Le miel des bonnes affaires

Un article de Ngoma.

Apiculture

Le miel des bonnes affaires

L’apiculture offre de bonnes perspectives aux petits producteurs des pays ACp, en particulier dans les zones rurales isolées. Grâce à une demande croissante en miel et produits apicoles de qualité, l’occasion n’a jamais été aussi belle d’obtenir de bons prix à l’exportation.

À Itumbauzo, zone rurale du sud-est du Nigeria, les petits agriculteurs se sont mis à l’apiculture, qui leur procure un complément de revenus et d’alimentation. Ils ont acquis les compétences de base et appris à construire des ruches à barres “Top-Bar” et des pièges à essaim. Conscients de la nécessité de s’unir pour augmenter leurs chances d’accéder au marché, ils ont formé l’Association apicole d’Itumbauzo et construit un entrepôt dans le village.

L’apiculture offre des perspectives aux ménages ruraux, surtout aux familles vulnérables qui vivent dans des endroits reculés. Elle est pratiquée depuis longtemps en Afrique, dans les Caraïbes et le Pacifique, mais, jusqu’à peu, surtout pour l’autoconsommation, le commerce informel et le troc.

Dans toutes les régions ACP, les marchés d’exportation ont été peu exploités. Ils sont pourtant une source potentielle de profit.

La valeur des abeilles

Le prix du miel, produit principal des abeilles, varie énormément et peut aller jusqu’à 1,70 € le kilo sur le marché international. D’autres produits de la ruche atteignent des prix supérieurs. La demande pour la cire d’abeille, la gelée royale, le pollen et la propolis est en hausse. Elle émane des industries alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques, ainsi que du secteur des médecines naturelles, en pleine expansion. Selon la FAO, les exportations mondiales de miel en 2003 se sont élevées à 1,35 million de tonnes équivalant à 452 millions $ US (350 millions €), mais la majeure partie de la production — environ 67 % — est écoulée sur les marchés intérieurs.

En Afrique comme dans d’autres régions ACP, le miel est habituellement vendu sur les marchés locaux ; seule une petite quantité est exportée. médicaments pour rester en bonne santé. Cet argument peut faciliter l’entrée sur le marché lucratif des miels spéciaux. En outre, des groupements de producteurs peuvent gagner plus grâce à la certification. Le marché du miel équitable grandit avec, en tête des acheteurs, la Suisse, l’Allemagne et le Royaume-Uni, et une demande en hausse en Arabie Saoudite, en Australie et au Japon.

Mais la certification, surtout celle de Fair Trade Labelling Organizations International (FLO) exigée par beaucoup d’importateurs, n’est pas facile à obtenir pour les petits apiculteurs. À ce jour, la seule association de producteurs africains à avoir décroché la certification FLO est celle des Produits apicoles du Nord-Ouest en Zambie, qui compte 6 500 membres.

Lors de l’atelier sur le commerce apicole africain organisé par BfD en Ouganda, en octobre 2006, des importateurs britanniques et belges ont confirmé qu’ils recherchaient du miel certifié FLO en provenance d’Afrique. La certification biologique est un autre moyen d’augmenter la valeur du miel, mais elle ne va pas de soi. En effet, les critères de l’UE, élaborés pour l’apiculture européenne, s’appliquent mal au contexte africain.

Un programme lancé par BfD et d’autres organisations basées au Royaume-uni a permis à un certain nombre d’apiculteurs de répondre aux critères d’importation de l’UE. Au début du programme, en 2003, seules la Zambie et la Tanzanie satisfaisaient à ces exigences relatives aux antibiotiques et autres résidus. Elles ont depuis été rejointes par l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Ouganda, ainsi que le Belize et la Jamaïque.

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