PROGRAME COMUN DU GOUVERNEMENT POUR LE SECTEUR AGRICOLE
L’insécurité alimentaire et la sous-alimentation affectent plus de 70 % de la population de la RDC. Cette situation s’avère très préoccupante au regard des « Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) » parmi lesquels figure la réduction de moitié, à l’horizon 2015, du nombre de sous-alimentés et de celui des plus pauvres en général.
Contribution du secteur agricole à l’économie nationale
La RDC est un pays à vocation agricole en ce que près de 70 % de sa population vit en milieu rural et dépend de l’activité agricole. Le potentiel de ce secteur, le prédispose à jouer un rôle important dans le développement socio-économique du pays. Le potentiel correspond à :
- 80 millions d’hectares de terres arables avec un bon potentiel de fertilité en général ;
- 4 millions d’hectares des terres irrigables ;
- Une diversité climatique et un réseau hydrographique important permettant de pratiquer une gamme variée de cultures ;
- Un potentiel de pâturages pour l’élevage d’environ 40 millions de bovins ;
- 125 millions d’hectares de forêts tropicales
Objectif
L’objectif est celui d’un développement agricole durable qui sauvegarde le patrimoine productif et qui constitue le socle de la relance de l’économie nationale. La valeur ajoutée ainsi créée permettra à la population d’assurer ses besoins sociaux de base, tels les soins médicaux, l’éducation des enfants, l’eau et l’énergie, l’habitat... les grands chantiers du Président Kabila.
Vision du Gouvernement
La vision du Gouvernement s’appuie sur le fait qu’il est démontré qu’une augmentation de 10 % de la production agricole peut se traduire par une diminution de plus de 7 % du nombre des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté (1). La lutte contre la pauvreté passe donc nécessairement par la relance du secteur agricole, auquel on reconnaît une capacité de création d’emplois que l’on ne retrouve pas dans les autres secteurs. Le programme commun du Gouvernement vise donc à remédier aux principaux problèmes, redresser l’encadrement institutionnel, stimuler le secteur privé avec notamment une fiscalité adaptée, un régime foncier transparent. Le Gouvernement souhaite aussi stimuler des services financiers et de crédit, réhabiliter le réseau de transport, renforcer l’encadrement des agriculteurs dans les différentes filières.
- 1. Planification nationale de la relance agricole, basée sur la décentralisation des services agricoles. Renforcement de la capacité institutionnelle centrale et surtout provinciale.
- 2. Mise en valeur des potentialités des provinces dans le respect de l’environnement et de la sauvegarde de la base productive naturelle.
- 3. Recentrage de l’Etat sur les fonctions régaliennes de planification et de contrôle (maladies, législation, et certification …). Privatisation des services agricoles.
- 4. Confirmation d’une législation foncière sécurisante ; harmonisation des cadastres minier, forestier, agricole. Délimitation de périmètres et régions exclusivement
dévolues aux activités agricoles, de pêche et d’élevage.
- 5. Elaboration d’un code agricole spécifique sur modèle du code minier avec accès automatique à tous les agriculteurs pour donner une sécurité sur le plan
foncier, fiscal, et par rapport aux taxes des entités décentralisées qui seront allégées.
- 6. Favoriser l’émergence d’un secteur privé compétitif. Réalisation de transfert des capacités de l’Etat et de son administration vers le secteur privé.
- 7. Instaurer les mesures d’attrait pour favoriser l’implantation de services financiers et institutions de financement et de micro crédit destinés aux agriculteurs, pêcheurs et éleveurs.
- 8. Encadrement des agriculteurs par la politique de commercialisation, du crédit de mécanisation agricole ; acquisition et distribution d’intrants agricoles
et de semences de qualité.
- 9. Favoriser la réhabilitation du réseau de transport, avec priorité sur le réseau fluvial et ferroviaire pour l’évacuation de la production agricole.
- 10. Renforcement général de la formation, l’information,l’encadrement (formations agricoles) pour un développement agricole qui se fonde sur les organisations paysannes.
- 11. Réserver les aides d’urgence et l’assistance humanitaire aux seules populations vulnérables ; inciter les agences humanitaires à acheter les vivres de première nécessité en RD Congo.
