Fiche technique du riz

Un article de Ngoma.

Le riz est cultivé principalement pour l’alimentation humaine. Mais il sert aussi à fabriquer de l’alcool, de l’amidon, du glucose, de l’acide acétique, du vinaigre, de l’acétone, de I’ huile, et entre dans la composition de produits pharmaceutiques et d’aliments diététiques. La balle de riz est valorisée comme la production de riz, première céréale au monde, a été de 550 millions de tonnes en 1995 pour environ 146,5 millions d’hectares, dont 86 % de riz quatique et 14 % de riz pluvial. Les principales zones de production et les pays producteurs sont situés dans les pays en développement.

L. ‘Afrique consacre 7,l millions d’hectares à la culture du riz, soit 5 % de la superficie rizicole mondiale. Près de 3 millions d’hectares sont occupés par du riz pluvial, dont la moitié en Afrique de l’Ouest. La part du riz pluvial peut atteindre jusqu’à 85 % des surfaces en Côte d’lvoire, voire 95 % au Libéria, ou tre pratiquement nulle au Mali. En pluvial, le système de culture dominant est la riziculture itinérante, pratiquée en association avec diverses autres espèces annuelles.

L’Amérique du Sud représente 4 % des surfaces rizicoles mondiales, soit 6,4 millions d’hectares dont 5 millions sont consacrés à la riziculture pluviale. Les deux systèmes de culture principaux sont la riziculture itinérante et la riziculture pionnière rencontrée surtout au Brésil. Les 133 millions d’hectares consacrés à la culture du riz en Asie sont sans commune mesure avec ceux des trois continents précédemment cités. Le riz pluvial, avec 11,6 millions d’hectares, couvre une surface relativement restreinte dans chaque pays, sauf au Laos où il constitue le type dominant.

La Chine reste le premier producteur de riz, mais c’est l’Inde qui cultive la plus grande superficie avec 42 millions d’hectares, tandis que le Japon, la Corée du Sud et les USA demeurent les plus performants avec plus de 60 quintaux parhectare (tableau 16).

Culture

Le climat et les sols

La température optimale de l’air pour la croissance du riz se situe entre 28 et 30°C. Supérieure à 4O”C, elle est défavorable à la culture et elle est létale à partir de 50°C. En riz irrigué, la température de l’eau ne doit pas descendre en dessous du seuil minimum de 13 à 14°C ; l’optimum est de 30 à 34°C.

Le riz est une plante de lumière et les rendements sont proportionnels à I’ insolation. Cela explique en partie la faiblesse fréquente des rendements de la zone équatoriale et des zones d’altitude du fait de l’importante nébulosité. Les latitudes limites sont de 46” Nord (exception : 32” Nord en ex-Urss) et 35” Sud. Le riz est une plante assez plastique en ce qui concerne les sols. II préfère cependant des sols à texture fine contenant environ 40 % d’argile, perméables, et de pH compris entre 5 et 8 avec un optimum entre 6 et 7. Les éléments grossiers sont défavorables. En culture sèche, il demande un sol riche et meuble. supporte mieux un excès d’humidité mais tolère moins bien un excès de sécheresse que les autres céréales.

Les besoins en eau s’établissent entre 12 000 et 20 000 m par hectare, soit 1 200 à 2 000 mm, pour une évapotranspiration potentielle moyenne de l’ordre de 8 mm par jour en riziculture irriguée. En culture pluviale, les fortes pluies sont nuisibles au moment de l’épiaison et en période de moisson. II faut cependant entre 900 et 1 800 mm d’eau pour le cycle complet de la plante, mais ces quantités varient fortement suivant La nature des sols : 800 à 1 000 mm peuvent suffire en sols limono-argileux.

La Plante

Le riz pousse du voisinage de la mer jusqu’à des altitudes voisines de 2 000 m, et en conditions d’alimentation hydrique très variables. En fonction de la durée du cycle végétatif, on distingue les riz précoces (moins de 120 j), les riz de saison (160 j environ) et les riz tardifs (plus de 170 j).

