Exode Rural

Un article de Ngoma.

quel avenir pour la jeunesse ?

La Campagne congolaise représente 135 millions d’hectares de terres agricoles, 90 millions d’hectares de pâturages, 86 000 km² de réseau hydrographique et des réserves forestières très étendues. Mais notre pays se classe au plus bas de l’échelle suivant les indicateurs de développement humain des Nations Unies et de la Banque Mondiale. Le revenu annuelle d’un travailleur agricole sur une année en RDC ne dépasse pas 200 $.

La population rurale représente 66 % de la population de notre pays. Mais malheureusement, la campagne se vide un peu plus chaque jour et les gens rejoignent les centres urbains. Les superficies cultivées diminuent et par conséquence les productions agricoles baissent. En effet, le manque d’écoles, d’hôpitaux, de routes et de vie sociale est à l’origine de l’exode rural massif qui draine les hommes et femmes vers les grands centres où ils peuvent trouver instruction, travail mais où ils sont le plus souvent confrontés au chômage et contraints au désoeuvrement. La population rurale exporte les produits agricoles, de pêche et de chasse vers les centres de commercialisation moyennant le troc ou à des prix dérisoires. Elle reçoit en retour quelques produits manufacturiers, vêtements, savon, sel, pagnes, houes, machettes, ustensiles de cuisine, produits chinois pour la plupart des prix élevés qui aspirent toutes les tontines (épargne).

Ces producteurs actifs vieillissent et meurent au rythme des rudes conditions de travail. Les jeunes ne veulent plus faire les travaux agricoles, or les hommes et femmes adultes qui travaillent aux champs ne peuvent plus assurer l’alimentation quantitative et qualitative du reste des consommateurs, chiffrés à plus de 60 millions. Les jeunes hommes valides, les plus forts, migrent vers les mines pour gagner un peu d’argent au quotidien, d’autres vont vers les villes (Kisangani et Mbandaka) pour faire du transport à vélo (toleka). Ce qui les attire : un revenu immédiat, même s’il s’agit d’un mirage.

En ville et surtout à Kinshasa, ceux qui ont les moyens s’inscrivent en masse dans les facultés urbaines surpeuplées d’où ils sortiront plus tard avec un papier cacheté mais sans valeur réelle sur le marché du travail. Pendant ce temps dans les campagnes, peu d’enseignants qualifiés et donc peu d’instruction pour les femmes rurales ; peu de personnel de santé de haut niveau pour les soins de santé primaire et pour sauver les vies humaines ; peu d’opérateurs économiques volontaristes et honnêtes pour les approvisionnements des biens de première nécessité ; pas de routes, encore moins de bateaux pour accéder dans les villages et dans les ports pour y évacuer les produits du terroir et les vendre.

Un contexte aussi défavorable ne peut qu’alimenter le déclin du monde rural et donc du pays tout entier. Pas de vente, pas de recette pour contribuer à la reconstruction du pays! Ainsi se renforce le cercle vicieux de la pauvreté.

Comment vivre à Kinshasa, Lubumbashi, Mbuji Mayi s’il n’ y a pas d’échanges commerciaux entre campagne et ville? Que faire pour rebâtir le monde rural afin de redonner confiance aux investisseurs et aux habitants, de croire à la renaissance socio-économique et à la redynamisation du secteur agricole et rural ? Cette relance tant attendue devra impérativement reposer sur l’agriculture paysanne, les moyennes et les grandes exploitations agricoles et la professionnalisation du secteur avec la prise en compte de tout ce qui doit faciliter le travail de l’agriculture : l’état des routes, des ports et voies d’évacuation, l’élimination des tracasseries, l’accès au crédit, la formation, l’encadrement.

Pour ce faire, une exigence majeure : la participation de tous: paysans, ouvriers, artisans, ingénieurs, médecins, sociologues, enseignants, élus, fonctionnaires, animateurs d’ONG, prêtres etc… Marchons ensemble, nous progresserons durablement.

  • 1 La jeunesse scolaire et universitaire : c’est à vous le Congo de demain. Il vous revient de prendre

conscience de la valeur du travail pour mieux assumer et assurer le destin du pays. Découvrez la campagne en toutes ses profondeurs. Accrochez-vous au travail de la terre, un TRESOR caché, qui vous amènera au développement de l’industrie et du commerce et assurera une prospérité. Les perspectives sont inimaginables !

  • 2 La jeunesse désoeuvrée : c’est également par le travail de la terre que vous sortirez de votre isolement, de

votre inactivité qui bloque la route du progrès social. Votre ouverture d’esprit dépend de vous-même et de votre travail qui passe par l’agriculture et son industrialisation. La relance de l’agriculture dans l’optique filière et en fonction des marchés solvables est le véritable défi pour la lutte contre l’isolement, la vulnérabilité et la pauvreté.


L’ALIÉNATION SCOLAIRE

« Le certifié va à la petite ville, le breveté à la capitale, le licencié, le docteur, dans les pays riches. Les zones rurales ont fait les frais d’éducation pour subir finalement une perte de substance qui abaisse leur capacité de progresser et même de survivre. Or, dans les villes, ces gens-là deviennent des épaves, ils sont déracinés, sans être replantés ailleurs, ils sont littéralement coupés et descendent au fil d’un fleuve qui n’a souvent pas de port. » Par: Ki-Zerbo


LES INDICATEURS POUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN

Depuis 1990, le programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a élaboré certains indicateurs socio-economiques pour mesurer le degré du développement humain des différents pays.

L’indicateur de Développement Humain, ou I.D.H., a comme objectif d’essayer de mesurer le niveau de développement des pays, sans en rester simplement à leur poids économique mesuré par le PIB (Produit Intérieur Brut) ou le PIB par habitant. Il intègre donc des données plus qualitatives. C’est un indicateur qui fait la synthèse (on l’appelle indicateur composite ou synthétique) de trois séries de données :

  • l’espérance de vie à la naissance (qui donne une idée de l’état sanitaire de la population du pays),
  • le niveau d’instruction mesuré par deux indicateurs : le taux brut de scolarisation (nombre d’élèves dans

le primaire, le secondaire et le supérieur / effectifs des classes d’âge concernées) et le taux d’alphabétisation des adultes.

  • le PIB réel (c’est-à-dire corrigé de l’inflation) par habitant, calculé en parité de pouvoir d’achat (c’est-àdire

en montant assurant le même pouvoir d’achat dans tous les pays); le PIB par habitant donne une indication sur le niveau de vie moyen du pays.

L’IDH est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Il se présente comme un nombre sans unité compris entre 0 et 1. Plus l’IDH se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Le calcul de l’IDH permet l’établissement d’un classement annuel des pays. Le IDH de la République Démocratique du Congo est de 0,411. Dans le classement IDH des pays, la RDC occupe la 168 ème place de 177 pays.

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