L’expérience du PNDRT sur l’approche « Champ Ecole Paysan » dans la filière manioc au Cameroun

Un article de Ngoma.

Le Champ Ecole Paysan (CEP), lieu d’apprentissage par l’observation et la pratique, permet d’appuyer les producteurs à développer leurs capacités de:

  • (i) identification, analyse et interprétation des informations de base,
  • (ii) prise de décisions après leurs propres expérimentations,
  • (iii) évaluation des résultats d’essais comparatifs de technologies potentielles et
  • iv) partage des expériences avec d’autres agriculteurs.

Afin de permettre aux producteurs/productrices de manioc de disposer d’un matériel végétal sain, performant et pouvant améliorer le rendement, le PNDRT (Programme National de Développement des Racines et Tubercules du Cameroun) a opté pour le transfert des techniques de Production et de Protection Intégrée (PPI) de racines et tubercules à travers le développement en milieu paysan des Champs Ecoles Paysan (CEP). Sur la base de leurs potentiels et des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, les producteurs participent ainsi à la recherche d’options appropriées et à la prise de décisions à partir de leur propre analyse (connaissances et expériences locales) et dans leur propre système de production.

Outre les solutions propres générées par les membres du CEP, les facilitateurs proposent des options, en réponse aux préoccupations des productrices des Racines et Tubercules. Ainsi le champ école, lieu d’apprentissage par l’observation et la pratique, permet d’appuyer les producteurs à renforcer leurs capacités de :

  • Identification, analyse et interprétation des informations de base,
  • Prise de décisions après analyse de leurs propres expérimentations,
  • Evaluation des résultats d’essais comparatifs de technologies potentielles (et partage des décisions),
  • Partage/Echange des expériences avec d’autres agriculteurs notamment les paysans novateurs.

En synergie avec la FAO à travers son projet TCP/CMR/2902-D, le PNDRT a pris en 2004 l’initiative de former des facilitateurs en CEP, et les producteurs de manioc par le biais de l’approche Champs Ecoles Paysan. Ainsi, des ateliers introductifs aux concepts et méthodologie d’application des CEP ont été organisés, des sessions de formation des facilitateurs ont eu lieu de mai 2005 à juin 2006, un champ de formation des facilitateurs en CEP a été implanté à Ongot, bourgade située à une quinzaine de kilomètres de Yaoundé.

Au total, dix (10) CEP ont été installés dans les cinq (05) antennes régionales du PNDRT. Le suivi des activités dans les CEP était assuré par l’Ingénieur polyvalent de l’Antenne PNDRT concernée à une fréquence d’au moins une visite par mois et par CEP. Aussi, pour ce qui est du renforcement des capacités, un pole composé de 10 facilitateurs en CEP de manioc a été mis en place. Ils ont pour rôle d’encadrer les productrices/producteurs de manioc dans les CEP.

Aujourd’hui, les résultats sont encourageants :

  • En termes de CEP de manioc, 309 producteurs dont 252 femmes et 57 hommes issus de 41 villages ont été formés en techniques de production et de protection intégrée du manioc à travers l’approche CEP.
  • En termes de matériel végétal, 70.842 boutures de manioc de variété améliorée ont été produites dans les 10 CEP implantés dans les cinq antennes du PNDRT. En outre, les producteurs formés maitrisent les maladies et ravageurs du manioc.
  • En termes de rendement, les productrices obtiennent en moyenne 40 tonnes/ha à travers les CEP, contre 10 tonnes/ha en pratique paysanne. Les boutures de manioc améliorées qu’elles produisent se vendent à 25 FCFA l’unité (boutures de 25 - 30 cm), contre 10 FCFA quand il s’agit des variétés locales.

De ce qui précède, on a pu remarquer que les techniques de Production et de Protection Intégrées :

  • contribuent à l’augmentation du rendement,
  • permettent de produire du matériel végétal performant et sain qui est une source de revenus, en plus des tubercules,
  • sont facilement adoptées par les organisations paysannes,
  • Font des producteurs/productrices de manioc, de véritables experts.

Vu les résultats satisfaisants obtenus en 2004/2005, le PNDRT est passé de 10 à 20 CEP en 2005-2006. Chaque année le nombre de CEP va croître afin de permettre à un nombre d’organisations paysannes plus important de bénéficier des apports des techniques de production et protection intégrée.

________________________________________ Contact utile : M. André Mbairanodji Responsable de la Composante Production et Transformation post Récolte Tel +237 222 73 25 mbaira@netcourrier.com ________________________________________ http://www.fidafrique.net/article845.html

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