Le riz a un abondant système radiculaire de surface et possède une bonne faculté de tallage en début de croissance (3 à 6 talles productives par pieds). On le rencontre en culture pluviale et en culture fortement inondée, avec une lame d’eau qui peut dépasser plusieurs mètres pendant une partie du cycle. Entre ces conditions extrêmes, il existe de nombreux états intermédiaires : alternance de périodes d’assèchement et d’inondation, irrigation permanente, alimentation en eau par capillarité à partir d’une nappe souterraine...

Le sol ne semble pas être particulièrement déterminant pour le riz aquatique dont les capacités d’adaptation sont importantes. Toutefois, les sols trop filtrants augmentent considérablement les consommations en eau. Par contre, le riz pluvial se montre plus sensible aux phénomènes de fatigue ou d’érosion des sols, et il convient de les prendre en compte pour la pérennisation de I’ agriculture.

Les caractéristiques de la plante (cycle, mode d’implantation, port et maturation) se répercutent directement sur le volume de travail demandé aux producteurs (exemple du repiquage manuel très consommateur en main-d’œuvre) et Sur les possibilités de mécanisation. La récolte mécanique exige des variétés à maturité relativement groupée. Elle est facilitée avec des variétés qui ne versent pas ou peu. Le paddy devrait être récolté à un taux d’humidité compris entre 1~8 % et 23 %. Trop humide, il se conserve mal et donne un rendement d’usinage moyen. Trop sec, il s’égrène sur pied plus facilement et casse au battage.

C)e plus, une récolte tardive ou un séchage irrégulier vont créer des clivages dans les grains, à l’origine de brisures lors de l’usinage. Le choix et les performances des machines de récolte et de battage doivent tenir compte des variétés et des caractéristiques spécifiques du riz par rapport aux autres céréales. En effet, à la récolte, la hauteur de la paille peut aller de 60 cm à plus de 5 mètres pour les riz flottants. Au-dessus de 1 mètre, les riz sont dits « à longue


paille ». Le rapport grain/paille est plus faible que pour les autres céréales. Les panicules sont recourbées vers le bas et non pas érigées. Le taux en silice micronisée, très abrasive pour les organes des machines, est élevé.

Les différents systèmes de culture sont représentés schématiquement sur la figure 1. On distingue la riziculture sans submersion et la riziculture aquatique. Sur ces systèmes de culture, on rencontre quatre grands types d’utilisation particulière de la motorisation. Dans chacun d’eux, les matériels et les techniques employés sont différents et parfois spécifiques.

La riziculture sans submersion

La riziculture sans submersion est pratiquée en terre exondée. Aucune lame d’eau ne recouvre le sol, sauf exceptionnellement et pour un temps très bref. Quatre types de riziculture se différencient par le mode d’alimentation Hydrique :

  • riziculture pluviale stricte ;
  • riziculture sur nappe, bénéficiant en plus d’une alimentation en eau depuis la nappe proche de la surface du sol, voire affleurant ;
  • riziculture de décrue profitant de l’humidité résiduelle du sol ;
  • riziculture pluviale avec aspersion.

Dans la majorité de ces situations, on se trouve dans des conditions classiques de production des céréales. Les mêmes équipements peuvent être utilisés.

La riziculture aquatique

La riziculture de mangrove

La mangrove est une formation végétale caractéristique des estuaires et des deltas des régions tropicales soumises à l’action des marées. Les espèces qui la composent sont désignées sous le terme de palétuviers. Le plus délicat est le contrôle de l’eau saumâtre permettant la culture du riz.

La riziculture en eau douce

On distingue trois types de riziculture : sans aucune maîtrise de l’eau, avec maîtrise partielle de l’eau, avec maîtrise totale de l’eau. Dans ce dernier cas, I’ approvisionnement en eau est assuré par gravité ou par pompage. La hauteur du @Ian d’eau (moins de 5 cm en général) est maîtrisée par un planage rigoureux de chaque parcelle élémentaire. II est possible d’assurer la vidange de la parcelle à tout moment, notamment pour un épandage d’engrais ou d’herbicide et pour la récolte. Dans ce type de riziculture, on rencontre des modes d’utilisation de la motorisation très différents développés dans des contextes spécifiques.

