Emission de vulgarisation sur la culture de manioc

Un article de Ngoma.

1. l’une des premières choses pour commencer la culture de manioc, c’est le choix de terrain,. Quels sont les critères pour le choix d’un bon terrain? Le choix du terrain est particulièrement important parce que ça influence beaucoup la vie de la plante. En savane, quand on veut cultiver le manioc, il n’est pas conseillé d’aménager un terrain récemment travaillé, une jachère, pour planter le manioc. Celui-ci risque de demander beaucoup trop d’effort de sarclage car les petites herbes se développent beaucoup plus facilement sur ce genre de terrain.

Votre terrain ne doit pas être trop éloigné de votre habitation pour vous permettre de ne pas perdre des énergies avec des longs trajets. Un terrain de proximité permet de soigner mieux la parcelle et de faire du compostage pour renouveler la qualité du sol. Si votre terrain est recouvert d’herbe, c’est une bonne chose car cette matière verte, quand elle est enfouie dans le sol après labours, enrichie le sol.

2. Vous savez maintenant ou vous aller cultiver votre manioc, il faut maintenant préparer le terrain. Qu’est ce qu’il faut faire pour bien préparer ce terrain?

Il faut d’abord délimiter votre terrain, puis dessoucher c’est à dire débarrasser le terrain de tout ce qui est arbre, il faut les couper et déraciner et s’assurer qu'il ne reste plus de racine dangereuse jusqu’à une profondeur de plus ou moins 40 cm. Vous évacuez toutes ces souches du terrain et vous faites le remblayage ; c’est à dire couvrir les gros trous qu’ont laissé les arbres que vous avez déracinés.

Il n’est pas conseillé de mettre le feu au terrain, car comme on l’a dit, les herbes vous permettent d’enrichir le sol quand elles sont enfouies dans le sol. Là c’est bon. Vous pouvez faire votre labour, et laisser reposer le terrain pendant une période d’un mois pour que les herbes coupés prennent le temps de se décomposer. Et quand vous avez bien respecté le calendrier agricole, la fin de cette période va correspondre à l’approche des premières pluies. A ce moment vous pouvez faire le hersage. Cette opération à l’avantage de permettre à la matière végétale laissée par la décomposition des herbes d’être enfoui dans le sol.

3. C’est bon, l’opération de préparation de terrain est faite maintenant, il faut apprêter les boutures. Comment faut-il préparer?

Les boutures que vous mettez dans votre champ doivent être saines, car si elles sont malades cela affecte le développement de la plante et son rendement. Il faut aussi se décider sur la variété de manioc que vous voulez planter, il y a des variétés qui donnent du manioc, meilleur pour la chikwangue et d’autre mieux adapté pour le fufu. Donc l’utilisation que vous voulez faire de votre récolte de manioc est un paramètre important.

Pour planter les boutures, on les sectionne à la machette en morceau de 20 à 25 cm de longueur. Quand on le fait à la main, elles subissent souvent des fentes transversales et cela constitue une porte d’entrée pour les maladies. Quand vous avez coupé vos boutures, il est conseillé de les laisser pendant quelques jours à l’ombre, pour diminuer la sève. Cela active la reprise de la plante. La bouture va donner de feuilles plus rapidement.

4. L les boutures morcelées nous permettent-elles de faire la plantation?


Pour planter, il faut faire des poquets, des petits trous en ligne avec un écartement d’un mètre sur un mètre, et vous plantez, pour un hectare donc une superficie de 100 mètres fois 100, il faut prévoir 10 000 pieds de boutures. La manière de mettre la bouture dans le poquet dépend évidement du type de sol, au plateau de Batéké par exemple, ça se fait horizontalement et vous couvrez.

5. E est ce qu’on a l’assurance que les boutures vont toutes pousser?

Quand on a bien fait la sélection des boutures, quelles n’ont donc pas de maladie, et quelles sont bien planté on peut être sur d’avoir des bons résultats. Mais c’est vrai qu’elles ne vont peut être pas donné à 100% ; donc il faut donc faire le repeuplement, c’est à dire remplacer les boutures mortes par des nouvelles. Et ça c’est une opération que les gens négligent souvent.

6. le manioc pousse maintenant, quand est-ce que vous faites le sarclage?

Il ne faut pas attendre trop longtemps. Il faut sarcler dès que les mauvaises herbes apparaissent et prévoir un deuxième sarclage un mois après. Il faut aussi faire le buttage c’est à dire remettre la terre au pied de la tige cela permet à la tige d’être bien soutenue et empêcher les oiseaux de venir picoter les tubercules Il faut faire une petite inspection régulière pour retirer les tiges malades car elles risquent de contaminer d’autres qui sont encore saines. C’est ce qu’on appelle la phyto-sanitation. Elle commence dès la reprise donc quand la bouture plantée donne des nouvelles feuilles, quand vous constatez des maladies sur les feuilles, il vous faut retirer la tige de votre champ.


7. Après combien de temps récolte-t-on le manioc?

Généralement c’est après 12 mois, et pour voir si le manioc est arrivé à maturité, vous arracher carrément une tige comme on le fait pendant la récolte. Le manioc atteint la maturité quand les racines ont atteint 2 à 4 kilos.

8. est-il permis de venir de temps en temps arracher des feuilles de manioc encore en croissance et aller le vendre ou le préparer comme Pondu?

Tout dépend du moment. La cueillette de feuilles peut amener une maladie qu’on appelle ANTRACHNOSE. Il n’est pas conseillé de cueillir les feuilles quand la plante n’a pas encore dépassé les 4 mois : au delà de 4 mois on peut le faire tout en gardant à l’esprit que la feuille aide la plante à respirer. Il ne faut donc pas les arracher toutes à la fois.

9. Quel est le rendement du manioc?

Ça dépend des régions et donc des types de sol et des conditions de culture. Au plateau de Batéké par exemple, on peut s’attendre à avoir en moyenne 15 tonnes à l’hectare quand on a planté la variété RAV.

10. Pour conclure ; quel conseil pouvez vous donner à celui qui veut réussir sa culture de manioc?

Le plus important c’est de respecter les 4 Points suivant :

  • La bonne préparation de terrain ; le bon choix de terrain et un sol bien retourné;
  • Le bon choix du matériel végétal ; il faut des boutures améliorées, sélectionnées et qui peuvent résister contre des maladies ;
  • La gestion des maladies et des ravageurs ;
  • Appliquer des bonnes techniques de terrain : quand vous utiliser des boutures trop longues ou que la densité n’est pas respectée cela affecte le rendement du manioc.


Bulletin radio n°2, P5-9

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