Fiche technique du thé
Un article de Ngoma.
Le théier
Le théier est originaire de l’Asie du Sud-est et est connu depuis très longtemps des Chinois. II a été introduit sur tous les continents. Son aire de culture principale reste la zone équatoriale en haute altitude, mais il est aussi cultivé en basse altitude sous des latitudes plus tempérées. Le théier est, à l’état naturel, un arbre de plusieurs mètres de haut, maintenu en culture à 60 cm par la pratique d’une taille : le tipping. Cette opération consiste, par des interventions appropriées, à maintenir une table de coupe horizontale au sommet de I’arbuste. C’est à ce niveau que se développent les jeunes pousses qui, cueillies avec précaution, serviront à préparer le thé.
Suivant que les feuilles subissent ou non une fermentation, le thé est noir ou vert et donne une infusion orangée à rouge foncé pour le thé noir et jaunâtre pour le thé vert. Compte tenu de la complexité de la transformation du thé, celle-ci est généralement effectuée en grosse unité de type coopérative ou en usine avec des matériels sophistiqués que nous n’aborderons pas dans ce chapitre.
Ecologie
Le théier pousse dans des conditions écologiques très variées allant du climat équatorial à celles du climat tempéré humide. La pluviométrie doit être abondante et régulièrement répartie. II faut au moins 1 500 mm d’eau par an avec, sous les tropiques, une saison sèche n’excédant pas 3 mois. La température moyenne annuelle idéale est comprise entre 18 et 20°C. Au-dessus de 30°C et en dessous de 12”C, la croissance du théier est compromise. Le théier exige un ensoleillement moyen de 5 heures par jour. Enfin, l’hygrométrie doit être élevée, entre 70 et 90 %. Le climat typique des régions équatoriales à deux saisons des pluies et deux saisons sèches convient bien à la culture du théier, surtout s’il y a des nuits pluvieuses et des journées ensoleillées.
Le théier exige un sol acide à pH compris entre 4,5 et 5,5, bien drainé, à horizon humifère bien développé et réserves minérales élevées. Les meilleures plantations sont installées sur des sols basaltiques non décapés ou des cendres volcaniques.
Les Système de Culture
Les théiers sont généralement cultivés sur des terrains en pente. Compte tenu des moyens nécessaires pour la transformation en thé noir, les champs doivent être regroupés autour de l’usine, ce qui conduit à des structures coopératives ou à des plantations de plusieurs hectares. La fabrication du thé vert est généralement
artisanale, sauf au Japon.
La mécanisation des opérations Culturales
La préparation du sol
Le théier se cultive sur sol de forêt entièrement défriché, mais sans brûlis. Le sol doit être débarrassé des débris végétaux. Après défrichement, il est conseillé d’effectuer un sous-solage de 0,50 à 0,70 m d’écartement et de profondeur pour permettre une meilleure circulation de l’eau. II sera suivi d’un labour à la charrue ou d’un passage aux disques lourds. Après la plantation, il est recommandé de pailler le sol pour limiter les risques d’érosion.
La plantation
Comme pour le café ou le cacaoyer, la multiplication se fait en pépinière, par semis ou par boutures dans des sachets plastiques. Les jeunes plants sont protégés du soleil par la mise en place de haies vives ou de branches coupées. La transplantation se fait une dizaine de mois après la mise en place de la pépinière.
On considère actuellement que les densités inférieures à 7 500 pieds à l’hectare sont antiéconomiques. Les densités les plus courantes se situent entre 10 000 et 15 000 pieds à l’hectare. L’écartement entre lignes se situe autour de 1,20 à 1,50 m et sur la ligne entre 0,60 et 0,90 m. Les haies, généralement simples, peuvent être doubles ou triples et plantées en courbes de niveau.
La trouaison est effectuée peu de temps avant la plantation. Le trou, d’un diamètre de 20 à 30 cm, est généralement creusé à la main. II est possible d’utiliser des tarières, en prenant les mêmes précautions d’ameublissement des parois et du fond que pour le caféier et le cacaoyer. Dans son jeune âge, le théier a besoin d’une protection contre le soleil, le vent desséchant et la grêle. Cet ombrage peut être assuré par un couvert de fougères mais aussi par des haies de légumineuses en interlignes des théiers.