On trouve au Japon une petite motorisation en riziculture irriguée. Les matériels mis en œuvre sont techniquement complexes (motoculteurs, repiqueuses automatiques) et adaptés aux conditions de production de la riziculture japonaise (petit parcellaire, superficies d’exploitation réduites). Aux Etats-Unis, en Italie et au Brésil, on rencontre une motorisation conventionnelle en riziculture irriguée.

Dans de nombreux périmètres irrigués et plaines inondables d’Afrique subsaharienne, la riziculture est partiellement motorisée. La proportion du travail manuel et en traction animale reste très importante. Deux combinaisons sont fréquemment rencontrées. Dans la première, la préparation des sols est réalisée au tracteur, la récolte et le battage à la machine. Le reste de l’itinéraire -semis, repiquage, entretien phytosanitaire - est manuel. On rencontre cette combinaison dans certains périmètres en Afrique de l’ouest. Dans le second cas, la préparation du sol et la récolte sont effectuées avec du matériel léger (Motoculteur et batteuse). C’est le cas en Thaïlande avec des motoculteurs et des pompes construits localement et diffusé par I’lrri International Rice Research Institutel.


sans submersion

Pour la culture sans submersion, on utilise les matériels classiques pour céréales. La présentation qui suit s’appuie sur des exemples au Brésil et quelques projets en Afrique où ce type de riziculture est peu motorisé.

L’aménagement des parcelles

Les premiers travaux importants permettant la motorisation sont le découchage et la réalisation de parcelles de dimensions adaptées aux niveaux de mécanisation choisis. Les aménagements concernent surtout les terrains en pente. II s’agit de faciliter le passage des matériels, et de limiter les dégâts dûs à l’érosion à laquelle les sols tropicaux sont sensibles. Depuis les années 80, la mise en défens des sols contre l’érosion peut être réalisée mécaniquement dans l’exploitation avec du matériel qui permet de confectionner des cordons antiérosifs. Auparavant, il fallait recourir à des entreprises de travaux publics. Divers modèles sont préconisés en fonction du sol et de la pente. On distingue :

  • les cordons à base étroite de 0,2 à 0,4 mètre de large ; ils ne sont pas cultivés;
  • les cordons à base moyenne de 0,4 à 0,6 mètre de large ; ils peuvent être cultivés dans les parties inférieures ;
  • les cordons à base large de 0,9 à 1,2 mètre (terrasses) ; toute la surface du billon peut être cultivée.

En motorisation conventionnelle, ces cordons peuvent être confectionnés avec une charrue à disques classique ou avec un terraceador (billonneuse à disques pour billons à base très large) . Avec une charrue à disques, il est nécessaire de réaliser jusqu’à dix passages en adossant sur des pentes comprises entre 18 % et 20 %. A une vitesse comprise entre 6 et 9 km/h, on réalise de 700 à 1 000 m de cordon en une heure.

Le terraceador est un équipement relativement nouveau sur le marché brésilien (figure 2). Cet outil, porté ou traîné, est constitué de disques montés sur un châssis en V dont la partie centrale est plus élevée que les extrémités. IL est possible de régler l’angle des porte-disques soit par des moyens mécaniques, manivelles ou clavettes, soit par des dispositifs d’assistance hydraulique tels que les vérins. Les modèles portés permettent de travailler une largeur de 3 à 6 mètres. II faut alors 6 à 12 passages au même endroit avec un tracteur de 44 à 66 kW pour réaliser 700 à 1 000 m de cordon à base large en une heure.

Les modèles tramés, adaptés à des tracteurs de plus de 66 kW, et à réglage hydraulique des angles du châssis par rapport au sol et à l’avancement, peuvent atteindre une largeur de travail de 10 mètres. Dans la plupart des cas, il est nécessaire de finir ce cordon avec un billonneur classique ou une charrue pour en dresser correctement les bords.

Deux types d’itinéraires sont généralement pratiqués : le premier à base de labour et le second à base de travail superficiel du sol.

