L’IMPLICATION DES EGLISES DANS LE SECTEUR AGRICOLE 09/09

Un article de Ngoma.

« En province de l’Equateur, les structures de l’Etat, comme les inspections agricoles, ne sont pas fonctionnelles, et ne sont pas capable d’organiser seules un Conseil Agricole au niveau de la communauté et des villages. A côté de l’Etat, on retrouve pourtant des Eglises, et plus particulièrement l’Eglise catholique avec Caritas, et la Communauté Evangélique de l’Ubangi Mongala (CEUM) qui sont déjà installées à tous les niveaux du développement, et ce depuis bien longtemps. Quand on se promène dans les campagnes, la présence des différentes autres confessions religieuses est également remarquable dans chaque village. Leur implication dans le secteur agricole s’avère importante », observe Franz Schorosch, le consultant international pour le Projet d’Appui à la Relance et à la Réhabilitation de l’Agriculture, futur projet financé par la Banque Mondiale, dans la Province de l’Equateur. Lors d’une récente mission dans cette partie de la République, il a pu palper cette réalité, et a notamment constaté que les églises ont organisé des champs communautaires presque partout. Celles-ci peuvent donc servir de voie d’entrée pour la vulgarisation, la diffusion de matériel, des semences et des géniteurs améliorés. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut exclure les services de l’Etat. Pour l’expert, il faudrait plutôt mettre en place une nouvelle répartition du travail entre la société civile et l’Etat, tel que le CARG le propose. Les fonctionnaires de l’Etat, c’est-à-dire ceux du Ministère de l’Agriculture et du Développement rural, devraient se concentrer sur les aspects de conception, de planification, de suivi et de relation sur le terrain. Tandis que l’exécution du travail d’encadrement de terrain du Conseil Agricole, c’est-à-dire les échanges qui doivent exister entre les producteurs et les conseillers, pourrait être confiée aux personnels des Eglises, qui sont, pour la plupart, des bénévoles et non des fonctionnaires, ni même des employés. Ils ne reçoivent que des petites primes ou compensations pour leurs services. Selon Franz Schorosch, le problème qui se pose alors est leur manque de professionnalisme. Il faudrait investir dans la formation de ce personnel et dans sa mobilité, et ce dans la perspective de la mise en œuvre des projets en préparation.

« Hormis les Eglises, on peut aussi compter sur l’implication des ONG dans la province », ajoute le consultant international.A ce sujet, il souligne cependant que les ONG ne sont pas encore implantées sur le terrain aussi durablement que les Eglises catholique, protestante, kimbanguiste, de réveil ou musulmane. En effet, la force des confessions religieuses se situe dans leur ancienneté. Bien qu’elles interviennent dans l’encadrement spirituel de leurs fidèles, elles s’intéressent aujourd’hui d’avantage au côté matériel, c’est-à-dire comment faire en sorte pour que ceux-ci jouissent d’une vie meilleure, et comment les aider sur le plan économique.

« Le fait d’être présentes depuis longtemps leur donne l’avantage de mieux connaître le terrain. On constate d’ailleurs que dans les différents documents qu’elles ont rédigés, les préoccupations de développement des Eglises ne sont pas différentes de celles des ONG, des organisations internationales à l’instar de la Banque Mondiale ou de n’importe quelle autre structure laïque de développement », fait remarquer Franz Schorosch.

Selon son observation personnelle, le consultant international pense que pour bâtir un développement durable dans une province enclavée comme l’Equateur, et pour donner accès à de nouvelles technologies à la RDC, il faudra impérativement impliquer d’avantage les Eglises.

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