Quel intérêt de Sauvegarder, respecter et gérer notre patrimoine national
Un article de Ngoma.
Qu’est ce que notre patrimoine national a de si spécial pour qu’on veuille le conserver et le préserver des menaces qu’apporte l’industrialisation? Pourquoi le monde regarde avec envie et passion nos forêts, lacs et savanes?
NOTRE PAYS POSSÈDE DES ÉCOSYSTÈMES ET DES RESSOURCES NATURELLES TRÈS VARIÉS, CE QUI FAIT NOTRE RICHESSE.
Le Patrimoine National est l’ensemble des écosystèmes présents dans les limites de la RDC. La majeure partie du pays est recouverte par les forêts tropicales, soit 108.339.000 ha qui font partie de ce que l’on appelle « les forêts du Bassin du Congo » soit sept pays de la sous-région ( le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République Centre Africaine, la République du Congo, le Sao Tome & Principe et la République Démocratique du Congo). Ensuite, nous avons les zones de forêts marécageuses, les forêts galeries, les savanes principalement au sud, diverses mosaïques, des prairies et les montagnes volcaniques à l’Est. En plus des écosystèmes, le Patrimoine National de la RDC regorge également de nombreuses espèces fauniques et floristiques. Les populations rurales du Congo sont particulièrement dépendantes des ressources que fournit notre environnement naturel. Prenons comme exemple les populations vivant dans les forêts denses humides. Ces communautés tirent la grande majorité de leurs ressources de base de la forêt.
- Le bois sert dans la construction mais aussi comme
combustible (bois de chauffe, charbon de bois).
- Les plantes sont consommées quotidiennement et
sont utilisées dans la médecine traditionnelle.
- Les nombreux cours d’eaux regorgent de poissons et
servent de voies de communication.
- Les animaux sauvages sont consommés régulièrement
apportant des protéines et jouent un rôle dans les pratiques culturelles.
Les Congolais vivant dans les villes sont également dépendants de ces ressources naturelles, surtout les populations urbaines à faible revenu. Qui, à Kinshasa, n’a jamais mangé de maïs, de chikwangue, de viande de brousse, etc. Tous ces produits que l’on trouve sur nos marchés et viennent de l’intérieur du pays! Au niveau national et international, notre patrimoine naturel est exploité pour le bois d’oeuvre comme l’Afromosia, le Wenge, le Lifaki, l’Azfelia ou l’Iroko, principalement destinés à l’exportation, les minerais précieux (diamant, or, cuivre etc.), le pétrole et bien d’autres choses. En voyant les bénéfices que nous pouvons retirer de l’exploitation de notre patrimoine national, vous pouvez vous demander alors pourquoi nous parlons de le sauvegarder, le respecter et le gérer ? Et bien, parce qu’avec une surexploitation et/ou une mauvaise exploitation, de nombreux dangers nous guettent.
UNE EXPLOITATION INCONTRÔLÉE
Nous n’allons pas voir en détail toutes les conséquences d’une exploitation incontrôlée des ressources naturelles, mais faisons un petit tour d’horizon. La destruction de la forêt entraîne l’érosion des sols, les glissements de terrain et une perte de fertilité des sols avec des conséquences dramatiques sur les habitations des populations locales et leurs cultures agricoles. Autre exemple, les exploitations minières illégales qui surexploitent à la fois les populations locales et les ressources et qui utilisent des produits fortement toxiques. Ces toxines vont ensuite dans le sol et les rivières contaminent ainsi les récoltes et l’eau. Quant à la sur-chasse, elle réduit fortement la diversité biologique nécessaire au maintien et à l’équilibre des écosystèmes. Elle pousse les populations locales, à chasser de plus en plus loin dans la forêt avec tous les dangers que cela comporte. Selon des études récentes, la poursuite de la chasse non contrôlée va poser le problème d’accès aux protéines animales, si une solution de rechange, telle que l’élevage domestique n’est pas rapidement adoptée par les populations locales.
LES CONSÉQUENCES...
Quand le patrimoine naturel est malmené cela a également, comme vous vous en doutez, des répercussions sur la santé des populations à cause du manque de nourriture et de la présence de polluants qui contaminent nos corps. Mais cela a aussi des répercussions sur la stabilité du pays, en créant des conflits pour l’accès à des terres plus fertiles, aux ressources à grandes valeurs ajoutées etc.
LE BASSIN DU CONGO: POUMON MONDIAL
Au niveau mondial, le Bassin du Congo (environ 200 millions d’hectares), dont la majeure partie se trouve en RDC c’est à dire 108 millions d’hectares, est le deuxième poumon de la planète après les forêts de l’Amazonie. En effet, les forêts recyclent les gaz de CO2 en oxygène et c’est donc grâce à elles que nous pouvons tous respirer. Elles sont de ce fait un facteur indispensable dans la régulation du changement climatique qui menace l’espèce humaine toute entière. En ce moment, la Communauté internationale discute de l’opportunité de prendre en compte les services environnementaux rendus par la République Démocratique du Congo en protégeant ses forêts. Le Ministère de l’Environnement insiste sur la nécessité de payer ces services (à travers les crédits de carbone par exemple), faute de quoi, la RD Congo risque d’exploiter ses ressources pour satisfaire les besoins de survie d’une population qui est en constante croissance et de détruire son patrimoine.