Le labour suivi d’une reprise

Le labour permet d’enfouir des résidus de culture, de la fumure organique ou encore de reprendre le sol CC abîmé » lors de la récolte à la moissonneuse-batteuse. Le labour est le plus souvent réalisé à la charrue à disques. Mais on peut aussi trouver des modèles à socs avec versoirs à claire-voie pour des terrains très argileux. On recommande un labour à environ 18 cm de profondeur pour un bon enfouissement des chaumes et de la fertilisation organique. Le nombre et le type des reprises sont fonction des conditions de culture du riz (type de sol et mode d’implantation). On cherche un sol pulvérisé et raffermi pour maintenir des conditions d’humidité propres à assurer une germination et une levée rapide et homogène de la culture. Ces reprises peuvent être réalisées par :

  • un pulvériseur tandem à disques plus légers de 18 à 20 pouces de diamètre (460à 510 mm);
  • un cultivateur, puis une herse à dents rigides et un rouleau packer.


Le travail du sol superficiel

Le travail avec des outils à disques est suffisant quand la végétation à enfouir est peu développée et le sol peu « abîmé ». La préparation du lit de semences est moins fine que sur labour, mais la mise en œuvre de cette technique est plus rapide et moins onéreuse.

L’utilisation de pulvériseurs lourds équipés de disques de diamètre de 32 ou de 36 pouces (810 ou 910 mm) est la plus répandue. Ces pulvériseurs peuvent travailler dans les terrains récemment défrichés, pour fragmenter les restes de bois et incorporer les amendements. Suivant les situations et les sols, le chisel suivi d’une ou plusieurs reprises est Parfois utilisé. Dans certains sols légers, l’emploi d’outils animés à axe rotatif horizontal (rotavator) ou vertical (herses rotatives) est intéressant.

Mais ces matériels ont tendance à trop pulvériser la surface du sol et à ne pas enfouir suffisamment les engrais. Cela rend difficile l’enracinement des plantules et peut accroitre les pertes d’engrais azotés appliqués avant le semis.

L’épandage d’engrais

Les engrais complets sont souvent épandus avant le semis. L’azote peut être appliqué au semis avec des semoirs combinés, et après les semis, éventuellement en plusieurs passages pour le fractionnement. Celui-ci tient compte du stade végétatif de la plante, et de la conduite de l’irrigation quand elle est pratiquée. Les matériels utilisés dépendent du conditionnement des produits et de la précision recherchée.

Avant semis, des pneumatiques larges améliorant la portante peuvent être utilisés pour des conditions plus humides. Qu’ils soient granulés ou liquides, les engrais sont épandus avec du matériel classique ou par avion. Dans certaines situations, les fertilisations fractionnées en cours de culture sont apportées par avion et en mélange avec un produit phytosanitaire s’il y a compatibilité des produits et nécessité de traitement.

Le semis

En pluvial, le semis est fortement mécanisé aussi bien en culture attelée qu’en motorisation. II est généralement réalisé en ligne. En mécanisant les semis, il faut viser l’uniformité de la distribution des semences, une mise en place des graines favorisant la régularité de la levée et la lutte contre les adventices. La levée dépend de la température du sol, des conditions d’humidité, de la méthode de mise en place de la culture et de la qualité de la préparation du sol. Le riz a de fortes capacités de tallage, aussi le resemis n’est pas conseillé, à moins que les densités soient inférieures à 100 plants/m’.

L’expérience montre qu’un semis superficiel est préférable pour un bon démarrage de la culture. Lorsque la maîtrise des adventices est assurée par des produits chimiques, on recherche des écartements entre rangs voisins de 20 cm. L’utilisation du sarclage mécanique nécessite des écartements entre rangs importants. Dans ces conditions, on retient des écartements de 40 à 60 cm entre les rangs pour des densités recherchées de 50 plants au mètre linéaire.

On peut utiliser les mêmes semoirs que précédemment en bouchant des goulottes de sortie des graines sur le semoir. Les semoirs peuvent être équipés de fertiliseurs et de distributeurs de pesticides, ce qui permet de combiner plusieurs opérations en un seul passage. Les semoirs en ligne classiques, à distribution à cannelures, sèment à des profondeurs de 3 à 5 centimètres des doses de semences de 50 à 60 kg/ha. Ce sont les plus fréquemment employés. Leurs caractéristiques de construction permettent de semer à des écartements réduits à 16 centimètres environ.

