Fiche technique du manioc
Un article de Ngoma.
Le manioc
Originaire d’Amérique du Sud, le manioc est une des plantes vivrières les plus importantes de la zone tropicale. II est cultivé en Amérique latine, en Afrique et en Asie et est utilisé pour l’alimentation humaine et animale (à l’exportation). Contrairement à l’Asie où d’importants progrès de productivité ont été réalisés, les rendements sont faibles et augmentent peu en Afrique, et stagnent en Amérique latine. Cela est dû à l’insuffisance des études réalisées sur cette plante, malgré son importance alimentaire et la diversification de ses produits : farine, semoules, aliments du bétail, amidon, glucose, éthanol.
La surface mondiale, en 1990, se situait à un peu plus de 15 635 000 hectares pour une production globale de 157 679 000 tonnes, soit un rendement moyen d’environ 10 tonnes à l’hectare.
Sommaire |
Ecologie
Le manioc est une plante de zone tropicale humide à grande faculté d’adaptation, tant pour le climat que pour le sol. L’optimum de rendement est obtenu sous 1 200 à 1 500 mm de pluie, à température moyenne de 23 à 24”C, avec 2 à 3 mois de saison sèche. Dans ces conditions, tous les sols sont acceptés à l’exception des sols asphyxiants ; le sol idéal est sablo-argileux, profond, bien drainé, à pH voisin de 6.
Le cycle cultural est fonction des données climatiques : à Madagascar, par exemple, le manioc ne peut être cultivé à une altitude supérieure à 1 400 m, du fait des basses températures ; dans ces conditions extrêmes, son cycle végétatif s’allonge (22 mois) et les rendements sont médiocres. Sur de bons sols, on peut le trouver jusqu’à 30” de latitude. Sous les climats à pluviométrie réduite, jusqu’à 500 mm en 4 mois, il ne s’agit plus de culture à grands rendements mais de culture maraîchère ou de culture de soudure.
Les systèmes de culture
Le manioc est, presque partout dans le monde, cultivé selon des techniques traditionnelles sommaires, manuelles, souvent itinérantes, avec peu ou pas d’intrants monétaires. II faut attribuer cette situation à la rusticité et aux faibles exigences du manioc ; le surcroît de dépense monétaire ou de travail se justifie difficilement compte tenu de la faible augmentation de rendement obtenu.
La mécanisation s’est surtout développée dans des complexes agro-industriels pour des opérations consommatrices d’énergie (travail du sol, récolte) ou de main-d’œuvre (plantation). Ces exploitations fabriquaient des produits transformés pour l’alimentation animale ou plus rarement l’alimentation humaine ; les contraintes de récolte étaient différentes de celles de la production de manioc pour la consommation en frais. Des expériences d’introduction de matériels motorisés dans des systèmes de production paysans à base de manioc ont été tentées. Le bilan a souvent été négatif pour diverses raisons :
- mauvaise tenue mécanique des appareils utilisés ;
- absence de rentabilité du système de production ;
- surtout, impossibilité de maintenir la fertilité.
D’autres expériences de production paysanne associées, cette fois, à celles de complexes agro-industriels, ont montré l’intérêt de ce type de montage. Les systèmes paysans bénéficient de la technicité et des débouchés du complexe, et la rentabilité de l’opération est alors acceptable.
Reste le problème du maintien du niveau de fertilité, qui doit être mis au point par le complexe pour pouvoir être transposé dans le milieu villageois. Les expériences, développées au Congo, n’ont pas duré assez longtemps pour donner une réponse à cette question. Les expérimentations mises en place laissaient pourtant présager une solution positive. Le problème du maintien de la fertilité dépasse le cadre de ce chapitre et se pose à chaque fois que I’ agriculture de ces régions, plutôt défavorisées, veut passer du stade de l’autoconsommation à celui de la production commerciale.
La mécanisation des opérations culturales
Les opérations culturales sont indépendantes les unes des autres. Cependant, en cas de récolte mécanique, une plantation en ligne et à une profondeur constante est préférable pour minimiser les pertes. On aura alors le choix entre un sillonage mécanique associé à une plantation manuelle, ou l’utilisation d’une planteuse mécanique.
