RDC et Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique : la plaidoirie des forêts congolaises soutenue dans le cadre de la CEEAC
Un article de Ngoma.
Le POTENTIEL , 26/10/2009
La RDC dont les forêts représentent un enjeu majeur de l’objectif visé par le prochain Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique va revendiquer ses droits de protection du précieux environnement qu’il détient de concert avec ses pairs de la CEEAC
De fois, il faut se faire violence pour obtenir des résultats dans une démarche communautaire. A Copenhague, la RDC ne se fera pas entendre en solitaire. Elle cheminera avec ses pairs de la CEEAC. L’Afrique se prépare pour présenter une facture commune aux pollueurs lors du sommet sur le réchauffement climatique qui se tiendra du 7 au 18 décembre à Copenhague au Danemark. Très souvent divisés, les Etats africains sont régulièrement floués. Ils ne tirent que rarement des résultats tangibles lors des négociations.
Les chiffres accablent les pays pollueurs du Nord notamment de l’Europe et de l’Amérique. Au même moment, il est prouvé que 78% de la pollution proviennent du Nord. Et pourtant, les effets pervers sont les plus ressentis parmi les pays sous-développés du Sud, notamment en Afrique et à l’Asie.
Le nouvel accord mondial en remplacement du Protocole de Kyoto, les limites constatées dans les capacités d'adaptation du continent africain aux changements du climat doivent être prises en compte par ceux qui tiennent la bourse. Ils sont aussi ceux qui polluent la planète. A Copenhague, les gouvernements africains comptent réclamer avec insistance une assistance accrue et un soutien pour combattre des phénomènes provoqués par ceux qui se la coulent douce ailleurs. Le nombre de morts se compte par centaines de milliers sans émouvoir ceux qui ont décidé de polluer impunément la nature.
La position commune arrêtée à Addis-Abeba prend en compte le poids stratégique des Etats. La RDC qui regorge, à elle seule, plus de la moitié des forêts vierges équatoriales est destinée à recevoir plus de ressources que les autres Etats. Noyer la position de la RDC dans celle du continent entier n’est pas condamnable en soi. Certes ! Ensemble, les Africains sont plus forts.
L’une des résolutions de la 14e session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC voudrait que les dix pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, CEEAC, présentent une position commune au sommet sur le réchauffement climatique prévu en décembre prochain à Copenhague. Selon le communiqué final, en ce qui concerne les changements climatiques, la conférence s'est félicitée de l'élaboration d'une position commune de l'Afrique centrale, issue du conseil des ministres respectivement en charge des Forêts, de l'Environnement et du Plan.
La CEEAC a « décidé de mandater le président en exercice la Communauté pour la transmettre à l'Union africaine et de s'assurer de son intégration à la position commune du continent », peut-on lire dans le communiqué lu par le ministre congolais à la Coopération régionale Raymond Tshibanda. Adoptant un langage militaire, le président Joseph Kabila a privilégié la voix de l’unisson. Il faut se présenter à Copenhague « en rang serré » et y parler «d'une même voix».
Un agenda propre
Des voix en RDC s’élèvent de plus en plus pour exiger des pollueurs de mettre la main à la poche en vue d’améliorer la production et la desserte en électricité en RDC. Aussi, voudrait-on que parmi les projets à présenter, la réhabilitation, la construction voire l’extension du barrage d’Inga soient actées comme besoins prioritaires des populations congolaises contre la protection des forêts salvatrices pour l’humanité entière. Le prix à payer n’est pas exorbitant face à l’ampleur des dégâts provoqués sur la nature.
Régulièrement, les officiels congolais ont rétorqué que cela «n’était pas jouable à Copenhague». Erreur ! Poser le problème serait un premier pas allant dans le sens de bousculer les pays pollueurs en faveur des générations futures. Une telle exigence ne peut pas nécessairement être du goût de ceux qui sont à la base du changement climatique actuel. Il convient de les contraindre à l’adopter pour changer le mode de vie des Congolais vis-à-vis du bois de chauffage, à titre d’exemple.
Plusieurs millions de gaz à effet de serre dégagés par le simple fait du bois de chauffage pourrait s’ajouter aux efforts déployés. Une action rentable et facile à mener. Sur les 46 milliards Usd prévus par an, 5 milliards Usd suffiraient pour la réhabilitation du barrage d’Inga. Les autres années pourraient être consacrées à l’installation des réseaux de transport et de distribution.
Bienvenu Marie Bakumanya/Le Potentiel