Les semoirs mono graines, adaptés à la culture du mais, peuvent être utilisés sur le riz. La régularité est moins bonne qu’avec les semoirs en ligne. II est difficile, pour des raisons techniques liées au matériel, de réduire les interlignes à moins de 30 cm. Les semoirs de semis direct réalisent le semis sans travail du sol préalable, mais après un traitement herbicide de la végétation préexistante. Ces semoirs sont équipés de systèmes d’enterrage adaptés au semis du maïs, du soja et du riz sur mulch qui forme une couverture morte protectrice. Le système le plus classique consiste en un disque gaufré à l’avant pour ouvrir le sol devant deux jeux de deux disques jumelés de diamètres différents. Le premier ouvre un sillon pour la semence et le second ferme le sillon et recouvre les graines (figure 3). Les premières machines pour le semis direct du riz sont apparues sur le marché brésilien en 1973. Actuellement, plus d’un million d’hectares sont mis en culture de cette façon au Brésil.


L’entretien et la protection de la culture

Suivant les zones, les opérations d’entretien peuvent être motorisées avec des matériels conventionnels utilisés sur les céréales. Elles sont souvent réalisées manuellement ou avec des pulvérisateurs à dos.

Le désherbage

Le désherbage mécanique est possible pour des semis en ligne à écartement supérieur à 35 cm, mais il est peu pratiqué. Le désherbage chimique, parfaitement au point, se développe de plus en plus.

En cours de végétation, on utilise généralement des pulvérisateurs conventionnels ayant une largeur multiple de celle des semoirs, sur lesquels on bouche des trous permettant de matérialiser le passage des roues de tracteurs. Avec les Pulvérisateurs à dos, le jalonnage est rare et la pulvérisation approximative.

Dès que les superficies sont importantes, l’épandage aérien est fréquent, car il utilise peu de bouillie par hectare avec des conditionnements spéciaux. Cette technique de traitement a été transférée aux appareils de pulvérisation au sol, grâce à la mise au point de buses de précision en métal ou en alumine fritée.

La vulgarisation des buses à miroir en métal Berthoud en est un bon exemple. Un homme peut traiter un hectare en une heure avec un pulvérisateur à dos et la buse BV 50 à basse pression. L’introduction d’herbicides (suphonyl urée) efficaces à de très faibles doses de matière active (60 grammes à l’hectare), et les applications en présemis (oxadiazon) font évoluer les techniques d’application. Les équipements doivent être adaptés pour épandre plus précisément des doses de matière active toujours plus faibles. Les pulvérisateurs Ulv (ulrra low volume) manuels, du même type que ceux utilisés avec des insecticides sur coton en Afrique, se rencontrent de plus en plus en traitement herbicide.

La protection phytosanitaire

Dans certains cas, les insectes peuvent causer des dégâts importants par action directe (foreurs, défoliateurs...), ou comme vecteurs de maladies virales. En Asie, en général, le pulvérisateur à moteur est utilisé, mais on ne travaille qu’à de faibles doses par hectare de granulés OU de bouillies.

La récolte et le battage peuvent être réalisés simultanément à l’aide de moissonneuses-batteuses du même type que celles utilisées avec les autres céréales. Le conditionnement du paddy se fait généralement en vrac. Cette technique est pratiquée au Brésil. La récolte et le battage peuvent aussi être mécanisés séparément. Le conditionnement du paddy se fait alors en sacs. Cette situation est fréquente en Afrique.

La récolte à la moissonneuse-batteuse

Les modèles de moissonneuse-batteuse utilisés couramment dépassent 75 kW. Avec des largeurs de travail de plus de 3 m, les temps de travaux sont souvent inférieurs à 2 h/ha. L’intérêt de réaliser la récolte et le battage simultanément réside dans un gain de main-d’œuvre et un dégagement plus rapide des parcelles. En contrepartie, les exigences sont plus strictes sur les conditions de récolte (en particulier I’ humidité du grain) et sur la succession des opérations ultérieures. Les contraintes se situent dans l’organisation des chantiers en fonction de la destination de la récolte et de la paille. Le transport en vrac par tracteurs et camions vers des silos de stockage équipés de vis de récupération se généralise. II faut prévoir, en fonction des distances, un nombre suffisant de remorques pour ne pas arrêter le travail de la moissonneuse-batteuse. Le conditionnement en sacs, exigeant en main-d’œuvre pour l’ensachage et la manutention, disparaît progressivement.

