Les syndicats agricoles

Un article de Ngoma.

Du 8 au 11 avril 2007, s’est tenu un atelier de réflexion sur l’état du mouvement paysan en R.D. Congo à Goma, chef-lieu de la Province du Nord-Kivu, plus précisément au centre Pallotin à Keshero . Organisé par la FOPAC du Nord- Kivu et la plate-forme DIOBASS ainsi que le PREFED R.D. Congo, ce forum a regroupé 58 participants en provenance de tous les coins de la République Démocratique du Congo.

Une bonne trentaine de membres d’organisations paysannes et animateurs d’ONG d’appui à celle-ci plus les partenaires invités ont participé à cet atelier. Un Délégué du Bas-Congo, 4 de Bandundu, 2 de l’Equateur, 14 du Nord- Kivu, 10 du Sud- Kivu, 3 du Maniema et 2 de Kinshasa. Il y a eu aussi des techniciens de certaines organisations paysannes. L’honorable Vahamwiti Mukesyaire, qui a modéré la séance pendant trois jours, en était l’un des invités de marque.

Les discours d’ouverture et de clôture ont été prononcés par le représentant du comité organisateur, Monsieur Paluku Mivimba, Président de la FOPAC au Nord-Kivu. D’abord, il a fait montre de son réel plaisir d’accueillir les nombreux invités pour les travaux du genre. En effet, il existe en R.D. Congo en général et au Kivu en particulier, une forte éclosion des organisations paysannes et des mouvements paysans. Malheureusement, ces derniers n’ont jamais évolué à l’instar de tant de pays africains. « Tels que le Kenya avec la KENEFAP et l’Ouganda avec l’UNFF. Nous pensons ici à la solidarité paysanne, l’UWAKI, FERCOOP, etc.… qui ne sont pas malheureusement allés au-delà de l’ancien Kivu » a-t-il bien précisé. C’est pourquoi d’ailleurs les organisateurs de cette rencontre ont pour but d’échanger sur les différentes expériences du pays. Et ainsi établir, d’une façon globale, l’état des lieux du mouvement paysan congolais.

« D’une façon générale, les participants ont noté qu’il n’existe pas de mouvement paysan national. Mais, il existe, par contre, une structuration forte avancée du mouvement paysan dans certaines provinces. Il a été noté, d’autre part, qu’il existe des forces et des opportunités à saisir pour mettre en place un mouvement paysan national solide. Les faiblesses et les menaces étant des facteurs sur lesquels il faudra travailler pour asseoir celui-ci » a-t-il conclu.

C’est d’ailleurs dans ce contexte précis que les participants à cet atelier ont décidé de façon unanime la mise en place, parmi les stratégies arrêtées, d’un comité national provisoire du mouvement paysan en R.D. Congo. Tous les participants aux travaux ont été sensibilisés afin d’étendre la sensibilisation auprès des autres organisations paysannes des producteurs agricoles pour qu’elles puissent s’impliquer dans le processus de mise en place d’un mouvement paysan national, qui sera réellement par les paysans et rien que par des véritables paysans professionnels.

Des recommandations ont été formulées à l’unanimité par les paysans vis-à-vis d’eux-mêmes et leurs organisations, des organismes d’appui qui accompagnent les paysans et ceux des organisations des producteurs agricoles à la base, du Gouvernement. Notons qu’avant de clôturer les travaux, il y a eu élection d’un comité provisoire national devant diriger le mouvement pour un mandat d’une année. Celui-ci doit commencer la tâche de : mobiliser les moyens , poursuivre l’identification des organisations paysannes, aider les fédérations provinciales à s’organiser, produire des projets de statuts, organiser le congrès constitutif d’une structure nationale représentative.

Notons que ce comité provisoire a été élu démocratiquement par tous les participants et il est constitué de :

  • PALUKU MIVIMBA (Président National du Mouvement Paysan en R.D. Congo) du Nord-Kivu
  • Madame ESPERANCE NZUZI MUAKA (V/présidente) du Bas-Congo
  • Emmanuel MUSHENGEZI (Secrétaire) du Sud-Kivu
  • BONDOKI BON’SEBABI (Secrétaire Adjoint) de l’Equateur
  • Sylvain MAPATANO (Conseiller)
  • Blaise KIYE (Conseiller)
  • Sylvestre KAMBAZA (Conseiller)
  • Honorable VAHAMWITI MUKESYAIRE (Conseiller)
  • Modeste ISHOMBA (Conseiller)
  • Madame Nono MWAVITA (Conseillère)
  • Christophe NZALAMINGI (Conseiller)

En définitive, un mouvement paysan a été défini en Assemblée entant qu’une dynamique paysanne organisée, regroupant la majorité des paysans dans un espace géographique donné, de plus en plus large, qui, à travers une vision commune et partagée milite pour la défense des intérêts politiques, économiques et socioculturels des paysans.


La Voix du Congo Profond n°2 septembre 2007 p. 17 Jean Baptiste Musabyimana

S'inscrire à la

Revue de presse