Les énergies fossiles ne sont pas les seules

Un article de Ngoma.

Actuellement le pétrole satisfait 40% de nos besoins, le gaz et le charbon 25% chacun, le solde provenant d’autres sources d’énergie comme le nucléaires, l’hydroélectrique ou l’éolien. A court terme il n’y a pas de réelles difficultés car les réserves extractibles dans les conditions économiques et techniques actuelles sont de 40 ans pour le pétrole, 65 ans pour le gaz et 200 ans pour le charbon. Mais à long terme, un décrochage énergétique semble inéluctable. De plus l’essentiel des réserves de pétrole est concentré entre le Qatar (Emirat du Moyen Orient), la Russie et l’Iran, ce qui est source de tensions internationales. CONSOMMATION MONDIALE D’ÉNERGIE (HORS BOIS) en millions de tonnes équivalent pétrole

Les sources traditionnelles d’énergie posent aujourd’hui de nombreux problèmes:

  • Les stocks des énergies fossiles sont en

quantité limitée, elles sont épuisables. Or la consommation de ces énergies ne cesse de croître, les rendant de plus en plus difficiles et coûteuses à exploiter, ce qui en augmente les prix.

  • Les gisements sont géographiquement limités

puisque le Moyen Orient détient environ 70% des réserves connues de pétrole, et les pays de l’ancienne Europe de l’Est, de l’ancienne URSS et du Moyen orient détiennent 80 % des réserves connues de gaz. Ce qui engendre une tension sur les prix et une insécurité sur l’approvisionnement.

  • Les combustibles fossiles contribuent

massivement au réchauffement progressif de la Terre par le phénomène de ‘l’effet de serre’ à cause du CO2 que leur combustion rejette dans l’atmosphère tout en la polluant.

  • Il y a permanence et aggravation du nondéveloppement

économique et social de pays et régions qui ne peuvent avoir accès à des formes modernes d’énergies, notamment l’électricité (environ deux milliards de personnes n’y ont pas accès). Les investissements pour y parvenir sont trop lourds et l’approvisionnement de tels systèmes en énergies fossiles importées mènerait ces pays à une dépendance énergétique inacceptable.

Sommaire

L’ESSOR DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Face à ces constats, les politiques énergétiques s’orientent essentiellement vers une limitation de la consommation énergétique. En plus du secteur des transports, c’est dans les secteurs de production d’électricité et les secteurs industriels, à l’origine de près de deux tiers des émissions de CO2, que devront se concentrer les efforts. La piste de la diversification de l’offre énergétique est également explorée. Il s’agirait d’accorder une plus grande place au nucléaire et aux énergies renouvelables, tout en intégrant le fait que toutes les énergies ne sont pas substituables les unes aux autres. Elles sont complémentaires. La production d’électricité à partir du solaire, de l’éolien, de l’hydraulique à une contribution positive sur l’environnement puisque ces énergies n’émettent pas de CO2.

ENERGIE ISSUE DE LA BIOMASSE

La biomasse englobe l’ensemble de la matière vivante (végétale et animale). Les trois sources d’énergies principales qui en découlent sont le bois, le biogaz et les biocarburants. Le bois est la plus ancienne source d’énergie utilisée par l’homme. Et bien que peu utilisé en Europe aujourd’hui, il reste la première source d’énergie pour plusieurs milliards de personnes dans le monde (cuisine et chauffage), notamment en RDC. Le biogaz est produit à partir de déchets biodégradables. Il ressemble au gaz naturel, mais n’est pas une énergie fossile. Les bio-carburants sont fabriqués à partir de produits de l’agriculture. Ils peuvent être utilisés en remplacement de l’essence, du fuel ou du gasoil, ou mélangés en petites quantités dans ces carburants. Ces sources d’énergie sont renouvelables, à condition, bien sûr, qu’on replante des végétaux, au fur et à mesure qu’on en récolte. La manière de les cultiver importe également: une éventuelle utilisation d’engrais et de pesticides chimiques, eux-mêmes nécessitant du pétrole pour leur fabrication, peut relativiser leur caractère renouvelable.


LES BIO-CARBURANTS: UNE SOLUTION À DOUBLE TRANCHANT

Les bio-carburants sont source d'énergie renouvelable. Ils offrent une alternative aux carburants chers; ils sont plus écologiques et peuvent en même temps rapporter des revenus considérables. Néanmoins l'extension de bio-carburants peut aussi entraîner des effets négatifs. Les bio-carburants sont des carburants issus de la biomasse, produits à partir de déchets végétaux ou animaux et de plantes cultivées dans ce but. Les biocarburants possèdent des propriétés similaires au pétrole et s'emploient dans des moteurs diesel ou à essence. En théorie, ils pourraient remplacer le pétrole cher et polluant. Les prix records des carburants fossiles stimulent la production et l'utilisation de bio-carburants dans le monde entier. La production du Jatropha Curcas (qui produit de l'huile qui peut être utilisée comme carburant) crée des revenues secondaires pour les paysans et leur donne accès à des carburants. L'utilisation de bio-carburants diminue la dégradation environnementale et climatologique, car ils polluent moins. La production entraîne aussi la création d'emplois et une autonomie locale en énergie. Mais la production massive de bio-carburants peut aggraver le problème de la famine en diminuant les surfaces agricoles consacrées aux cultures vivrières. En remplacant les cultures vivrières par des plantes pour les bio-carburants il y aura moins de produits alimentaires et les prix aux marchés du blé, maïs et autres vont monter. Cultiver des plantes qui produisent des bio-carburants au dépriment des cultures vivrières peut avoir des effets négatifs pour la sécurité alimentaire de la population. Les agro- ou bio-carburants sont intéressants pour la RDC à deux conditions essentielles:

  • 1. Leur production doit être réservée à la consommation

nationale, principalement dans le milieu rural ou le carburant est rare et cher.

  • 2. Il faut utiliser les terres marginales et les savanes

pour l'installation de ces cultures et ne pas contribuer à la déforestation et a un empiétement sur les surfaces pour les cultures vivrières. La production massive de bio-carburants serait une catastrophe écologique pour la RDC, qui suivrait ainsi le chemin du bassin de l'Amazone, en pleine déforestation.

LE JATROPHA CURCAS VERSUS LE PALMIER ELEAIS

Le Jatropha curcas est originaire du Brésil. Sa graine fournit une huile qui était utilisée dans la médecine traditionnelle et dans l'alimentation du bétail. Aujourd'hui l'huile est utilisée comme bio-carburant et comme colorant. Elle peut produire jusqu'à 1900 litres de diester (biocarburant) par hectare. Elle est facile à cultiver et pousse en terre aride. Elle ne requiert ni labourage, ni ensemencement (puisque la durée de vie de cet arbuste est de 40 ans environ), ni usage de pesticides et autres produits polluants. Depuis quelques années l’huile de palme crue fait l’objet d’une forte publicité en tant que source de biodiesel. Selon des experts le marché mondial de l’huile de palme aura doublé d’ici 2020. Comparé au Jatropha curcas, le palmier elaeis est moins intéressant. Il faut détruire la forêt pour les plantations de palmiers, alors que le Jatropha curcas valorise la savane. Jatropha curcas Régimes de noix de palme

La Voix du Congo Profond, RDCongo Pays Magnifique (P.39-41)

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