durée ». Il faut intégrer dans un autre projet (dupliqué) comparable, la difficulté de gérer, conserver le capital.

8. Pertinence de résolution de contraintes dans un milieu donné Mampu, Gungu, Idiofa

  • Appauvrissement des sols Non pas de perte
  • Baisse de rendement agricole Non car super boutures maniocs améliorés utilisés par tous
  • Rareté de l’eau Non
  • Rareté de la forêt Impact indirect par une baisse de pression sur galeries forestières
  • Enclavement par rapport au marché Gestion collective et masse critique pour le marché de Kinshasa

« Chômage » pas d’emploi solvable, Apporte 1000 emplois hors fermiers

9. Lutte efficace contre l’exode rural

  • 307 fermiers

1000 emplois supplémentaires

  • 5000 personnes (famille comprise)
  • Population totale estimée à 7000
  • Demande de concessions : 300 demandes pour les 60 nouvelles fermes



10. Augmentation de la valeur ajoutée et de la productivité

  • Rendement à l’hectare
  • Produit brut micro cossettes, farine
  • Produit transformé

V Conclusion

Recommandation sur les points à renforcer pour améliorer la productivité et le revenu, pour améliorer MAMPU bis et autres ailleurs (les points faibles de MAMPU à renforcer).

Les points forts à préserver :

  • La taille du projet (240 fermiers) : permet l’organisation des plusieurs filières, y compris le transport
  • L’implication de la population : donne une durabilité
  • Le système agro forestier mis en place à MAMPU est robuste
  • L’âge de MAMPU : le modèle est prouvé et durable du proximité d’un marché (Kinshasa ou autre grande ville) est indisponible
  • Support Ministère de l’Environnement et chef coutumier

Les points faibles à renforcer :

  • Immaturité associative ; groupement des femmes dissous L’UFAM, méfiance et accusation
  • Taille des parcelles trop grande : mauvaise gestion fréquente
  • Les routes : évacuation difficile ?

Quelle synergie d’acteurs (facteurs humains et jeu d’acteurs pour dupliquer MAMPU)

  • L’exploitant doit patienter pour constituer un capital suffisant
  • Main d’œuvre coopérant : 40 à 50% des productions comme salaire = un bon revenu
  • Artisans : revenus satisfaisants
  • Transporteurs, commerçant : masse de marchandises à transporter
  • Encadreurs, vulgarisateurs : dépendent d’eux pour que ça marche, travail d’encadrement permanent
  • Institutionnel, chef coutumiers : point à renforcer sur la sécurisation de la terre
  • Administration : limitation tracasseries
  • Bailleurs : financement de départ indispensable
  • Scientifiques : apport progrès et diffusion, variétés végétales performantes (manioc, acacia)


Critères de duplication de MAMPU

  • Superficie moyenne par exploitant maxi 15 ha

Le plus réaliste = 10 Ha

offert par le projet an 1 À charge du paysan

  • Délimitation champ
  • Négociation terre avec chef de terre
  • 1 ha/ an acacia rangée espacée de 5 m pour culture manioc
  • transport plantules acacia
  • labourer tracteur
  • boutures manioc
  • plantules acacia
  • Une paire de bœuf par un ou plusieurs fermiers
  • Travail extension culture
  • Formation- encadrement
  • Facilitation, accès matériaux
  • Fourniture d’électricité
  • Construction maison d’habitation
  • Électricité payant

Problème essentiel à gérer dans le temps : atteindre 10 ans pour exploiter le premier hectare d’acacia, il faut vivre, manger et protéger la concession (feux) pendant 10 ans.

Conditions minimales de réussite pour la duplication de MAMPU

  • Accès à un marché solvable (dans le cadre de MAMPU, l’accès au marché de Kinshasa se fait par 150 Km de route bitumée, et le coût de ce transport représente 30 % de la valeur des cargaisons rendu Kinshasa)
  • Faciliter l’administration et la sécurisation foncière chef de terre et administration

Eviter les zones trop peuplées.

Le modèle de diffusion agroforestier Acacia/Manioc qui est déjà en cours de réalisation, par CADIM-, autour de Mbankana et Mampu

Le modèle : les lignes d’acacia sont espacées de 4 mètres ( un espacement de 3 mètres dans la ligne ); après la plantation d’acacia, on y cultive 3 rangées de manioc.

Taux de réalisation des 2 premières campagnes

2007  plantation de 900 ha d’acacia avec 729 exploitants 2008  plantation de plus de 600 ha de d’acacia, chez 600 exploitants : dont 400 qui ont déjà installé un hectare en 2007 et 200 nouveaux.

La baisse du nombre de superficie s’explique par les critères de sélection trop sévères ainsi que des problèmes fonciers (terrains déjà vendus)

Les facteurs limitant pour lesquels l’assistance du projet est sollicité :

  • Le transport des plantules, de la pépinière (eau) au champ
  • La préparation du terrain

a. Pour la mécanisation : tracteur peu disponible et couteux : plus de 160$/ha b. Pour la traction attelée : bœufs de trait en nombre insuffisant => nécessité de relancer l’élevage : prix d’achat= 450$/bœufX2 + 500$/la charrette =1400$ c. la disponibilité de boutures saines de manioc (abimés par la divagation du bétail) : 30 ha de parc à bois de boutures de manioc seront prêts en décembre. d. Des coupes feux végétaux durables (permanent) pour une protection efficace à moindre coût d’entretien

Autres amélioration possible :

  • Sélection massale des semences d’acacia
  • Variété sélectionné ou hybride Acacia mangium et Acacia auriculiformis
  • Autres espèces arbustives que l’acacia


Diversification des ressources :

  • Ruchers, petit élevage
  • Culture de la pomme de terre
  • Chenilles adaptés à l’acacia

CADIM offre aux planteurs d’acacia

  • Technicité et formation pour la mise en place, l’entretien et la prévention des feux
  • Apport sachets
  • Semences tout venants
  • Une prime de 10$/ha après mise en place.
  • Une évaluation participative
  • Les boutures de manioc
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