Filière énergie biocarburants et autres combustibles
Un article de Ngoma.
Groupe de contact minagri
Jusqu’au début de l’an 2000, la plupart des pays africains se préoccupaient presque exclusivement de l’agriculture purement alimentaire. Peu à peu, est apparue une nouvelle forme d’agriculture : la culture des plantes à biocarburants. Les biocarburants proviennent de plantes cultivées (huile de palme, canne à sucre, soja, jatropha, tournesol, betterave, colza…) et permettent de remplacer les combustibles fossiles par une énergie renouvelable. Aujourd’hui, le Brésil devient une uissance émergeante au niveau planétaire, grâce notamment aux biocarburants.
Sous la facilitation de la SNV Kinshasa (Organisation Néerlandaise de Développement), la première rencontre du Groupe de Contact Biocarburants en RD Congo s’est tenue le 14 février 2007. Des personnalités représentants le MINAGRI, les entreprises privées et les Organisations Non Gouvernementales de Développement, ont, à cette occasion, échangé leurs connaissances et leurs expériences dans le domaine des biocarburants. L’objectif poursuivi était de développer des actions ayant un impact positif dans la vie des populations des zones reculées où le carburant est inexistant ou, s’il est fourni, coûte très cher.
Ce rapport est le résultat des échanges entre les acteurs et qui ont convenu de se rencontrer encore le mercredi 28 mars pour traiter du cadre légal du secteur énergie alternative en RDC. Une invitation sera envoyée à chaque participant au moment opportun.
Etat des lieux des biocarburants en RDC
1. Huile de Palme
Produite surtout à l’Equateur (Binga, Bossondjo, Basankusu,Gemena) Bas-Congo (Tshela, Boma) Province Orientale (Isangi)
L’huile de palme brute a, depuis très longtemps, été utilisée comme carburant dans les moteurs diesel rustiques. Avec l’amélioration de la mécanique et la sophistication de moteurs pour un meilleur rendement, une adaptation de l’huile ou du moteur devient inéluctable.
Comme biocarburant, l’huile de palme a été expérimentée par GAZOPALM, société privée opérant dans les usines du Groupe Blattner à l’Equateur sur les moteurs diesels. Grande satisfaction : 70 % HP pour 30 % gasoil mais il faut inévitablement une adaptation surtout que les techniciens congolais sont compétents à cet effet. Seulement, il y a manque de partenaires pour fabriquer localement les pièces adaptées et s’approvisionner en pièces de rechange. Utilisée aussi comme pétrole lampant dans plusieurs villages à l’Equateur malgré sa grande viscosité. La production peut augmenter si l’on peut mettre en place un cadre légal avec un code agricole et contexte favorables. Une grande étendue de palmeraies est à valoriser. Le transport fluvial offre plus de possibilités pour une meilleure évacuation vers les centres de consommation. L’organisation de la filière ainsi que l’établissement des normes de production demeurent nécessaires.
2. Canne à sucre
Produite au Bas-Congo (la sucrière Kwilu-Ngongo) L’éthanol est le biocarburant que l’on utilise dans des moteurs adaptés. Pour ce faire, il faut beaucoup d’investissements, ce qui constitue un blocage. Il y a lieu de s’inspirer de l’exemple du Brésil. L’expérience est tentée exclusivement sur les engins de la Sucrière de Kwilu- Ngongo. La bagasse, résidu de la canne à sucre est aussi utilisée en circuit fermé comme combustible et source de l’énergie électrique fournie uniquement à usine et aux résidences du personnel sur place à Kwilu-Ngongo. La sucrière de Kwilu-Ngongo a mis en place un projet pilote dans le cadre de la rotation de cultures, il s’agit de la culture du soja en vue de produire l’huile de soja pouvant servir à l’estérification de l’éthanol (acide de l’huile de soja + alcool de la canne à sucre = éthanol qui devient biocarburant).
3. Soja
Produit dans plusieurs endroits en RDC exclusivement comme farineux et non oléagineux pour en faire un biocarburant. Le soja est riche en protéines végétales et constitue une solution au déficit de cette substance. La société d’élevage JVL, implantée à Kolo-Fuma dans le Bas-Congo possède une plantation pilote en perspective de produire des tourteaux après extraction de l’huile.
4. Jacinthe d’eau Pousse naturellement le long du fleuve Congo et se trouve en très grande quantité. La société COZENOL l’exploite pour produire du biogaz. Constitue une menace environnementale.