La préparation du sol
La préparation du sol a pour objet de limiter le développement des adventices, d’amender le profil dans lequel vont se développer les racines assimilatrices et les racines de réserves, et d’affiner le sol en surface pour assurer un bon contact entre la terre et les boutures.
Le sous-solage est utile quand il est nécessaire d’améliorer le drainage des horizons superficiels du sol, ou encore dans ceux où, à cause de techniques culturales antérieures ou de conditions naturelles, le sous-sol s’oppose à la pénétration des racines.
On limite généralement le labour aux sols lourds, dans des conditions hydriques et/ou minérales défavorables. II pourra être adopté en cas d’enherbernent important. Dans les autres cas, le travail peut être réduit au minimum (désherbage, lit d e plantation, incorporations diverses), généralement obtenu par un ou plusieurs passages d’offset. L’emploi d’outils à dents est souvent pré-férable dans le cas de sols à dominante argileuse, afin d’éviter la constitution d’une semelle de labour.
On plantera sur billon si le sol est mal drainé, de texture lourde et si le climat est fortement pluvieux. Dans le cas de stress hydrique très marqué, la plantation pourra se faire dans le creux des billons ou dans des sillons profonds. A noter que le billonnage, s’il facilite la récolte, peut provoquer des diminutions de production. Dans les conditions normales, on préférera la plantation à plat qui est moins coûteuse, quel que soit le système de culture.
La plantation
Les boutures de manioc sont prélevées dans une ancienne culture. Chaque branche récoltée peut fournir 3 ou 4 boutures de 20 à 25 cm. Un hectare de manioc permet de planter au moins 10 hectares. Les boutures sont généralement coupées et tronçonnées à la main. II existe cependant des coupe-boutures qui débitent les tiges récoltées. Si le gain de temps est appréciable, le problème est de retrouver le sens des boutures quand on les ramasse. En effet, dans le cas de boutures positionnées de façon plus ou moins verticale, une plantation inversée provoque une chute de rendement importante pouvant aller jusqu’à 30 %.
En position verticale, une seule longue tige se développe généralement à l’extrémité apicale, alors que les positions inclinées provoquent le développement de plusieurs tiges courtes. Les boutures non complètement enterrées sont plus sujettes à dessiccation et de moins bonne reprise dans des conditions de pluviométrie limites. A l’inverse, en plantation à plat, sur sol pouvant être engorgé par fortes pluies, les boutures verticales sont préférables.
L’optimum de densité se situe entre 10 000 et 20 000 pieds à l’hectare selon la vigueur de la variété et les conditions de milieu ou de culture. L’écartement entre lignes varie entre 1 m et 1,2 m, et celle sur la ligne entre 0,80 m et 1 m. Traditionnellement, les paysans plantent le manioc au début de la saison des pluies, mais, dans certains cas, les plantations sont étalées toute l’année.
Dans les systèmes mécanisés, où un certain étalement des bouturages est nécessaire et où les récoltes doivent être effectuées toute l’année, on peut recommander de grouper une partie des bouturages à la période la plus favorable pour les parcelles à récolte précoce, et à une époque plus tardive pour celles dont la durée de végétation doit être plus longue. Les expériences de mécanisation de la plantation sont limitées et une solution simple consiste à ouvrir mécaniquement un sillon dans le sol ; les boutures y sont déposées et recouvertes manuellement.
Les premiers matériels utilisés pour la plantation du manioc ont été des replanteuses à alimentation manuelle, à pinces ou à disques, conçues pour le repiquage des plants de légumes. Bien que ces appareils donnent satisfaction, leur manque de robustesse pour les pays tropicaux, où la préparation du sol n’est pas aussi poussée, a conduit à mettre au point des appareils spécifiques. On trouve deux types de planteuses de manioc :
- les planteuses déposant les boutures à plat au fond du sillon ;
- les planteuses déposant les boutures verticalement ou de façon inclinée.
Les planteuses déposant les boutures à plat au fond du sillon
Les planteuses déposant les boutures à plat au fond du sillon sont issues des planteuses de cannes à sucre (figure 28). Les boutures placées manuellement dans le barillet tombent directement dans le sillon ouvert par un soc. Elles sont recouvertes, ensuite, par un jeu de disques placé à l’arrière de la machine.