Le seul avantage du conditionnement en sac sur la machine est de rendre indépendantes les opérations de récolte et de transport, sous réserve d’avoir suffisamment de sacs. L’organisation du chantier s’en trouve simplifiée. Sur la moissonneuse-batteuse, on montera un broyeur si la paille est enfouie, un andaineur si elle est conditionnée.

La récolte et le battage séparés

Les techniques manuelles de récolte et de battage prédominent, mais le battage mécanisé se développe. Par contre, il est rare que la récolte soit mécanisée avec des faucheuses ou des faucheuses-lieuses.

LA RÉCOLTE

Dans tous les cas, la récolte débute à la maturité du paddy. La récolte mécanique peut être réalisée par trois types de machines. Elles se distinguent par les besoins en main-d’œuvre pour ramasser et stocker le paddy. Ces besoins sont de moins en moins importants en passant des faucheuses aux moissonneuses lieuses Les faucheuses simples déportées sur le côté des tracteurs ou tirées par des animaux de trait (utilisation de moteur auxiliaire éventuellement) ne sont pratiquement pas utilisées en riziculture. Pourtant, elles sont moins coûteuses à l’achat que les autres modèles. Mais elles présentent l’inconvénient de nécessiter un détourage des parcelles pour que le tracteur (ou les animaux) ne foulent pas le premier tour. De plus, l’utilisation d’un moteur auxiliaire pour I’ entrainement de la faucheuse en traction animale est délicat. Les animaux, non habitués, sont gênés par le bruit et les vibrations occasionnés par le moteur.

Les faucheuses automotrices sont en général de petites machines. Sur certains modèles, l’opérateur marche derrière la machine. Sur d’autres, il est assis. Les largeurs de travail les plus fréquentes sont comprises entre 0,30 m et 1,5 m. La puissance des moteurs est souvent inférieure à 15 kW. On trouve principalement les faucheuses et faucheuses-andaineuses de fabrication italienne qui enjambent le rang coupé.

Les moissonneuses-lieuses sont des faucheuses équipées d’un système de liage pour faire des gerbes de 6 à 10 kg. Les manutentions ultérieures nécessaires pour la mise en meules se trouvent réduites. La reprise des gerbes pour I’ alimentation des batteuses est plus facile. Mais le système de liage fragilise ces machines. La position de ce système ne permet pas toujours de lier les variétés trop courtes ou trop hautes et la ficelle coûte cher. Les performances de ces machines, en fonction des modèles, varient généralement de 6-7 h/ha à 20 hlha.

La coupe est suivie, immédiatement ou après un léger séchage, de la mise en moyettes. Celles-ci sèchent plus ou moins longtemps au soleil (1 à 3 jours) en fonction des conditions climatiques et de l’humidité du paddy. Elles sont ensuite regroupées en meules de formes diverses suivant les zones. II faut veiller à aligner les gerbes dans les meules pour en faciliter la reprise au moment du battage. Ces meules sont le plus souvent confectionnées sur les parcelles à même le sol ; parfois, elles sont surélevées si le sol est humide et s’il y a des risques importants d’attaques par des déprédateurs. Quand il est nécessaire de dégager rapidement les parcelles pour implanter une autre culture, ces meules sont réalisées sur des aires de battage situées en bordure des parcelles ou dans L’exploitation.

Le paddy peut rester ainsi stocké en meules de quelques jours à plusieurs mois, si les conditions climatiques le permettent et si le lieu de stockage est bien abrité et protégé.

