Stratégies de développement du territoire de Mushie – Projet ISCO

Un article de Ngoma.

De façon générale, les stratégies de développement s’appuient pour l’essentiel sur les organisations paysannes locales. Elles sont non seulement sollicitées pour la réalisation d’un grand nombre d’activités mais aussi, et c’est leur raison première d’existence, pour représenter la population rurale, principalement paysanne. En effet, la résolution des problèmes nécessite une large concertation entre les acteurs du territoire. C’est dans l’objectif de représenter fortement le monde rural que ces organisations doivent être mises en place. C’est aussi un élément fondateur des CARG dont les membres sont aux 2/3 des représentants de la société civile. Ces organisations paysannes sont enfin un élément central pour l’ensemble des formations qui sont prévues, sur l’ensemble des axes retenus.

Un autre groupe d’acteurs régulièrement sollicité est constitué par les agents techniques de l’Etat, en particulier l’Inspection territoriale de l’Agriculture, Pêche et Elevage et du développement rural. En effet, ces services ont pour rôle d’encadrer le monde paysan et de l’aider à se développer. Aussi, des formations sont largement prévues pour ces agents afin de leur permettre d’assurer cet encadrement. Ces formations doivent aussi leur permettre de participer activement à la réalisation des activités prévues par le CARG que ce soit en matière de formations des membres des Organisations Paysannes (OP), ou par l’appui à des processus de création d’OP, de réalisation de réunions, etc. Afin de leur permettre de fonctionner, il est proposé de fournir du matériel ainsi que des primes d’encouragement.

Les huit axes d’actions pour le développement du territoire

1. Le renforcement des capacités institutionnelles 2. La bonne gouvernance locale 3. L’amélioration de la gestion des ressources naturelles 4. L’amélioration de la production agricole 5. Le développement de l’élevage 6. L’encadrement de la pêche 7. L’accès au marché 8. La réhabilitation et l’entretien des infrastructures

Axe 1 - Renforcer les capacités institutionnelles

Il s’agit de renforcer les organisations paysannes, de les créer au besoin, d’appuyer le CARG et les services techniques de l’Etat, principalement l’inspection territoriale de l’agriculture et du développement rural.

Résultats attendus

Les services techniques (Agriculture, Développement Rural et Environnement) : - sont recentrés sur leurs fonctions régaliennes : diffusion de l’information sur les codes et règlements, appui à la mise en œuvre des politiques, contrôle d’application des lois.

- sont renouvelés, formés et équipés et sont à même d’accomplir leur tâche. Ils travaillent en collaboration avec les Organisations Paysannes, y compris pour tenir des statistiques fiables. Les paysans (paysans, fermiers, éleveurs, pêcheurs, planteurs) contrôlent des organisations capables de : les informer, les former, les défendre, les aider à accéder au changement technique (production de semences, gestion de parcs à bois et de pépinières, traction animale…) Il existe dans le territoire des ONG, OP ou organismes privés qui prennent en charge l’approvisionnement en intrants (vétérinaires, outillage manuel) et en produits manufacturés de base à prix raisonnables.

Stratégies

Organiser les producteurs au sein d’associations de base territoriales Organiser les femmes en associations. Renforcer les capacités des opérateurs privés Aider les ONG d’appui à se spécialiser, Renforcer les capacités des services techniques. Amener tous les intervenants extérieurs à travailler de manière concertée Promouvoir, pour le territoire, l’idée d’Agence Locale de Développement, (lien avec le CARG pour ne pas dédoubler) émanant des OP et contrôlées par elles.

Activités pour le CARG :

- Le rôle du CARG est d’assurer la supervision de l’ensemble des activités de développement du territoire. Ce rôle est défini par le code rural. Il consiste à se doter d’une vision du développement du territoire, dont le présent document en est le reflet ; à rechercher les partenaires de financement pour assurer la réalisation du plan, parmi lesquels figure en premier lieu l’Etat congolais. Il consiste également à contrôler la bonne réalisation des plans au travers des programmes des différents projets opérant sur le territoire. Le CARG, enfin, doit être un lieu privilégié de vigilance sur les tracasseries, de dénonciation de celles-ci, en particulier par le biais des radios communautaires susceptibles d’influencer l’opinion publique et de faire ainsi pression sur les autorités et les fauteurs de tracasseries. Ils doivent enfin diffuser les textes réglementaires, notamment sur la fiscalité, et vérifier leur application juste. Le secrétariat du CARG est assuré par l’inspection agricole dont le bureau pourra être renforcé à cette fin.