Le barillet est entraîné par les roues porteuses ; la quantité distribuée est donc directement proportionnelle à l’avancement. Le réglage de la densité s’effectue en jouant sur la vitesse de rotation du barillet. II s’obtient par le choix de jeux de pignons appropriés. Les temps de travaux pour une planteuse deux rangs se situent autour de 2 hlha.
Les planteuses déposant les boutures verticalement ou de façon inclinée
Les planteuses déposant les boutures verticalement ou de façon inclinée utilisent le principe des repiqueuses de plants maraîchers (figure 29) : les boutures sont déposées tête en bas dans des alvéoles placées sur un disque en rotation. Elles sont maintenues en place par un carter qui s’efface à la partie inférieure.
La bouture tombe dans le sillon avec l’inclinaison qu’avait l’alvéole au moment de la chute. Un système de roues plombeuses maintient la bouture en place en tassant le sol de chaque côté. On joue sur la profondeur de travail du soc sillonneur pour fixer la partie de la bouture qui sera enterrée. Pour régler I’ inclinaison, on modifie l’emplacement où la bouture va chuter dans le sillon, en jouant sur la position du carter de maintien des boutures dans les alvéoles. Le disque portant les alvéoles est entraîné par les roues plombeuses. Nous avons à faire, ici aussi, à une distribution proportionnelle à l’avancement.
L’inconvénient de ce type de planteuse est l’obligation de repérer le sens de la bouture de façon à bien la positionner dans le sillon pour éviter des baisses de rendement. Les temps de travaux tournent autour de 5-7 h/ha. Enfin, les planteuses peuvent être équipées d’un système de distribution de l’engrais.
L’épandage d’engrais
Bien que le manioc réponde peu à la fertilisation, le principe de restitution des exportations est à respecter. On apporte ainsi le phosphore et la potasse au moment de la préparation du sol ou de la plantation ; l’azote sera épandu plus tard (2 à 3 mois). On épand ce dernier généralement sur toute la surface du sol ; des appareils classiques (portés, centrifuges ou pendulaires) peuvent être employés quand la topographie et la végétation le permettent.
L’entretien
Le mode de plantation à plat où en bilions conditionne les techniques de désherbage ultérieures lorsque celles-ci sont mécaniques. On peut utiliser, selon les cas, des lames sarcleuses ou des bineuses à lames ou à disques. II faut se rappeler qu’un tracteur ne pourra plus entrer dans un champ de manioc au delà du troisième mois environ. Ii en est d’ailleurs de même pour les traitements herbicides quand ils sont appliqués en cours de végétation. II existe cependant des herbicides de prélevée qui sont épandus juste après la plantation. II est conseillé, à ce moment, de ne pas butter les plants pour éviter de déplacer l’herbicide vers les pieds de manioc et de réduire ainsi son action dans l’interligne. Enfin, il faut rappeler qu’après 3 ou 4 mois, le feuillage de manioc couvre tout le sol, et que s’il a été maintenu propre jusqu’à cette période, il le restera en grande partie jusqu’à la récolte.
Les appareils utilisés sont des pulvérisateurs classiques pour l’épandage sur sol nu. Dans le cas de traitement en cours cle végétation, il sera nécessaire de se servir de systèmes de localisation du produit afin de ne pas toucher les feuilles. Cependant, c’est un cas de figure rarement rencontré, les traitements en cours de végétation étant le plus souvent effectués avec des appareils a dos.
La récolte
La récolte peut être largement étalée dans le temps : elle s’effectuera entre 10 et 20 mois en moyenne après la plantation. Dans des conditions normales, les racines ne se conservent que 24 à 48 heures. L’époque de la récolte est donc essentiellement déterminée par la destination de cette récolte.
Le processus de récolte comprend quatre opérations : l’enlèvement des tiges et feuilles, le soulevage des racines, la séparation de la terre, le chargement et le transport.
L’enlèvement des tiges et des feuilles
L’enlèvement des tiges et des feuilles est généralement effectué à la main en utilisant un coupe-coupe. Les tiges peuvent être utilisées comme boutures pour rune nouvelle plantation. Des broyeurs forestiers peuvent réaliser l’opération. Ils laissent sur le sol un tapis de particules fines n’entravant pas le soulevage mécanique ultérieur. C’est un point important à considérer car l’utilisation de broyeurs de type « gyrobroyeur )) laisse des morceaux importants après passage et gêne l’opération suivante de soulevage. De plus, ces morceaux se comportent comme une bouture et s’enracinent, ce qui amène des perturbations pour la culture suivante. Les temps de travaux sont de l’ordre de 3 à 4 heures!/hectare. L’utilisation de broyeurs frontaux, dont le rotor tourne en c( échappant » et est muni de fléaux type « cuiller » lourds, a été testé avec succès et peut être conseillé pour motoriser cette opération.