Les engrais sont épandus à la main, en localisation au pied des plants ou dans les interlignes. Les travaux de désherbage sont limités à l’interligne. II sont effectués à la main, soit mécaniquement, soit chimiquement. De petites motobineuses ou des motoculteurs peuvent être utilisés, avec toujours le même souci de ne pas travailler profondément et de ne pas s’approcher trop près des plants pour éviter de blesser les racines.
L’utilisation de débroussailleuses portées permet de motoriser l’entretien d’une couverture permanente dans les interlignes, en s’affranchissant d’un besoin important de main-d’œuvre. La taille de formation doit favoriser la croissance des branches latérales. La première récolte a lieu 2 à 3 ans après la transplantation, après réalisation de la table de cueillette ou tipping. Cette table de coupe monte environ de 5 cm à 10 cm par an. Si l’on démarre avec une table de coupe à 60 cm et que l’on considère que 1 ,lO m est un maximum, une taille de régénération sera nécessaire entre 5 et 10 ans plus tard. Les tailles de formation ou de régénération se réalisent généralement avec des outils manuels. Le développement récent des taille-haies à moteur permet d’envisager leur utilisation pour ce type d’intervention.
La récolte
La cueillette des jeunes pousses de thé est délicate puisqu’elle peut varier d’une plante à l’autre ou d’une période à une autre. Ces jeunes pousses sont constituées d’un bourgeon et de deux ou trois feuilles. Les normes de cueillette varient en fonction de la qualité de thé que l’on désire ; c’est un équilibre entre le rendement et la qualité, les éléments chimiques de la qualité se trouvant en plus grande quantité dans les jeunes feuilles.
Le rendement moyen d’une plantation se situe autour de 1 000 kg/ha, le cycle de cueillette moyen est de 10 jours et la capacité journalière d’une cueilleuse est d’environ 60 kg de feuilles fraîches par jour. On comprend aisément que, si la récolte mécanique semble simple dans son principe, elle soit peut utilisée vu la complexité de la cueillette. Diverses machines ont été mises au point qui permettent de récolter jusqu’à une tonne de feuilles par jour. Elles sont de deux types : automotrices ou portées à dos d’homme.
Les machines automotrices
Les machines automotrices sont généralement des machines de type enjambeur, équipées d’une barre de coupe réglable en hauteur. La récolte est transportée pneumatiquement ou par tapis vers une trémie en attendant le déchargement. Ces machines sont de capacité importante et se justifient sur de grandes exploitations ; certaines sont équipées d’un système de correction de devers pour pouvoir passer en pente (figure 70).
Les machines portées à dos d’homme
Les machines portées à dos d’homme sont principalement d’origine japonaise. Elles peuvent être utilisées par une seule personne ; dans ce cas, le moteur est placé sur le dos du cueilleur et relié à la barre de coupe par un flexible. La largeur de travail se situe aux alentours de 50 cm. Le produit coupé est recueilli, quelquefois soufflé, dans un sac attenant à la barre de coupe. Les machines portées par deux personnes sont basées sur le même principe ; cependant, le moteur est en bout de barre de coupe et la largeur de travail correspond à celle de la table de coupe du théier (figure 71).
Les cueilleuses de thé donnent un produit de mauvaise qualité comparé à celui provenant de la cueillette manuelle, car elles ne permettent pas de choisir les feuilles terminales des jeunes pousses. Après la cueillette mécanique, on doit donc trier à la main le produit obtenu.
Le transport des feuilles de thé vers l’usine de traitement s’effectue avec des remorques ou des camions aménagés pour ne pas tasser les feuilles. Dans certaines régions où les plantations sont petites et disséminées, les transports se font de manière traditionnelle par vélo ou triporteur. La culture du thé reste très manuelle, en dehors de certains pays d’Asie qui ont développé une mécanisation spécifique de la récolte.
La Motorisation dans les cultures tropicales, par Roland pirot, P261-266


