Exploitation artisanale des bois en province orientale :L’Etat et les populations sont perdants

Un article de Ngoma.

L’exploitation artisanale des bois ne cesse de prendre des proportions inquiétantes dans la province Orientale, une des quatre provinces forestières de la République démocratique du Congo. Malheureusement, cette exploitation ne profite ni à l’Etat congolais moins encore aux communautés locales riveraines des forêts. Que faire pour que cette exploitation profite réellement à l’Etat et aux communautés locales ?

La question était au centre d’un atelier de deux jours organisé à Kisangani par le Ministère provincial de l’Environnement en partenariat avec l’ONG OCEAN, Organisation Concertée des Ecologistes et Amis de la Nature. Ouvert par le ministre provincial de l’Environnement, l’ingénieur Jean Claude Esuka Alfani, cet atelier a réuni des députés provinciaux membres de la commission environnementale de l’Assemblée provinciale, les cadres de l’administration forestière provinciale et les acteurs de la société civile.

Il s’est dégagé un constat amer l’allure que prend cette exploitation artisanale du bois est très inquiétant pour les populations pygmées de Mambasa qui se plaignent de la rareté des gibiers et de la non réception des bénéfices de cette activité qui détruit leurs milieux de vie et leurs zones de chasse ainsi que leurs sites culturels. Plus de 20.000 populations Pygmées sont directement affectées par l’exploitation du bois à grande échelle dans la région, d’autant plus qu’elle s’accompagne d’une forte demande de main d’œuvre, d’activité agricole et d’un accroissement démographique brusque. On peut imaginer des conséquences sur les gibiers dont dépendent essentiellement les pygmées de cette contrée. Cette forte activité artisanale est en train de contraindre les populations autochtones à abandonner leurs modes de vie et leurs pratiques culturelles et traditionnelles.

La production du bois dans cette région n’étant pas suivie par l’administration, il va de soi que c’est l’Ouganda et le Kenya qui sont plus bénéficiaires sur l’échiquier international. Il faudrait une action de monitoring devant nous permettre de disponibilité des données de terrain capables de nous aider pour convaincre le gouvernement congolais à prendre rapidement un moratoire sur l’exploitation du bois dans cette région avec des préalables et des conditions pour sa levée.

Copyright L'Avenir du 24/06/2010

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