Le Soulevage des racines
Les premiers essais de mécanisation du soulevage ont eu lieu avec des charrues lourdes ; la technique nécessitait une reprise manuelle de secouage et d’alignement des racines. Des sous-soleuses à ailes ont aussi été utilisées. Ces techniques, bien que rudimentaires, évitaient, en terrain lourd, l’emploi de main-d’œuvre pour une opération pénible et longue.
La séparation de la terre
La séparation de la terre est effectuée après le soulevage. Elle consiste à sortir les racines du sol et à les aligner en regroupant plusieurs rangs pour faciliter le ramassage ultérieur. Actuellement, des constructeurs proposent des matériels spécifiques effectuant le soulevage et le secouage. On trouve trois types de machine.
Les machines à barres secoueuses à mouvement alternatif sont composées d’une lame prolongée par des barres mises en mouvement par la prise de force. Les racines sont soulevées puis séparées de la terre avant d’être déposées sur le sol, derrière la machine (figure 30).
Les souleveuses à tapis secoueurs issues de récolteuses de pommes de terre fonctionnent sur le même principe que les machines à barres secoueuses, la réalisation étant plus solide. Les tubercules, une fois soulevés, sont repris par un tapis à barrettes qui permet la séparation de la terre (figure 31). Ils sont ensuite déposés à l’arrière de la machine directement sur le sol avant reprise pour chargement. Si, dans des conditions de récolte normales, ces machines laissent assez peu de restes en terre, elles ont l’inconvénient de blesser les racines, ce qui interdit leur utilisation en frais et oblige à une transformation rapide. C’est pour pallier ce défaut que l’Université de Leipzig a conçu une machine permettant de soulever les racines sans les blesser.
Les machines à courroies utilisent le principe des récolteuses de légumes : les tiges sont coupées à 20-25 cm du sol, la récolteuse soulève légèrement le pied de manioc en éclatant la terre, et à ce moment les tiges sont pincées entre deux courroies inclinées. Les racines sont extraites de la terre et déposées à l’arrière de la machine (figure 32). La qualité des racines équivaut à celle de la récolte manuelle.
Le problème qui persiste à l’heure actuelle est l’impossibilité d’utiliser des machines pour le broyage des parties aériennes, le système de récolte nécessitant la présence d’une seule tige pour que la préhension, au niveau des courroies, s’effectue sans problème. Les rendements de chantier pour une machine 1 rang sont sensiblement identiques pour les trois types : 5 à 7 heures/hectare.
Le chargement et le transport
II n’y a pas de matériel spécifique pour l’opération de chargement. On peut imaginer que, pour des complexes industriels, des équipements betteraviers puissent donner satisfaction. En ce qui concerne les transports, les remorques classiques sont tout à fait adaptées.
Un constructeur brésilien (Lorenz) propose, à l’instar des équipements betteraviers, une souleveuse-secoueuse-chargeuse traînée derrière un tracteur, à l’avant duquel est placé un broyeur. Dans les meilleures conditions de travail, elle récolte et charge un hectare en 4 heures. Ce matériel est exclusivement destiné à des complexes agro-industriels.
La transformation
Dans la quasi-totalité des pays producteurs, excepté la Thaïlande, le manioc est Utilisé principalement pour l’alimentation humaine. Dans ces pays généralement humides, il est la source la plus importante d’aliments glucidiques. Les formes de consommation sont diverses : le manioc est consommé cru ou cuit ou après transformation. Les procédés de transformation sont variés, ils font généralement intervenir les opérations suivantes :
- épluchage souvent associé au lavage ;
- râpage ;
- essorage ;
- émiettage et défribrage ;
- broyage ;
- séchage.