ALORS QUOI FAIRE ?
Il faut privilégier une exploitation responsable et raisonnée qui prenne à la fois en considération les besoins des populations et le respect de l’environnement. Pour cela, plusieurs méthodes et techniques sont possibles.
AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DE CERTAINES DE CES SOLUTIONS ?
On parlera d’agriculture biologique ou intégrée, de chasse contrôlée, de certification des bois ou des diamants etc. tout ceci étant inclus dans ce que l’on nomme « exploitation et gestion durable des ressources naturelles ». En plus de l’exploitation des ressources, la protection de certaines zones à intérêt cynégétique peut également être une source de revenu. Le tourisme de vision apporte des devises étrangères au pays et des revenus substantiels aux populations vivants en périphérie de ces zones. Dans les montagnes des Virunga, les touristes paient plus de 200-300 $ pour voir les gorilles de montagnes; de nombreux chercheurs et passionnés sont prêts à payer le prix pour voir et/ou étudier les nombreuses espèces animales qu’abritent nos écosystèmes. En RDC nos animaux les plus emblématiques et charismatiques, en plus du gorille de montagne, sont les gorilles de plaine, l’okapi, l’éléphant de forêt et le bonobo. Sauver ces espèces et par extension l’ensemble de notre patrimoine national est nécessaire pour la survie du peuple congolais mais aussi pour l’Homme en général.
EST- CE QUE CA VEUT DIRE QU’IL FAUT ARRETER LA CHASSE? :
NON ! Tant qu’il n’y aura pas des alternatives aux protéines animales, la chasse reste indispensable, mais elle doit être durable et contrôlée afin de permettre l’accès aux protéines animales pour les futures générations. Vente de viande de brousse Creuseurs à Mbuji-Mayi Déstruction de la forêt
S’ORGANISER POUR PROTEGER
C’est dans cet élan international que certains hommes de bonne foi et organisations non gouvernementales essayent de sauver notre patrimoine national qui est aussi mondial en se battant pour préserver et protéger les derniers représentants de ces espèces menacées. Ainsi, le Consortium d’ONG dirigé par African Wildlife Foundation (AWF) s’est engagé à gérer le vaste paysage de Maringa-Lopori-Wamba avec plus de 74.000 km² dans la province de l’Equateur. Un espace occupé par près de 1.2 million d’habitants dans lequel le Consortium compte non seulement contribuer à la protection des écosystèmes et de la biodiversité, mais aussi développer économiquement la région et de lutter contre la pauvreté.
Pour se faire, African Wildlife Foundation et ses partenaires utilisent une approche participative cherchant l’implication de la société civile, des instances gouvernementales et des populations locales ainsi que l’accord de tous ces acteurs dans les actions menées sur le terrain. C’est ainsi que African Wildlife Foundation avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), ont créé en 2006 la Réserve de faune de Lomako-Yokokala, 3.625 km². L’objectif est de réduire le taux de perte de la biodiversité par un développement local participatif au coeur et dans la périphérie de l’aire protégée où vivent environ 2000 personnes. Ici, chaque partenaire évolue dans un domaine précis, selon ses objectifs. Ainsi par exemple, ICRAF se charge d’étude et de la formation des populations locales en agroforesterie; World Fish fait de la recherche dans le domaine de la pêche; REFADD s’occupe de sensibiliser et d’impliquer les femmes, tandis que SNV évolue dans le secteur du renforcement des capacités, de la définition du cadre institutionnel et de la Et vous, que pouvez vous faire pour sauvegarder notre patrimoine national ? Et bien, au quotidien vous devez apprendre à respecter la vie et « mère nature » avec des gestes simples comme ne rien jeter par terre mais bien dans les poubelles, ne pas faire couler l’eau, éteindre les lampes et les appareils électriques lorsque vous n’êtes pas là, réduire votre consommation de viande de brousse et abolir la consommation des espèces protégées et ne pas déverser les eaux usées et polluées n’importe où. Et bien sûr, c’est à VOUS, nouvelles générations, de sensibiliser vos parents et votre famille sur ces problèmes environnementaux, pour votre bien-être et celui de vos futurs enfants.
AFRICAN WILDLIFE FOUNDATION
AWF est la plus grande organisation internationale qui se dédie à la conservation, surtout en Afrique. La protection des animaux sauvages et de la nature est la clé pour la future prospérité de l’Afrique et son peuple. AWF est actif en Afrique depuis 45 ans.
La Voix du Congo Profond, RDCongo Pays Magnifique (P.60-62)




