Province du Bandundu, un nouvel élan

Un article de Ngoma.

Atelier de lancement du processus table ronde agricole du Bandundu

La bonne gouvernance constitue le préalable et la toile de fonds du développement de la Province du Bandundu. L’état de élabrement des infrastructures, la non valorisation du potentiel existant expliquent l’état de pauvreté inacceptable dans lequel se trouvent les habitants de la province. Le Bandundu est en effet une vaste province aux atouts indéniables.

Sa position géographique vaut au Bandundu d’être le grenier naturel de la capitale ; la réhabilitation de la route nationale 1 Kinshasa- Kikwit est essentielle à son activité économique. Son hydrographie avec 3130 Km de voies navigables, la classe comme 2e province du pays au niveau du transport fluvial, ce qui lui permet d’expédier à moindre coût des productions agricoles vers la capitale.

Couvert de forêts au Nord et de savanes au Sud, le Bandundu dispose d’une large palette éco-climatique convenant à différents types de cultures vivrières mais aussi au café, cacao, palmier et hévéa. Certes, la forêt (50 % de la superficie de la province) a subi une assez forte pression, car la guerre qui a divisé le pays en deux, a empêché l’exploitation du bois de l’Equateur. Aujourd’hui, d’autres modalités de gestion durable de la forêt envisagent la mise en valeur des ressources non ligneuses. Le reboisement avec acacia permet la production de braises sans accentuer la dégradation de la forêt naturelle. La séquestration de carbone (puit de carbone)pourrait aussi apporter des revenus substantiels.

La savane se prête parfaitement aux activités d’élevage avec un débouché naturel pour la commercialisation. Et, il est de même pour les ressources halieutiques. La proximité de Kinshasa permet d’envisager l’organisation d’une vraie filière de pêche avec une maîtrise de la technologie post capture : fourniture de glace aux pêcheurs, découpe et transformation, congélation, emballage, …

Conscient de ce potentiel, le nouveau pouvoir politique mise désormais sur une transparence dans la gouvernance et un partenariat étroit entre le Gouvernement, l’Administration Provinciale, et les opérateurs privés autant que les projets de développement (ONG).

Il y a certes un déficit en protéines dans l’alimentation de la population mais la province alimente largement Kinshasa en manioc, haricots, produits d’élevage, huile de palme.

Si on reconstitue l’offre commerciale, si l’on fait revenir les acheteurs, on verra se reconstituer les circuits commerciaux. En quelque sorte, il faudrait des systèmes de collectes et l’organisation du marché, un service commercial juste et équitable qui commande à la paysannerie des produits et quantités commerciales au prix équitable.

Mais pour réussir, les acteurs n’agiront pas de façon trop individuelle ; l’organisation collective des producteurs en particulier pour favoriser l’écoulement des produits à bon prix, notamment par des coopératives de commercialisation, est un point fondamental.

Il est essentiel que les opérateurs du développement, les ONGD et le secteur privé, avec les institutions d’enseignement, de recherche, les administrations, … collaborent étroitement pour établir toutes les synergies nécessaires.

Le comité provincial de relance agricole sera proche du Gouvernorat et du Gouvernement de la Province. Le but que tout le monde partage, est de permettre aux agriculteurs, éleveurs, pêcheurs de créer de la richesse. Cette création de richesse « construira » progressivement un secteur privé dynamique.

Le partenariat ONG secteur privé sera mis en valeur en priorité de manière à promouvoir et multiplier les activités génératrices de ressources selon les avantages comparatifs de la Province du Bandundu avec des volets d’appui fondamentaux où s’impliqueront la société civile, Gouvernement et bailleurs de fonds :

  • formation- encadrement
  • vulgarisation
  • financement

But de l’Etude Minagri FAO-UE et le processus de Table Ronde Agricole

La « politique agricole » en cours de validation, élaborée par le Gouvernement, avec l’appui des bailleurs de fonds et partenaires au développement tels que : PNUD, U.E, Coopération belge, B.M, BAD et FAO tente de faire face à la dégradation du secteur agricole et en référence, aux Objectifs du Millénaire du Développement. Cette politique consiste à intégrer ces programmes et fédérer ces stratégies, au sein d’un programme global en phase avec le DSCRP, avec la participation de tous, par l’organisation des réunions et autres ateliers. L’étude GCP/GLO/162/EC consacré au processus de la table ronde agricole du Bandundu, s’inscrit dans les démarches de planification existantes.

C’est également l’aboutissement des démarches visant le recentrage du rôle de l’Etat ainsi que des mesures incitatives en faveur du paysannat, du secteur privé et notamment de l’amélioration de conditions de vie du monde rural et la planification d’une agriculture durable.

7 études sectorielles financées par la Communauté Européenne, réalisées par la FAO- Minagri : objectifs

  • réaliser des expertises spécifiques ; cultures de rente (café, cacao,palmier …), pêche, élevage, transformation agro limentaire,dynamique communautaire, infrastructures, fiscalité… il s’agit d’une expertise d’animateurs d’écoute ;
  • réaliser des ateliers associant les différents acteurs dans chaque district avec une mobilisation des savoirs locaux dans

tous les districts ;

  • réaliser une table ronde agricole provinciale débouchant à la mise sur pied d’un plan provincial de développement agricole

assorti d’un portefeuille de projets cohérents (en filières) à proposer aux bailleurs de fonds ;

  • un portefeuille de projets pour cinq ans sera mis à la disposition des bailleurs.

Cette étude vise la mise en place d’un programme agricole et d’un portefeuille de projets agricoles spécifique à la Province du Bandundu, à ses potentialités, ses avantages comparatifs.

Le nouveau Gouverneur de la Province, Dr. Ndambu Wolang a assuré que la bonne gouvernance vise à mettre en avant le volet formation dans le but d’évoluer vers des productions de qualité, à meilleure valeur ajoutée. Le développement endogène sera le moteur et l’expertise locale sera valorisée. Les projets se feront avec ancrage institutionnel et un suivi évaluation objectif. La priorité est donnée aux activités génératrices de recettes, qui permettront au secteur privé de se développer. Pour une agriculture à 95 % familiale et jusque là peu organisée, il est essentiel que les produits agricoles puissent amener des revenus plus consistants aux producteurs, et ensuite aux autres acteurs de la filière. Des infrastructures d’intérêt communautaire seront créées ou réhabilitées. Les ressources seront orientées vers un développement durable de la province. Les tracasseries seront annulées et une fiscalité transparente sera instaurée. Outre la réhabilitation de la nationale 1, le réseau fluvial sera rendu opérationnel, par le balisage des cours d’eau, l’accès à des ports aménagés, et surtout l’augmentation du parc de barges et baleinières.

La Voix du Congo Profond n°1, P25

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