Le traitement de la pulpe par rouissage ou par cuisson est nécessaire dans le cas de manioc dits « amers » qui contiennent des composés cyanogénétiques. Le rouissage consiste en une fermentation en milieu aqueux. II permet la dégradation des produits toxiques qui sont alors évacués soit dans l’eau environnante, soit dans le jus de presse. Les matériels mis au point et utilisés pour la production artisanale (par opposition à la production industrielle), sont souvent issus de matériels manuels.
Le Brésil et l’Afrique centrale, notamment le Ghana et le Nigeria, ont été les premiers à développer des matériels à moteurs. On trouvera principalement des râpes permettant le traitement des racines crues épluchées. Les presses pour extraire le jus fermenté sont encore actionnées manuellement. II existe des modèles motorisés mais ils ont plutôt une vocation semi-industrielle et industrielle. Des tamis animés par moteur existent dans certaines régions, ils sont Quelque fois associés à d’autres machines (émietteurs ou broyeurs).
L’épluchage-lavage
Peu de produits de transformation utilisent les racines de manioc sans les éplucher. Les opérations d’épluchage et de lavage sont rarement mécanisées. La qualité de l’épluchage conditionne généralement celle du produit fini. Si l’épluchage doit être parfait, il n’y a pas de machine artisanale utilisable. Récemment, des matériels issus de machines industrielles ont été proposés, mais ils restent chers et de plus, dangereux. L’éplucheuse construite par Bertin est un tambour cylindrique conçu sur le principe de la machine à faire les frites (figure 33). Lorsque la qualité de l’épluchage n’est pas un critère recherché, les traditionnels tambours-laveurs-éplucheurs sont utilisables.
Le ripage-
Les râpes sont employées pour réduire les tubercules de manioc après épluchage et avant leur mise en fermentation (fabrication du gai, de la farinha...). Leur conception est assez simple (figure 34j : il s’agit d’un tambour hérissé d’aspérités diverses sur lequel on vient appuyer le tubercule de manioc. Ce dernier est progressivement déchiqueté. Dans les modèles plus élaborés, un système de pression permet le maintien du tubercule sur la râpe. II existe certains modèles dont le tambour est remplacé par un disque (figure 35).
Ce dernier type peut être construit plus facilement par les artisans locaux. L’essorage artisanal s’effectue avec des matériels manuels N évolués ». II s’agit souvent d’un cric hydaulique qui permet de compresser le produit humide sans gros effort (figure 36). Certains matériels semi-industriels ont été mis au point par des constructeurs européens, mais ils restent très peu employés.
Les machines d’émiettage et de défibrage ont pour objet d’émietter le « gâteau » obtenu après pressage et d’en extraire les fibres. L’émiettement est réalisé par un tambour rotatif sur lequel le gâteau est pressé (figure 37). Le produit tombe ensuite sur un tamis qui sépare la farine des fibres et des morceaux. Ce tamis est généralement actionné par un système bielle-manivelle à partir d’un moteur. L’astuce consiste, lorsque l’on utilise un moteur thermique, à solidariser le tamis au moteur par une pièce adéquate pour le mettre en action. On économise ainsi parfois un moteur, mais on s’affranchit surtout du système bielle-manivelle toujours délicat.
Le broyage
Le broyage de produits solides est réalisé avec des matériels classiques tels que les broyeurs à marteaux (préparation du foufou).
Conclusion
Le manioc est avant tout une culture destinée à être autoconsommée en production paysanne. Cependant, on peut penser que dans un premier temps, le besoin d’alimenter les villes induira une mécanisation et une motorisation de certains postes de la filière. Les matériels de transformation des produits sont déjà en cours de développement. Si la demande continue à s’accroître, I’ intervention de matériels agricoles dans le processus de production peut s’imaginer. II s’agira d’abord et surtout d’équipements « standard X, déjà utilisés sur d’autres cultures (charrue, billonneuse...).
L’utilisation d’équipements spécifiques est difficilement imaginable hors d’un complexe agro-industriel, pour des raisons de rentabilité. Néanmoins, la pratique des paysans associés qui livrent une partie de leur production à l’usine, en échange de prestations de service motorisées, permet d’envisager I’ utilisation de ces matériels à l’échelle des paysans. Ce type de complexe se développera avec des produits d’exportation issus du manioc. II est difficile d’évaluer aujourd’hui l’avenir de ce marché.
La Motorisation dans les cultures tropicales, par Roland Pirot, P99-120



