LES CARG ET LA FILIERE CAFE CACAO 09/09
Un article de Ngoma.
I .IMPLANTATION DES CARG
Au mois d’août, deux CARG ont été implantés dans la Province du Bas-Congo, l’un à Luozi, dans le district des Cataractes et l’autre à Moanda, territoire attaché à la ville de Boma. Le consultant itinérant de la province, l’Ir. Jean Mabeka Mantuika, a observé une dynamique positive autour de cette implantation.
A Luozi, il s’agit particulièrement de la prise en charge matérielle et financière par les membres dans la mise en place du Conseil Agricole Rural de Gestion. Pour les acteurs de ce CARG et pour l’Administrateur du Territoire, cette installation tombe à pic car elle répond aux préoccupations des agriculteurs. En effet, l’atout de cette structure est qu’elle permet aux agriculteurs de poser leurs problèmes auprès de l’autorité compétente. Au total, 43 participants ont pris part à cette implantation.
A Moanda, la procédure d’installation ne s’est pas déroulée comme d’habitude. La mise en place a été faite par les acteurs qui n’avaient reçu aucune formation préalable. Il semblerait que cette précipitation soit due au fait que les membres ayant eu vent des avantages des CARG dans les autres territoires, aient voulu manifester leur engouement en devançant l’arrivée des formateurs. En effet, on compte déjà sept CARG sur cette partie de la province. Mais vu que les normes de mise en place d’un CARG n’ont pas été respectées, notamment l’élection des membres et non leur désignation comme ce fut le cas à Moanda, ce conseil a du être réorganisé. Au total, 48 participants ont bénéficié de la formation. Hormis l’installation des CARG, l’Ir. Jean Mabeka a mis en avant différentes préoccupations formulées par les participants, à savoir :
- la difficulté de transporter les produits agricoles ;
- la dégénérescence ou le manque de semences ;
- le mauvais état des routes de desserte agricole ;
- les problèmes d’adduction d’eau ou d’aménagement de sources d’eau potable ;
- l’insuffisance en formation des paysans.
Le consultant itinérant a tenu à évoquer un problème majeur, celui de la distribution des terres. « Les terres sont présentes, mais appartiennent au système coutumier et sont confrontées à l’afflux des investisseurs. Malheureusement, la distribution a privé la population de son droit de jouissance sur ses terres. Les CARG sont maintenant un cadre qui permettra aux concernés de réfléchir, et de se concerter sur des solutions pouvant permettre la redistribution des terres à la population en termes de gagnant-gagnant, c’est-à-dire l’apport de financements et de technologies auprès d’elle pour acquérir une vision unique pour leur avancement », a déclaré l’ingénieur. Il ajoute : « Concernant les problèmes financiers, il faut signaler la présence de sociétés pétrolières, qui disposent de moyens pour en principe contribuer au développement du territoire ».
Parmi les retombées des activités des sept CARG déjà implantés, l’expert retient particulièrement leur auto-prise en charge du point de vue financier, et leur projet d’organiser une foire agricole. La maire de la ville de Boma souhaiterait que sa juridiction bénéficie également de cette structure. Elle s’active déjà à la recherche des terres pour lancer les activités agricoles. Ce que confirme l’Ir Jean MABEKA: « Le constat d’un véritable engouement concernant le Conseil Agricole Rural de Gestion dans le Bas-Congo est dû au message véhiculé sur les CARG. En effet, grâce à ce cadre, l’Etat ne mène plus la danse comme auparavant. Les acteurs ont un meilleur accès à l’information et la communication est plus fluide ».
II. ATELIER FILIERE CAFE- CACAO
En août dernier, un atelier sur les filières café et cacao a été organisé à Boma en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et l’organisation « Café Africa », représentée par son expert des études café cacao, Philippe Dubé. Le principal objectif de cette rencontre était la relance de cette filière, non seulement dans la Province du Bas- Congo, mais également dans tout le pays.
