Que mangeons-nous en RDC
Un article de Ngoma.
DÉPENDANCE ALIMENTAIRE DE LA RD CONGO
Le cordon ombilical Matadi-Kinshasa, une des seules routes en bon état en RDC, permet le transport des aliments importés à Kinshasa (300 camions de 40 tonnes/semaine)
IMPORTATIONS MASSIVES
Chaque année via le port de Matadi la RDC importe, pour nourrir Kinshasa (et sa périphérie, Bas Congo inclus) :
- 120 000 tonnes de poisson congelé
- 50 000 tonnes de poulet et abats congelés
- 400 000 tonnes de céréales (blé + riz)
- 30 000 tonnes d’huile
- 10 000 tonnes de lait en poudre
- 70 000 tonnes de sucre
- 50 000 tonnes de sel
et les bateaux repartent à vide !
LE PREMIER DES OBJECTIFS de DEVELOPPEMENT POUR LE MILLÉNAIRE, CELUI D’ÉRADIQUER LA FAIM ET L’EXTRÊME PAUVRETÉ, PAUVRETÉ, EST ENCORE LOIN D’ÊTRE ATTEINT EN RDC. A FAIM ET L’EXTRÊME PAUVRETÉ, EST ENCORE LOIN D’ÊTRE ATTEINT EN RDC.
Seize millions de personnes souffrent de la faim. Les deux tiers de la population, soit environ 35 millions de personnes, n’ont pas accès à la ration calorique minimale quotidienne. Beaucoup de familles congolaises sont contraintes à un seul repas par jour. Données de l’OMS et de UNICEF
ET LES AUTRES OBJECTIFS?
- 80 % des Congolais vivent avec moins de
1 $/jour. En RDC, 70 % des pauvres sont des paysans; ils n’ont pas de revenus suffisants pour manger correctement, envoyer les enfants à l’école et assurer des soins de santé décents…
UN DEFI AGRO-ALIMENTAIRE POUR LA RDC?
Les conditions naturelles sont pourtant particulièrement favorables aux activités agricoles:
- précipitations en quantités suffisantes (qui permettent deux saisons
culturales par an).
- important réseau hydrographique, fertilité des sols.
- large ensoleillement.
Le pays se caractérise également, du fait de sa taille, par la diversité des conditions climatiques et géologiques, ce qui permet une grande diversité des cultures. LE TRISTE PARADOXE DE LA RDC La population vit en deçà du seuil de pauvreté et ne mange pas à sa faim. MAIS! Seulement 10 % du potentiel agricole du pays est exploité. les données éco-climatiques sont partout favorables à l’agriculture.
LA BANQUE MONDIALE VIENT DE PUBLIER LES STATISTIQUES ET INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT POUR L’AFRIQUE.
Le produit intérieur brut par habitant correspond à la richesse moyenne produite par an et par habitant. La comparaison que nous proposons dans ces graphiques porte sur 3 pays voisins de la RDC, non producteurs de pétrole. Nous avons choisi le Cameroun, pays d’Afrique Centrale et qui bénéficie de conditions climatiques et écologiques semblables à celles de la RDC; nous avons ajouté la Zambie, pays frontalier du Sud, dans lequel s’encastre le Katanga; et enfin, la Tanzanie, avec qui nous partageons à l’Est l’essentiel de la frontière du grand Lac Tanganyika. En 1980, la RDC, qui a pourtant des potentialités agricoles et minières supérieures aux autres pays, se classe à la 4ème place. Depuis 1980, et jusqu’à 2005, on constate que le Cameroun et la Tanzanie progressent, la Zambie se maintient assez bien, pendant que la situation économique en RDC n’a cessé de se dégrader, retombant à moins de 100 $ par habitant et par an. Cela s’explique par la faiblesse et le délabrement des infrastructures, surtout de transport (routes, rail, fleuve) qui permettent difficilement aux paysans de sortir leurs produits agricoles vers les centres de consommation. A cela s’ajoute bien sûr, les problèmes de sécurité liés aux pillages, guerres et instabilité politique et l’informalisation de l’économie. De 82 $ en 2001, 83 $ en 2002, 85 $ en 2003, 88 $ en 2004, 91$ en 2005, on constate qu’il y a lieu d’espérer, car la RD Congo a commencé sa remontée: mais c’est encore trop lent. Pour rejoindre ou dépasser le niveau de la Tanzanie et de la Zambie de 2005, il faudrait une croissance de la production de l’ordre de 12 à 15 % par an!
La Voix du Congo Profond, RDCongo Pays Magnifique (P.14-15)


