Les espèces endémiques uniques en RDC

Un article de Ngoma.

Sommaire

Des espèces endémiques uniques en RDC en péril à cause de la déforestation et du braconnage!

LE GORILLE

Le gorille est la principale espèce phare du Parc National des Virunga. Créé en 1925 sous le nom de ‘Parc Albert’, le parc s’étend sur 790.000 hectares et présente une diversité d’écosystèmes exceptionnelle: savanes, plaine de lave, marécages et plaines inondables, forêts denses, forêts tropicales humides et montagnes recouvertes de bruyères géantes. Le parc a été créé pour protéger près de la moitié de la population sauvage existante de gorilles de montagnes (gorilla graueri beringei), estimée à +- 700 individus. Situé plus bas sur la carte se trouve le Parc National de Kahuzi-Biega qui a été créé en 1973 pour protéger une sous espèce du gorille de montagne. Cette espèce est menacée et ne se trouve qu’ en RDC. Les gorilles de Grauer vivent sur les versants des volcans éteints: le Kahuzi (3308m) et le Biega (2790m). Le Parc National de la Maîko abrite aussi des familles de gorilles de Grauer. Les gorilles Beringei et de Grauer sont deux sousespèces distinctes l’un de l’autre du point de vue morphologique. Le gorille de montagne est grand et très poilu. Chez les deux sous-espèces le mâle possède une crête sagittale et les femelles sont plus petites. Avec l’âge, la fourrure dorsale devient grise, d’où le nom de ‘dos argenté’ ou ‘silver back’. Les gorilles vivent en groupes familiaux stables, avec plusieurs femelles et leur progéniture. Le groupe est conduit par le dos argenté. Ils se nourrissent de fruits, racines, tiges et moelle des plantes, lianes, bambous et petits arbrisseaux. Le gorille apprend facilement. Il y a aussi des possibilités d’habituer une famille de gorilles à des visites guidées, tourisme sensationnel et générateur de recettes. Le tourisme au Parc National des Virunga a été interrompu par les conflits armés et reprend progressivement. Sur l’année 2007 dix gorilles ont été massacrés par des braconniers et deux sont portés disparus. Le braconnage tue malheureusement la majorité des bébés primates. Ne nous faisons pas complice de ce pillage de nos ressources naturelles et refusons d’acheter des animaux sauvages. Entre septembre 2002 et décembre 2002 une population de 87 gorilles est passée à 37!

LE BONOBO

Le bonobo ou chimpanzé nain, qui ne vit que en RDC, est l’espèce phare de deux parcs: celui de la Salonga et celui de la Sankuru. Le parc de Salonga est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial depuis 1984 en raison de la riche biodiversité de ses écosystèmes. La Salonga compte 3.600.000 hectares. Le parc est divisé en deux parties séparées par un étroit couloir habité et protège une grande partie de forêts quasi intactes. Le bonobo est, parmi les espèces de grands singes, l’animal le plus proche de l’homme. Nous partageons avec lui 98,4% de notre matériel génétique. Des études sur les plantes médecinales consommées par le bonobo sont en cours. Sa taille varie entre 70 et 100cm. Un mâle pèse environ 45 kgs, une femelle 30. Ils peuvent atteindre une espérance de vie de 40 ans et la gestation dure entre 230 et 240 jours. Les bonobos se distinguent par une organisation matriarcale unique. Moins agressifs que leurs cousins chimpanzés, dont ils sont très proches, ils ont souvent recours à la sexualité pour résoudre les conflits et apaiser les tensions sociales.

LOLA YA BONOBO:

un sanctuaire pour les bonobos... « Le paradis des bonobos »(traduction de «Lola ya bonobo»), c’est ainsi que Claudine André a appelé le sanctuaire qu’elle a créé près de Kinshasa pour accueillir les bonobos confisqués chez des particuliers ou sur les marchés, où ils sont vendus comme animaux de compagnie ou comme viande « sur pied ». Les singes qui arrivent au sanctuaire sont toujours traumatisés par la séparation d’avec leur mère qui, à coup sûr, a été tuée et boucanée pour être vendue en quartiers de viande de brousse sur les étals des grandes villes ou au bord des routes. Ces jeunes bonobos ont donc besoin d’une mère de substitution pour retrouver l’envie de vivre et suffisamment de confiance pour continuer de se développer et d’apprendre à se comporter comme un bonobo avec leurs congénères. C’est donc le rôle que remplit le personnel du sanctuaire. Trop habitués à côtoyer les humains, ces bonobos une fois devenus adultes, pourront difficilement retrouver la liberté dans la forêt qui les a vus naître : ils n’auraient plus peur des braconniers et seraient des cibles toutes désignées !

