Nouveau climat, nouvelle carte agricole

Un article de Ngoma.

Le changement climatique a des conséquences pour l'agriculture, ici et ailleurs dans le monde. Les régions pluvieuses verront les pluies s'intensifier, les zones seches deviendront plus seche. Quelles conséquences pour l'agriculture?

Sur une planète plus chaude, les régions du monde déjà pluvieuses comme l’Equateur verront les pluies s’intensifier, tandis que les zones déjà peu arrosées par les pluies devraient s’assécher davantage. Le climat deviendra plus sec, surtout en Afrique du Nord, du Sud, de l’Ouest et de l’Est, provoquant des famines.

La RDC pourrait devenir l’un des plus grands pays agricoles de la planète car elle a l’opportunité de mettre en place des techniques durables qui sauvegardent l’environnement. Le monde vient de connaître sept années successives de déficit céréalier. Des régions comme l’Australie, la Californie, la Chine du Nord, le Rajasthan, le bassin méditerranéen ou le Nord Est brésilien rencontrent déjà des difficultés importantes qui affectent les cultures d’été et les prairies. Avec 2 °C de plus par rapport à l’époque préindustrielle, un pays comme l’Ouganda serait moins propice au café, qui lui fournit les deux tiers de ses devises; les pertes biologiques toucheraient du quart à la moitié des espèces au Mexique, comme en Australie, en Chine ou en Afrique du Sud. Pour 2,5 °C supplémentaires à la fin du siècle, ce seront environ 2,5 à 3 milliards de personnes qui pourraient être touchées par une pénurie d’eau dès 2050. La production alimentaire végétale pourrait, dans la dernière partie de ce siècle, décroître globalement. Pour assurer un équilibre alimentaire mondial acceptable, il faudrait au moins doubler (parfois quintupler dans certaines régions) les rendements actuels, et notamment combler un déficit asiatique massif par des exportations latino-américaines et africaines. Or la malnutrition est pourtant la règle en Afrique et spécialement en R.D. Congo.

Comme on le voit sur la carte, l’espace dans le continent africain pour l’agriculture se rétrécit.En 2080, les pays à hauts potentiels susceptibles de nourrir l’Afrique, voire une partie de l’Asie déjà déficitaire sont, par ordre d’importance et de taille, la R.D. Congo, l’Angola, le Congo Brazza, le Cameroun, la Centrafrique et le Gabon.

En RDC il faut:

  • Conserver suffisamment d’écosystèmes naturels, avec des espèces et associations d’espèces capables d’accompagner l’évolution thermique.
  • Réduire fortement la pression sur l’atmosphère: la déforestation émet 20 % du CO2 mondial.

Adopter des systèmes culturaux beaucoup plus économes en surface arable en rediversifiant les espèces et variétés utilisées: c’est la « révolution doublement verte ». On essaie d’adapter les systèmes culturaux avec le fonctionnement naturel du climat et ses perturbations.

La Voix du Congo Profond, N° spécial RDCongo, Pays Magnifique p. 37

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