- Le CARG de Mushie est constitué par des représentants des différentes organisations de la société civile, de l’administration, et de la notabilité coutumière. Les producteurs trouveront mieux leur place dans le CARG dès lors que les CVD et Organisations de pêcheurs seront coordonnées et pourront à ce titre détacher des représentants aux réunions du CARG. Une réunion du CARG à Mushie suppose des frais qu’il est important de programmer si on veut que le dynamisme du CARG se maintienne. Les frais de déplacement en particulier des représentants des coordinations des Bampee et des Babomas doivent être pris en charge ainsi que des frais de réunions qui peuvent être estimés à 150 usd par jour pour cinquante participants. Il faut également prévoir des frais de dactylographie et d’impression des comptes rendus et des frais d’émission radiophonique. Un budget de 2000 usd par an est ainsi nécessaire pour assurer quatre réunions annuelles du CARG de Mushie. Pour le projet, les activités s’articulent comme suit :

- Bilan des capacités du CARG - Formations complémentaires du CARG. - Formations des CARG à la Planification du Développement Agricole. - Appui au déroulement des ateliers de Planification. - Equipement des CARG (acquisition, construction, réhabilitation et équipement de locaux). - Bilan des capacités des Inspections Agricoles et du Développement Rural, formations et renforcements de capacités - Elaboration avec les inspections agricoles d’un programme de sensibilisation à l’augmentation des surfaces et des rendements. - Equipement de l’Inspection Agricole : matériel de bureau, petite réhabilitation de bureaux, moyens de déplacement et de fonctionnement, sur contrat. - Réunions inter-projets de partage, de mise en œuvre et de suivi du plan, sous la houlette du CARG. - Contrats avec les partenaires locaux dont le SNSA en vue de mesurer les indicateurs de suivi du Plan – production régulière de statistiques agricoles fiables.

Axe 2 Améliorer la gouvernance locale

1.1.1 Résultats attendus

- La disparition des taxes illégales et la clarification du dispositif de perception. Les perceptions et les contrôles policiers et militaires sont supprimés partout dans la province (donc dans le territoire), sauf aux frontières.

- Les contribuables paient effectivement leurs taxes.

- Les services techniques ne se rendent plus complices d’actes de non respect de la règlementation concernant : l’attribution du foncier rural, la protection des ressources naturelles, les modalités d’exploitation des ressources naturelles.

- Les organisations paysannes et villageoises et les ONGD sont des relais d’information de l’administration concernant l’application des lois, codes et règlements.

- Le CARG joue pleinement son rôle.

Activités

- Faire le point aux niveaux territorial et provincial sur les pratiques fiscales dans tous les domaines ayant trait à l’agriculture, l’élevage, la production agricole et les activités d’amont et d’aval (approvisionnement en intrants, commercialisation).

- Relancer et renforcer le CLAT du territoire et l’intégrer ou le fusionner au sein du CARG.

- Diffusion radiophonique d’émissions permettant de lutter contre les tracasseries. Lutte contre les abus concernant l’usage ou l’acquisition de ressources naturelles

- Un organe de règlement des conflits doit être mis en place au sein du CARG entre des personnes taxées et les agents de l’Etat ou concernant des chefs traditionnels mettre en place une commission foncière locale

- Payer et équiper les agents des services techniques et de la police - Le CARG provincial doit participer à cette sensibilisation des autorités.

Axe 3 - Améliorer la gestion des ressources naturelles

1.1.2 Résultats attendus

- Disposer d’une cartographie des ressources et de leur vocation, - Disposer d’un comité agro-écologique par groupement fonctionnel, - Disposer d’une politique territoriale d’utilisation des ressources naturelles, - Limiter les conflits fonciers, - Faciliter l’accès à la terre pour les petits exploitants.

