La contradiction du secteur rural: un potentiel immense, une pauvrété absolue
Un article de Ngoma.
La RDC jouit de conditions naturelles particulièrement favorables aux activités agricoles: des pluies en quantités suffisantes, qui permettent deux saisons culturales par an, un important réseau hydrographique, la fertilité des sols et un large ensoleillement. Le pays se caractérise également par la diversité des conditions climatiques et géologiques, ce qui permettrait une grande diversité de cultures.
La RDC dispose d’environ 135 millions hectares de terres agricoles, dont seulement 10 % sont mises en valeur. Ces terres comprennent des zones humides (56 %), des zones subhumides (20 %), des zones situées le long de cours d’eau (17 %) et des terres dont l’utilisation aux fins agricoles nécessitent des aménagements peu importants (7 %).
Ce territoire se divise en trois grandes zones agro-écologiques:
- La cuvette centrale s’étend sur le tiers du territoire,
avec une combinaison de forêts équatoriales et de marais; le fleuve Congo, long de 4 700 kilomètres et ses nombreux affluents arrosent cette partie centrale du pays qui est peu peuplée.
- Les plateaux bordant la cuvette centrale sont couverts
de savanes et sont nettement plus peuplés et la pression sur l’environnement se fait sentir (charbon de bois).
- Les massifs de l’Est, principalement constitués par la
zone montagneuse des Kivus, sont caractérisés par une densité de population très élevée.
L’agriculture vivrière représente l’essentiel de la production
à travers de petites exploitations paysannes dans les
zones rurales et depuis les dernières années, dans les zones
périphériques des grands centres urbains de Kinshasa,
Lubumbashi et Mbuji-Mayi. L’utilisation d’engrais et autres
intrants externes est très peu développée et les systèmes
de production sont essentiellement pluviaux. Les productions
vivrières sont dominées par le manioc (72 % de la
production totale en poids), suivi par la banane (8 %), les
fruits (5 %), le maïs (4 %), l’arachide, les légumes, le riz et la
patate douce (environ 2 % chacun).
Au cours de la décennie 1980, la RDC a joué un rôle important
sur les marchés internationaux pour un certain
nombre de produits - qui représentaient des sources importantes
de devises pour le pays - comme le café, le coton,
le thé, le caoutchouc, l’huile de palme, le cacao, le quinquina,
l’oignon, les fruits (bananes, mangues, etc.) et les légumes.
Aujourd’hui les exportations agricoles de la RDC sont devenues
marginales, sauf au départ du Sud- et Nord-Kivu avec
principalement le thé, le café, la papaine et le quinquina.
L’élevage est relativement peu répandu sur l’ensemble du
territoire et est composé de deux types d’activités principales:
- (i) une production animale à cycle court dominée par les
volailles, porcins et caprins.
- (ii) un élevage traditionnel et extensif de ruminants, bovins
et petits ruminants en général, notamment dans le Bandundu, la Province Orientale, le Sud- et le Nord-Kivu et le Katanga.
La pêche est essentiellement pratiquée à l’échelle artisanale.
La pêche fluviale et lacustre est très pratiquée sur l’ensemble
du réseau hydrographique ainsi que sur les grands lacs
de l’Est du pays. Elle représente une ressource alimentaire
importante pour une grande partie de la population.
LES INFRASTRUCTURES RURALES
Dans un pays de la taille de la RDC, le réseau de voies de communications locales est absolument essentiel pour le développement de l’activité agricole et plus généralement pour la vie des communautés rurales. Ce réseau théorique est constitué de 87 000 kilomètres de routes de désserte agricole, qui sont souvent de simples chemins de terre en très mauvais état (dont un réseau prioritaire de 56 000 km) ainsi que d’un réseau lacustre et fluvial dense qui permet de relier les zones rurales aux grandes voies navigables et aux centres de consommation.
La Voix du Congo Profond, RDCongo Pays Magnifique (P.16-17)