- 12. Développement de grandes filières agricoles, de pêche et d’élevage, créatrices d’emplois, de revenus ; relance des cultures pérennes ou de rente (café,
cacao, palmier, hévéa, coton, thé, quinquina, …) Développement de l’industrie agro-alimentaire, de stockage, transformation, conditionnement, emballage des produits agricoles, d’élevage et de pêche.
- 13. Création d’une synergie d’harmonisation à partir du DSCRP et des démarches des bailleurs de fonds avec pour but d’assurer la coordination et l’harmonisation pour aboutir à l’intégration des programmes et plans de relance agricole à l’échelle nationale et provinciale. Respect des accords de Maputo qui vise à consacrer 10 % du budget de l’Etat au secteur agricole avec incitations des bailleurs de fonds à consacrer également au minimum 10 % de leurs enveloppes budgétaires au développement agricole en RDC.
Au stade actuel, on estime que moins de 10 % des terres agricoles du pays sont mises en valeur. La réalisation du potentiel du secteur agricole de la RDC se heurte à cinq obstacles sérieux :
- i) La grande détérioration et le caractère non fonctionnel du système de transport;
- ii) Une technologie de production encore rudimentaire;
- iii) La faiblesse des capacités institutionnelles;
- iv) Les règlements et les politiques budgétaires non propices à des activités économiques productives, avec une multitude d’impôts à tous les niveaux;
- v) La décapitalisation de tous les acteurs du secteur agricole. L’Etat consentira 10 % de son budget au secteur agricole compte tenu de l’importance qu’il représente pour la population, et ce, conformément aux engagements de la RDC (Déclaration de Maputo).
L’application rigoureuse de ce programme commun, va rassurer la population, l’encourager à se mettre au travail, provoquer une amélioration de la productivité.
Un tel programme se fera en partenariat étroit avec les bailleurs de fonds, dans un contexte de responsabilité mutuelle tel que défini dans la Déclaration de Paris.
Programme concret de 100 jours du Gouvernement dans le secteur agricole
- 1. Présentation au Gouvernement et aux Chambres, des documents législatifs essentiels du cadre légal et institutionnel qui doit favoriser le développement et l’investissement dans le secteur agricole, pêche, élevage : l’adoption de ces textes donnera un signal fort d’encouragement et d’émulation au secteur privé agricole, aux associations paysannes, aux ONGDs d’encadrement.
- Note de politique agricole et objectifs du Gouvernement ;
- Code agricole (fiscalité spécifique au secteur agricole) ;
- Projets de lois sur les légalisations semencières, pêche, …
- 2. Tenue de la table ronde agricole de la Province de l’Equateur, après celles tenues au Katanga et au Bas-Congo.
- 3. Démarrage des études et processus de table ronde dans le Bandundu et dans la Province Orientale ; animation de la production périurbaine autour de la capitale et des grandes villes ; stimuler l’évacuation des produits agricoles vers les grands centres de consommation.
- 4. Organisation à Kinshasa d’un séminaire sur la décentralisation des services agricoles, ici dans le but d’amorcer une rencontre entre opérateurs du secteur et la Nouvelle Autorité politique dans le cadre du partenariat « Etat/Privé ».
- 5. Démarrage officiel du plan de la réforme des services du Ministère de l’Agriculture.
- 6. Harmonisation du contenu de DSCRP avec la politique agricole nationale du Gouvernement.
- 7. Mise en chantier des groupes de travail et de plan ébauche du plan national sur les filières créatrices d’emplois et de revenus en tenant compte de la mécanisation agricole, du matériel végétal de qualité, de la formation et de l’encadrement,
- manioc
- banane
- cacao
- café, thé, quinquina
- palmier
- bio carburants
- pêche
- 8. Disponibilisation d’intrants agricoles et semences dans les provinces à haut potentiel agricole.
- 9. Animation de comités provinciaux de conseil agricole dans le but de conscientisation, d’information, de diffusion sur les techniques prix et marchés, …
- 10. Préparation d’un programme pour favoriser l’évacuation des produits agricoles disponibles en milieux périurbains vers les centres de consommation.
(Footnotes)
1 DSCRP (mars 2006), pp 39 et 64. |