Stratégies

- Les problèmes rencontrés tant dans la gestion du foncier que dans celle des biefs de pêche ou des frayères relèvent d’un jeu d’acteurs dans lequel chacun suit un comportement opportuniste ne garantissant que ses intérêts à court terme. La multiplicité des acteurs en présence et l’importance des enjeux (montants exigés pour les concessions, sécurité alimentaire de villages entiers…) impliquent nécessairement une concertation regroupant le plus d’acteurs possible.

- Concernant la gestion du foncier, une cartographie des vocations des terres doit être établie par le CARG, et la commission foncière qui reprend les résultats des comités agro-écologiques de groupement, en prenant soin de bien impliquer l’administration, les chefs de terres et les représentants des habitants. L’objectif est clairement de permettre aux paysans de cultiver à proximité de leur village, afin de garantir une bonne production et la sécurité alimentaire du village. Il va de soi, en outre, qu’une agriculture excédentaire et donc génératrice de revenus ne peut se développer si les temps de trajets pour se rendre aux champs sont trop importants. Cette cartographie réalisée, de nouveaux contrats de location doivent être discutés entre les agriculteurs et les éleveurs d’une part et la chefferie coutumière d’autre part, sous la supervision de l’administration. Il s’agit là de négocier de nouvelles conditions d’accès à

- la terre pour les paysans et les éleveurs dont les revenus sont faibles. Ces nouvelles conditions doivent permettre aux petits agriculteurs et aux petits éleveurs de développer leurs activités sans être mis en danger par le paiement des redevances. Concernant la gestion de la ressource halieutique, la cogestion par une association des pêcheurs en collaboration avec l’administration et les chefs coutumiers reste la meilleure stratégie.

1.1.3 Activités à mener

Etablir un comité agro-écologique par groupement : commission agro-écologique du CARG Etablir une politique d’usage (agriculture, élevages, chasse, cueillette…) ou d’affectation du foncier. Les paysans doivent pouvoir facilement avoir accès à la terre, Il est impossible que l’agriculture se développe si les champs se situent à plus de 10 km des habitations. L’élaboration d’une telle politique doit se faire en concertation avec la chefferie coutumière. Enfin, cette politique doit être présentée à la population qui doit la discuter et l’approuver. Une formation à la cartographie participative. Etablir une cartographie des vocations des terres. Etablir une cartographie de l’utilisation souhaitable des terres. Etablir une carte des usages des terres. La superposition des deux cartes, celle présentant l’usage souhaitable et celle présentant l’usage effectif aujourd’hui, permettra de déterminer les principaux problèmes. Des chartes doivent être établies, rappelant les devoirs des chefs coutumiers, des accédants à la terre et des agents de l’administration. Ces chartes doivent ensuite être signées par tous les acteurs. Il est important que les grands propriétaires qui exploitent de grandes surfaces Ces chartes doivent être acceptées, signées et appliquées par les chefs coutumiers.

Axe 4 - Amélioration de la production agricole

1.1.4 Résultats attendus :

- Diversifier la production agricole, - Augmenter les surfaces cultivées, - Augmenter les performances des exploitations agricoles, - Améliorer la sécurité alimentaire des populations locales, - Améliorer les revenus des ménages. Pour cela, on pose l’objectif de substituer le manioc local par du manioc résistant à la mosaïque à hauteur de 50% de la superficie par ménage. Partant d’une estimation d’un hectare de manioc cultivé par ménage, l’objectif est de permettre, en trois ans, au terme du projet, à chaque ménage de planter 0,5 ha de manioc en variété résistante. Compte tenu du rythme de multiplication du manioc, cela implique l’installation de 4 à 5 ha de parc à bois dès la saison B 2010. Ces parcs à bois devront être répartis dans le territoire en fonction de la densité de la population agricole. Les champs devront être situés à proximité des villages afin de limiter les temps de trajet pour l’entretien du parc, mais aussi pour le transport ultérieur des boutures. En ce qui concerne le maïs, deuxième source de sécurité alimentaire et de revenus, l’objectif est de substituer à 100% le maïs local par du maïs samaru ou kasaï 1.

