Promouvoir les activités de la femme rurale par des innovations afin d’atteindre la sécurité alimentaire en période de crise, 12/09

Un article de Ngoma.

Le choix de ce thème pour la commémoration officielle des journées internationales de la femme rurale et de l’alimentation les 15 et 16 octobre 2009 à Rutshuru colle bien à la réalité du Nord-Kivu en sortie de crise où l’on assiste progressivement au retour des déplacés internes qui ont eu à fêter ces deux journées dans des camps des déplacés.

Une occasion d’échanges sur les innovations de la femme rurale mais aussi de plaidoyer sur les blocages de la sécurité alimentaire. Notons que la journée du 15 octobre a été rehaussée par la remise des brevets 247 femmes leaders paysannes qui ont suivi une formation de 6 mois organisée par la Ligue des organisations de femmes paysannes (LOFEPACO) en territoires de Beni,Lubero,Rutshuru,Masisi sur : l’organisation apprenante, la création et gestion d’une organisation à la base, l’entreprenariat féminin, la dynamique de groupe,la communication au sein d’une organisation,la négociation et gestion des conflits, le lobbying et plaidoyer.

Parmi les autres innovations de la LOFEPACO, nous pouvons citer la réponse au manque de crédit agricole ; ce qui a poussé cette organisation de créer la Caisse d’épargne et de crédit agricole pour les femmes paysannes (CECAFEP).Il y a aussi l’implantation des Cercles de recherche action (CERA) qui sont des cadres idéaux où les femmes leaders formées partagent leurs expériences, subissent une éducation à la citoyenneté responsable et élaborent leurs cahiers de charge pour le plaidoyer. Ces initiatives sont appuyées par Agriterra/Pays-Bas. Le contexte du Nord-Kivu est encore caractérisé par l’insécurité dans les sites de production agricole pendant que la femme rurale reste l’actrice de pointe.

Ces deux journées ont alors connu un moment fort de plaidoyer auprès du Ministre provincial de l’agriculture, développement rural et IPME focalisé sur les conflits de limites du Parc National des Virunga,les conflits entre agriculteurs et éleveurs suite à la destruction des cultures par les animaux en divagation ou en provenance du Rwanda « Vaches sans frontières », l’adoption du projet de loi portant code agricole, le respect des accords de Maputo dont la RDCongo est signataire pour que les gouvernements national et provincial allouent 10% du budget à l’agriculture,les difficultés rencontrées au champ suite à la présence des FDLR qui pillent les récoltes,font payer des taxes,violent les femmes,imposent des travaux aux hommes,etc…Les organisations féminines reçoivent l’appui de Actionaid pour mener ces activités de plaidoyer. La FAO, partenaire du Ministère de l’Agriculture n’est pas restée silencieuse. Elle a dressée à l’occasion le bilan sur la sécurité alimentaire et a remis un kit symbolique d’intrants agricoles aux 20 organisations féminines ciblées en territoire de Rutshuru en vue de la réhabilitation socio économique des familles retournées.

Par Kyalire Kamboyera Romain

Secrétaire exécutif du CCP/CARG/NK

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