http://www.pan-paniscus.org http://www.bonoboducongo.fr


L’OKAPI

L’okapi est un animal endémique de la RDC, tout comme le bonobo, le paon du Congo et la genette aquatique. Endémique signifie que cet animal ne peut vivre que dans l’écosystème dans lequel il se trouve. En le protègeant, on protège son environnement exceptionnel et une multitude d’autres formes de vie, animales et végétales. L’okapi est protégé dans la Réserve de faune à okapis (1.372.000 hectares) de la forêt de l’Ituri. Cette réserve est inscrite comme site du Patrimoine mondial depuis 1996 et la population d’okapis est d’environ 4000 individus. Un centre d’élevage en captivité d’okapis a été mis en place à Epulu, près de la réserve, depuis 1952, avec l’aide des pygmées. L’okapi est un animal très curieux. Il semble être le mélange de plusieurs animaux à la fois. En effet, de sa plus proche parente la girafe, l’okapi a emprunté la tête, la queue et les pattes antérieures plus longues que les pattes postérieures. Son cou , sa petite ébauche de crinière et son corps lui viendraient du cheval; ses pattes robustes, d’une antilope, et ses rayures sur les postérieurs, un don du zèbre. Sa longue langue lui permet non seulement de cueillir de petite branches, mais aussi de faire la toilette de son corps. Il la promène sur tout son corps. A la fin, le pelage brille. On connaît peu de choses de l’okapi qui habite exclusivement dans les forêts humides de l’est de la RDC, dont certaines sont encore inexplorées. Ceci explique pourquoi il est l’un des derniers grands mammifères à être découvert en 1901. Des études éthologiques et écologiques sont en cours. Cependant, on sait qu’il est solitaire et discret. Il est totalement protégé par la loi congolaise et est le symbole de Radio Okapi. Dans la Réserve de faune à okapi est aussi protégée une importante population d’éléphants des forêts. Ces éléphants sont plus petits que les éléphants de la savane. Ils se sont adaptés à un environnement touffu, aux branches et lianes. Leurs défenses sont plus petites et plus courbées pour ne pas s’y accrocher.

LE RHINOCÉROS BLANC DU NORD

Le Parc National de la Garamba (PNG) a été créé en 1938, dans une savane ouverte, entre autre pour la protection du rhinocéros blanc du nord (Ceratotherium simum cottoni). Il est, tout comme le rhinocéros blanc du sud et le rhinocéros noir, le deuxième plus grand mammifère terrestre après l’éléphant. Le mâle bien développé peut atteindre jusqu’à 2.000 Kg! Au début du 20ème siècle, l’aire de répartition du rhinocéros blanc comprenait le Tchad, l’Ouganda, la République Centrafricaine, le Soudan et la RDC. Or il a pratiquement été décimé dans ces quatre premiers pays et n’existe plus actuellement dans son état naturel qu’en RDC. Le braconnage pour sa corne à laquelle on attribue beaucoup de vertus se faisant davantage plus intense, le nombre a diminué dramatiquement : 490 individus en 1976 et en 1984 il n’en restait plus que 14. Depuis, les vigoureux efforts nationaux et internationaux entrepris pour sauver cette sous-espèce de l’extinction, on fait passer la population de 14 à 31 individus. Mais depuis deux ans on en compte à peine une dizaine. A l’instar de sa sous-espèce soeur du rhinocéros blanc du sud qui au début du 20ème siècle ne comptait plus que 20 spécimens et qui aujourd’hui en compte plus de 7.000 éparpillés à travers le monde, l’espoir de sauver le rhinocéros blanc du nord de l’extinction reste fondé. Au plan national, il bénéficie du statut d’une espèce totalement protégée. Dans le Parc du Garamba on rencontre aussi des girafes du Nord et des éléphants, atouts pour le tourisme.

LE PAON CONGOLAIS

Seul faisan indigène de l’Afrique, le paon congolais,(Afropavo congoensis) ne se trouve qu’en RDC. Ce joli et bel oiseau est multicolore: dos couvert de plumes vertes aux reflets métalliques, huppe à la tête aux crins jaune claire devant et noir derrière, gorge couverte de plumes rougeâtres, ventre vert foncé et ailes bleuâtres chez le mâle. Il est donc à la fois rouge, jaune, vert et bleu ! La femelle couve ses oeufs, mais c’est le mâle qui s’occupe des petits, les prenant sous ses ailes pour la nuit. Pour la petite histoire, c’est une seule plume de la coiffure d’un pygmée de la forêt de l’Ituri (Est de la RDC), habitat naturel de cet oiseau, qui mena à sa découverte. Le Parc National de Maïko a été entre autre créé pour donner protection au Paon. La législation le protège totalement et ce depuis 1933.

LA GIRAFE (GIRAFA CAMELOPARDALIS CONGOENSIS)

En RD Congo on ne trouve cette espèce soeur de l’okapi, qu’au Parc National de la Garamba. Avec la sous-espèce du rhinocéros blanc du nord, cette girafe est à la base de la création du parc. La girafe est le mammifère qui, sur pied, dépasse en hauteur tous les autres. Il existe 7 sortes de girafes, différentiées par les variations de couleur et les formes de taches polygonale du pelage. La Girafa camelopardalis congoensis ne se trouve qu’en RDC, au Cameroun et en Ouganda. Répandue autrefois dans toutes les savanes sèches de l’Afrique, le sahara y compris, la girafe n’existe aujourd’hui qu’en population isolée dans les Aires Protégées. Son caractère endémique fait qu’en RDC elle est totalement protégée. Il n’en reste plus que quelques individus (± 150 à 200).

Institut Congolais pour la conservation de la nature: http://www.iccnrdc.cd

L’ICCN, Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, a réagi pour sauvegarder un patrimoine en péril. Il s’est allié à des partenaires comme l’UNESCO et différents gouvernements internationaux, pour soutenir le personnel des parcs, qui travaillent dans des conditions difficiles et dangereuses et pour conserver les riches écosystèmes des sites.

La Voix du Congo Profond, RDCongo Pays Magnifique (P.20-22)

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