1.1.5 Stratégies

- Introduire dans le territoire des variétés végétales améliorées, présentant des résistances aux principales maladies (principalement du manioc résistant à la mosaïque).

- Introduire dans le territoire des cultures de diversification telles que le haricot, le niébé, le soja… afin d’améliorer l’équilibre alimentaire des ménages.

- responsabiliser les organisations villageoises et leurs regroupements dans la multiplication de ces variétés végétales améliorées. Afin d’obtenir une production en quantité et en qualité suffisante, il est nécessaire d’impliquer au maximum les organisations paysannes. Ce sera pour elles une occasion de tester ces cultures.

- S’appuyer sur ces OP pour largement diffuser les innovations.

- Faire intervenir une ONG spécialisée pour donner des formations plus techniques pour certaines innovations.

- Orienter les institutions de formation et les services de l’agriculture vers la formation continue des agriculteurs par maîtrise de divers itinéraires techniques et de diverses cultures.

- Diffuser un message de sensibilisation à l’augmentation des surfaces.

- Utiliser la radio pour largement diffuser l’information sur les technologies et les formations.

1.1.6 Activités à mener

Pour l’ensemble des cultures vivrières : - Sélection des villages hébergeant la première multiplication. Ces villages doivent être choisis de façon à faciliter, dans un deuxième temps, la diffusion du matériel végétal. Sélection des parcelles à proximité des villages (un parc pour dix villages situés dans un rayon de 15 km). Etablissement de contrat de culture entre les paysans et le projet. Dans l’idéal, ce sont les CVD qui réalisent l’ensemble des travaux. Préparation des parcelles : Mise en place de champs de multiplication ou de parcs à bois à proximité des villages. Mobilisation des organisations paysannes pour la reproduction des champs de multiplication. Sensibilisation à l’augmentation des surfaces, à la diversification des cultures et de l’alimentation. Formations poussées sur le rôle des femmes. Pour le projet, les activités s’articuleront ainsi : - acquisition des moyens de transport. - bilan de la diffusion du manioc résistant. - planification de la distribution exhaustive (objectif d’un taux de substitution de 50% par ménage). - contrats avec ONG locales et OP pour la mise en œuvre du plan. - achat des boutures et approvisionnement des sites de reproduction primaire non encore desservis. - suivi et sensibilisation des populations à l’importance des substitutions variétales, en collaboration avec les OP et l’Inspection de l’Agriculture. - suivi des partenaires contractuels. - établissement d’une politique territoriale de diffusion des variétés saisonnières (maïs, arachide, haricot, soja…). - contrats avec les partenaires pour la mise en place du programme de diffusion variétale des saisonnières. - achat et approvisionnement des partenaires avec les semences pré-bases (CTB-Inera). - suivi-évaluation : contrat avec le SNSA pour mesure des résultats de la diffusion : taux de diffusion, rendements.

Pour les cultures pérennes :

- Installation de pépinières (palmier à huile, café, cacao, plantain) gérées par les coordinations de groupement et la faitière. - Diffusion des plants à travers le territoire, en s’appuyant sur les OP. - Suivi des parcelles par les services de l’agriculture et les agents du projet. - Mise en place d’une palmeraie pour l’organisation faîtière comme source d’autofinancement. - Mise en place d’un système de microcrédit géré par l’organisation faîtière afin de faciliter l’accès aux intrants (plants notamment).

Pour le projet, les activités seront les suivantes :

- Elaboration de la politique de diffusion avec le CARG et les OP. - Achat des plants et rejets (palmiers à huile, plantain, café, cacao). - Création de parcs de multiplication. - Contrats avec les partenaires pour la diffusion. - Suivi-évaluation en partenariat avec le SNSA.