LE BATTAGE

Le chantier de battage se déroule en plusieurs opérations. Les gerbes de paddy sont reprises dans les meules. Elles sont ensuite étalées en couche de faible épaisseur en vue du battage manuel, ou déposées sur la table d’alimentation d’une batteuse. Le battage mécanique est réalisé le plus souvent avec des batteuses absorbant paille et panicules, dont les débits sont compris entre 600 et 1 500 kg/h de paddy. Ces machines comprennent un cylindre batteur, un contre-batteur, et sur les modèles les plus évolués, des dispositifs de nettoyage et d’ensachage. II existe deux grands types de batteuses qui diffèrent par le trajet de la récolte par rapport au batteur. Dans le système le plus ancien, la récolte passe perpendiculairement par rapport au batteur. Dans celui développé par I’lrri, la récolte suit un trajet hélicoïdal autour du batteur (type axial flow).

Toutes les machines sont maintenant équipées de batteurs et de contre-batteurs à boucle ou à dents droites ou en forme de sabres (Les organes de nettoyage, lorsqu’ils existent, sont classiques. Ce sont généralement des secoueurs et de grilles associés à un ventilateur. Ils peuvent être limités à un système de ventilation sur certains modèles comme la Votex Normalement, après battage, le vannage n’est pas nécessaire avec des batteuses équipées de séparateurs et de nettoyeurs, mais le mauvais état des machines et des réglages inappropriés permettent rarement d’obtenir des produits propres. C’est pourquoi le produit obtenu est vanné manuellement par les femmes avant la mise en sacs et le transport.


La petite motorisation en riziculture irriguée

La petite motorisation en riziculture irriguée a été développée au Japon dans des conditions très particulières de production. En effet, les exploitations sont très petites (90 % font moins de 2 ha) et les parcelles sont de petite dimension. La main-d’œuvre est rare. Le travail dans la boue et repiquage mécanique sont généralisés. Pour ces conditions, une mécanisation sophistiquée de faible puissance adaptée au travail dans la boue et au parcellaire a été mise au point. Pour ne pas abîmer la paille qui est valorisée pour partie dans l’artisanat, des matériels de récolte et de battage ont également été adaptés.

Cette mécanisation sophistiquée, adaptée à une riziculture japonaise intensive, évolue progressivement avec pour objectif de réduire les coûts de production :

  • par augmentation de la taille des parcelles ;
  • par réduction du nombre de passages en travail du sol ;
  • par introduction et développement du semis en prégermé ;
  • par augmentation du nombre de moissonneuses-batteuses de type conventionnel, mais de petite capacité.

Dans cet exemple ne seront développées que les opérations mécanisées avec du matériel spécifique.

Le nivelage et la préparation des SOIS en SOIS saturés ou submergés

Le nivelage et la préparation des sols visent à la mise en boue en vue du repiquage. Ils peuvent être effectués sur sol sec ou humide avec des matériels de préparation des sols classiques. Ils sont suivis d’une mise en eau puis de la mise en boue par malaxage. II est aussi fréquent que la mise en eau ait lieu avant les préparations du sol. On utilise alors des outils rotatifs. Le malaxage dans la boue sur des parcelles de petite dimension nivèle aussi le sol lorsque le planage n’a pas été trop dégradé lors des récoltes du précédent cultural.

Pour la préparation du sol, des charrues dites japonaises sont aussi utilisées (figure 6). Les motoculteurs sont équipés de modèles monosoc et les microtracteurs de moins de 20 kW de modèles bisoc. Les charrues ont un soc triangulaire et un versoir à claire voie. Elles peuvent travailler entre 12 et 18 cm de profondeur sur terrain sec ou humide, en planche ou à plat (simples ou réversibles). Quelques charrues sont munies de coutres circulaires lisses ou gaufrés leur permettant de travailler dans des sols encombrés de résidus végétaux.

Le malaxage (puddlage, piétinage) a pour but d’obtenir une boue plus ou moins fluide et profonde, suivant la technique de plantation retenue. II est réalisé avec des fraises et des roues cages. Pour les semis en prégermé sur boue, seule la Chape d’attelage motoculteur sur Levier d’inversion zone superficielle a besoin d’être malaxée. A l’opposé, le repiquage demande un travail plus en profondeur et une boue plus fluide et homogène.