La relance de la filière café cacao
, L’organisation « Café Africa » mène un plaidoyer auprès des institutions internationales en faveur de la relance des filières café cacao dans les provinces de la RDC. En août et septembre derniers, Philippe Dubé a s’est rendu en RDC avec pour objectif de dynamiser ces deux filières.
Les comités provinciaux « café-cacao » regroupant les différents acteurs (FEC, producteurs, commerçants, exportateurs, organisations paysannes, ONC, Minagri, ONGD d’encadrement…) doivent déterminer et actualiser les contraintes, les solutions ainsi que les premières actions à mener dans ces deux filières.
Une réunion nationale, prévue en novembre 2009, validera un plan national café cacao pour la RDC, qui sera le reflet de la volonté de tous les acteurs, issus de société civile ou de l’Etat. Le Ministère de l’Agriculture appuie cette organisation des filières dans le cadre du processus des Conseils Agricoles Ruraux de Gestion et de la privatisation de ce secteur. Le Secrétaire Général avait déjà confirmé la création de ces comités provinciaux café-cacao par sa correspondance de décembre 2008.
1. Le café
Dans de nombreux pays tropicaux, la culture du café est très développée dans des plantations destinées aux marchés d’exportation. Le café est l’une des principales denrées d’origine agricole échangées sur les marchés internationaux, et contribue souvent aux volumes des exportations des régions productrices.
Le caféier provient probablement de la Province de Kaffa en Ethiopie.. La légende la plus répandue veut qu’un berger d’Abyssinie (l’actuelle Ethiopie) ait remarqué l’effet tonifiant de cet arbuste sur ses chèvres qui en avaient consommé. Une autre hypothèse soutient que le berger aurait accidentellement fait tomber une branche de cet arbuste sur une poêle, puis en aurait remarqué l’arome délicieux qui s’en dégageait.
Concernant le café en RDC, selon les résultats des réflexions de Philippe Dubé, la culture du café doit faire face à plusieurs problèmes notamment :
- le vieillissement des plantations,
- la variété dégénérée,
- le manque de matériels techniques aratoires et de transformation,
- l’insuffisance d’encadrement technique,
- le peu d’intérêt à la commercialisation du café.
Dans sa superficie, l’exploitation du café s’étend sur 26.697 hec dans le Bas- Fleuve. La production sur le marché s’évalue à 480,8 t soit 226 kg/hec. Sa concession est de 520,8 hec.
2. Le cacao
Selon une étude réalisée par la Banque Mondiale sur les cultures de rente en RDC, le cacao constitue l’activité de choix à promouvoir pour améliorer le revenu du paysannat congolais. Elle est facile à pratiquer, le climat équatorial humide caractéristique de la plus grande partie du pays est favorable à cette culture et la taille du pays fait qu’il n’y a guère de limite à son extension. Cette culture peut se développer dans près de la moitié des futures 26 provinces de la République. En effet, la RDC est 6 fois plus grande que la Côte d’Ivoire qui détient 45% de la production cacaoyère mondiale, et qui a bâti son économie sur ce produit. Mais la Côte d’Ivoire est arrivée à la limite de l’extension de cette culture en raison du changement climatique, du vieillissement des plantations, des problèmes fonciers, de la fiscalité excessive… alors que la demande en cacao sur le marché mondial croît de 2,5% par an. La RDCongo dispose donc des plus grandes réserves de terres propices à cette culture.
D’après les chiffres, l’exploitation du cacao se présente comme suit :
- planteur organisé : 790 hec,
- jeune plantation : 420 hec,
- extension : 215 hec,
- concession : inconnu,
- production : 800 t/an.
Les difficultés rencontrées avec cette culture sont notamment les suivantes :
- une production de bonne qualité, mais des problèmes dans la transformation des feuilles humides,
- l’insuffisance de matériel de séchage. Sur ce point, certains observateurs notent que des méthodes simples peuvent être vulgarisées.
- le manque d’information entre les grands concessionnaires et les paysans qui produisent pourtant une partie de la production.

