Kinshasa, premier marché du pays,approvisionné par les importations agro-alimentaires, 06/09

Un article de Ngoma.

La province de Kinshasa, occupe une zone plus importante que la seule ville. En effet, la zone urbaine n'occupe que la partie ouest de la province, le sud des communes de la zone des collines restant par endroit rurales et les communes orientales de la province, Nsele et Maluku, étant elles en tout ou partie rurales. Maluku occupe à elle seule 79% du territoire de la province. Sans aucun doute, la périphérie de Kinshasa et sa province dispose de potentialités agricoles importantes et surtout une position géographique privilégiée d’accès immédiat au « principal » marché solvable de la République. Cependant, l’environnement est largement menacé et la ressource, amenuisée. Le déboisement a défiguré la région, et créé des conditions prédisposantes aux érosions tandis que les berges du Pool Malebo n’abritent plus assez d’habitat pour le poisson.

L’élevage devient un phénomène urbain et péri-urbain, l’horticulture s’étend chaque jour un peu plus, à la mesure des besoins de cette mégapole. Cependant, personne ou trop peu de monde ne s’intéressera réellement à la transformation des produits agricoles aux plus values certaines que pourraient apporter un conditionnement adéquat, des emballages et autant de présentations attractives qu’un délai de conservation, intéressant tout autant le vendeur que l’acheteur final. Dès lors, ce sont les produits importés qui dominent le marché : une dépendance alimentaire bien installée dont le cordon ombilical n’est autre que la meilleure route du pays : Matadi-Kinshasa. Mais l’hygiène alimentaire sur les marchés de la capitale est douteuse et les produits du terroir n’ont pas encore fait leur apparition dans les étalages de la moyenne (grande) distribution. Les magasins alimentaires de luxe préfèrent encore l’approvisionnement régulier, sûr, mais cher, en provenance de l’Europe plutôt que des achats locaux, de produits locaux, plus rares et de qualité instable. Il est vrai qu’il n’y a aucune infrastructure communautaire spécifique, tel un abattoir, des silos, des chambres froides …

Il est donc clair que le Conseil Agricole Rural de Gestion à aussi sa place dans la Province de Kinshasa. 4 CARG ont déjà été installé, notamment celui de Tshangu, Funa, Mont Amba et Lukunga. Au mois de février 2009, une structure de coordination provinciale de tout les quatre Conseils Agricoles Ruraux de Gestion, dénommée Conseil Consultatif Provincial (CCP) a été installé officiellement dans le but d'élaborer le Plan de Développement Agricole Provincial. Le CCP est l'aboutissement d'un processus de tenues des forums sur le CARG à travers les quatre districts de Kinshasa. Il est composé de 37 membres dont les 2/3 sont de la société civile. Présidé par le Gouverneur de la ville de Kinshasa, le CCP est appelé à faire de la ville de Kinshasa un grenier agricole afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des autres provinces et l'importation extérieure.

Pour les mois qui viennent les membres des 4 CARG et les membres du CCP de Kinshasa bénéficieront d'une formation sur 7 sujets différents: 1. Régionalisation comme nouveau mode de gestion des provinces

2. Rôle de l'Etat dans le CARG

3. Méthode d'élaboration de rapports d'activités

4. Méthode d'élaboration et mise en oeuvre du Plan de Développement Agricole

5. Entrepreneuriat et transferts des activités marchandes aux opérateurs privés du secteur agricole

6. Reconversion du personnel non utilisable

7. Identification des acteurs de développement.

Les dates et les lieu de formation seront communiqué aux membres des CARG et du CCP.

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