Miser sur les biocarburants

Un article de Ngoma.

Devant la nécessité de s’assurer des sources d’énergie plus propres et durables tout en développant de nouveaux marchés pour les produits locaux, les pays ACP s’intéressent de plus en plus aux biocarburants. Trois conférences organisées en 2007 avec l’appui du CTA ont examiné les technologies disponibles pour produire des carburants liquides et gazeux à partir de diverses ressources bio — cultures traditionnelles, résidus de culture, cultures énergétiques, fumier et déchets urbains.

Lors de la Conférence internationale sur les biocarburants qui s’est tenue du 5 au 6 juillet à Bruxelles, Belgique, la Commission européenne a réuni certaines des figures les plus influentes dans le domaine pour discuter des défis et des bénéfices. Considérant les risques de concurrence entre cultures vivrières et cultures destinées aux carburants, les experts ont souligné l’importance de cultures énergétiques comme le jatropha, le palmier à huile et les algues.

À la conférence régionale de haut niveau sur les opportunités de production de bioénergie durable dans la région Caraïbes, du 6 au 7 août au Guyana, le Prof. Al Binger a dit que la région avait d’énormes possibilités d’accroître la production de biocarburant pour diversifier l’économie du sucre et réduire les importations d’énergies fossiles.

D’autres intervenants ont souligné le fort potentiel de production de bioénergie du Guyana, pour les besoins domestiques et l’exportation régionale. Une installation pilote fonctionne déjà à Georgetown et produit du biodiesel de grande qualité à partir des déchets des cuisines de restaurants.

Elle a été entièrement construite avec des matériaux disponibles sur place pour un coût de 3 500 à 5 000 € et peut produire 60 barils de 45 gallons de diesel par mois. À la Conférence sur les marchés des biocarburants en Afrique, qui s’est tenue du 5 au 7 novembre en Afrique du Sud, un thème clé a émergé, celui de la durabilité.

Les intervenants ont soulevé des questions sur les conséquences de cultures intensives destinées aux carburants pour les systèmes de production africains, compte tenu de l’utilisation plus intensive aussi d’intrants comme l’eau et les engrais. Dans l’un des ateliers, les experts ont souligné combien il était important de s’assurer que les bénéfices des biocarburants parviennent aux petits exploitants.

Biodiesel de palmiste

Pour faire fonctionner leurs véhicules et leurs générateurs, des agriculteurs du Ghana fabriquent du biodiesel à partir d’huile de palmiste. Dans le cadre d’une initiative de la Coopérative des producteurs d’ananas de Dumpong soutenue par l’ONG américano-ghanéenne Dumpong Biofuels, ils ont appris à assembler un processeur simple.

Un processus appelé transestérification transforme l’huile de palmiste en énergie respectueuse de l’environnement. Le processeur a été construit sur la ferme de Frank Aidoo, président de la coopérative, située dans la région Est du Ghana. Il a suffi de deux jours pour l’assembler, avec deux tambours en acier soudés de 200 l et un élément de chauffage électrique. Les trois jours suivants, le dispositif a produit 550 l de biodiesel. En plus de servir aux véhicules de la ferme, ce carburant fournit à une petite entreprise de mise en bouteilles l’énergie pour pomper de l’eau propre et potable dans un réservoir. Le coût total de l’équipement avoisine les 280 €.

L’huile de palmiste provient d’un village voisin. Selon Jerry Robock, porte-parole de Dumpong Biofuels, “les agriculteurs locaux constituent la clientèle-cible de cet appareil”. “Nous les avons formés et ils font à présent fonctionner le processeur et en tirent les bénéfices.” Des projets sont en cours pour adapter cette technologie à l’échelle communautaire dans d’autres pays africains, en utilisant les huiles végétales disponibles localement. “Le processeur est aussi simple que le processus”, a expliqué M. Robock. “Toute graine oléagineuse dont la culture est économiquement viable peut être employée : huile de palmiste, jatropha, tournesol ou autre.” Le processeur de biodiesel permet de réaliser une économie de 25 % par rapport au coût du pétrodiesel importé.

CCTATA

CTA, partageons les connaissances au profit des communautés rurales, 2007


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