Les fraises sont utilisées avec des motoculteurs ou des tracteurs. Les tracteurs, de 10 à 15 kW, se vendent mieux car ils sont mieux adaptés aux petites parcelles (100 x 30 m) des rizières. Les fraises travaillent l’épaisseur minimum de boue nécessaire au repiquage, en gardant un sous-sol portant. Le capot de protection de l’outil est conçu pour entretenir ou façonner le planage. Ces outils à axe horizontal ont des pièces travaillantes (lames) différentes suivant les conditions du terrain. Elles sont minces et effilées pour les terrains durs, et minces avec une partie cintrée aiguisée pour les autres cas. Ce cintrage des lames dans plusieurs plans donne des formes plus ou moins hélicoïdales.

II permet un brassage efficace tout en limitant les phénomènes de lissage La forme des dents a été étudiée pour aboutir à la mise au point et à la diffusion du modèle nata-zume qui réalise un bon malaxage de la paille et de la Terre en un seul passage. Les japonais se sont rendus compte que la profondeur de travail n’influe pas sur le rendement, et qu’une mise en boue sur 12 à 14 cm d’épaisseur est suffisante.

Les roues cages et roues métalliques se montent sur les motoculteurs et les tracteurs. Elles sont utilisées seules ou en complément au travail de la fraise

Le repiquage

Par rapport au semis, cette technique présente certains avantages. La maîtrise de l’eau n’a pas besoin d’être aussi poussée. Elle permet des économies de Roues pour puddlage en terrain humide semences : 30 a 40 kg au repiquage pour 100 à 150 kg en semis à la volée. Les plants à repiquer sont choisis, c’est-à-dire que les plants chétifs sont éliminés.

La pression de l’enherbement est moindre, car les plants repiqués ont de l’avance sur les adventices. De plus, lorsque le repiquage est effectué en lignes à des écartements d’au moins 30 cm, la lutte contre I’enherbement est plus facile, car il est possible de passer des houes entre les lignes. Les gains de temps sont appréciables ; 5 à 6 j/ha suffisent avec des houes manuelles alors qu’il faut 20 à 30 j/ha à la main. En cas de succession de cultures, les pépinières peuvent être implantées avant la récolte de la première culture ce qui permet de gagner quelques jours.

Mais le repiquage présente aussi des inconvénients par rapport au semis. II est beaucoup plus exigeant en main-d’œuvre : 20 j/ha avec des plants de 30 à 50 j en repiquage manuel. Les plants subissent un stress lors du repiquage qui se traduit par un allongement du cycle. Mais, globalement, un riz repiqué reste moins longtemps sur la parcelle qu’un riz semé du fait du temps passé en pépinière.

On rappelle que la mécanisation du repiquage nécessite un sous-sol ferme, une boue fluide, homogène, avec un travail plus profond pour le repiquage que pour le semis, et la production de plants homogènes et jeunes. Pour ce faire, les pépinières qui, occupent de l/20e à 1/30’ de la rizière, sont réalisées en petites planches bien planées et soignées où le contrôle de l’eau est parfait. II faut y semer du riz traité et prégermé. Enfin, il faut que la rizière soit prête pour le repiquage à 15-20 jours de pépinière.

Les repiqueuses choisies sont différentes suivant la préparation des plants (figure 9). Ceux-ci peuvent être issus de pépinières Dapog pure (le riz est semé dans une lame d’eau sur une bâche plastique ou dans des plateaux spéciaux), ou Dapog modifiée (le riz est semé sur une bâche plastique avec une petite lame d’eau et 1 cm de terre environ). Les repiqueuses fabriquées au Japon dans les années 70 utilisaient les plants lavés, Elles sont aujourd’hui remplacées par des machines pour plants spéciaux produits industriellement hors sol et achetés par les paysans. Ces repiqueuses autotractées ou autoportées de 2 à 8 rangs doivent travailler sur un sol boueux parfaitement plané à plus OU moins 2,5 cm.

Les performances actuelles avec une repiqueuse 8 rangs sont d’environ 0,4 ha/h. Ces machines peuvent être équipées de fertiliseurs et de distributeurs de pesticides. La vitesse moyenne d’avancement varie entre 0,2 et 0,75 m/s. La densité de repiquage est d’environ 18 à 28 plants/mï.

Le Memento de l'Agriculture, 2002, Cirad, Gret, Mae

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