Axe 5 - Développer les élevages

Il paraît essentiel, dans cette contrée d’élevages, de développer l’association agriculture-élevage, notamment au travers de la traction attelée. Comment ? En créant des cadres de concertation entre (grands) éleveurs, agriculteurs et chefs de terre afin de garantir un accès au foncier satisfaisant et qui ne génère pas de conflits. A voir avec les comités agro-écologiques de groupement (ou la commission écologie du CARG ?). Résultats attendus

- Garantir une offre régulière en produits vétérinaires. - Introduire des géniteurs améliorés. - Améliorer l’encadrement technique soit par des ONG spécialisées, soit par les services de l’élevage (formation, moyens de fonctionnement, primes d’encouragement dans le cadre de consultances). - Clarifier la fiscalité liée à l’élevage. Ce point est inclus dans le traitement des tracasseries déjà abordé. Mener une réflexion sur une nouvelle fiscalité, et faire remonter les propositions au niveau des gouvernements provincial et national.

           Activités à mener, en s’appuyant sur les organisations paysannes 

Organiser les éleveurs familiaux en associations de groupement Le métayage devra être favorisé au sein de l’association des éleveurs. Acheter des géniteurs améliorés. Créer un centre de reproduction géré. Construire un magasin de produits vétérinaires. Constituer un fonds de roulement pour l’approvisionnement en produits vétérinaires. Transférer la gestion de la pharmacie vétérinaire aux OP faîtières. Elaborer une politique de vaccination. Former et appuyer en matériels les services techniques de l’élevage. Création d’un centre de dressage. La traction animale peut faciliter grandement le transport des produits sur les dessertes agricoles ou jusqu’aux ports. Dans certains endroits, cela améliore l’approvisionnement en eau, ou bien encore assure un moyen de transport efficace de matériaux de construction. Des instructeurs seront tout d’abord formés à la sélection des animaux, à la castration et au dressage. Ces formations seront données au niveau du district ou de la province, et réuniront des techniciens de l’ensemble des territoires du Bandundu dans lesquels cette innovation paraît possible et pertinente. Création d’un atelier de fabrication et d’entretien de charrette et de charrues. Il est préférable que les charrettes et les charrues soient fabriquées localement. Cadre de concertation sur l’usage du foncier et la résolution des conflits. CARG, Commission Foncière Locale, comités agro-écologiques. Pour le projet, les activités s’articuleront de la manière suivante : - Appui à l’organisation des éleveurs, en parallèle à la structuration en CVD et coordinations. - Création d’un centre de dressage et formations des dresseurs. - Création de l’atelier de fabrication-réparation du matériel de traction animale. - Formation des techniciens. - Appui à la création d’un cadre de concertation.

Axe 6 - Règlementer et soutenir la pêche

La pêche constitue une activité cruciale pour deux groupements : les Bampées et les Banunus. Les difficultés qui apparaissent sont essentiellement liées à l’absence de politique territoriale de gestion et à la faiblesse des moyens disponibles. Une organisation de pêcheurs et une cogestion de la ressource sont proposées comme solution.

Résultats attendus :

- Diminuer la pression sur la ressource, - Préserver les frayères, - Règlementer la gestion des biefs poissonneux, - Réglementer les pratiques de pêches, - Garantir une offre en intrants de pêche autorisés.

Stratégie

La stratégie retenue consiste à établir des contrats de cogestion entre d’une part, les organisations de pêcheurs (ou les organisations de village ou de groupement) et d’autre part, les autorités administratives et coutumières.

Activités à mener

Créer ou renforcer lorsqu’elles existent des associations professionnelles de pêcheurs. Etablir une cartographie des bassins de pêches, des biefs poissonneux, des frayères etc. Etablissement d’une politique de gestion. Sur la base de cette cartographie qui permet d’avoir une image de l’état de la ressource dans tous les bassins de chaque groupement :

o le nombre total de pêcheurs pouvant exploiter un bief selon les périodes, o le nombre de pêcheurs maintenant des pratiques néfastes, o la quantité de prise par pêcheur, o l’interdiction totale de pêche dans certains biefs particulièrement menacés, o l’interdiction d’exploitation de frayères, les calendriers de pêche.

Etablissement de la cogestion. La création d’associations de bassin permet une élaboration d’une politique de pêche par les pêcheurs, précisant des objectifs quantifiés autant que possible, proposant des méthodes et des moyens. Il faut garantir une offre en intrants satisfaisante afin de permettre aux pêcheurs de changer leur matériel illégal contre du matériel légal. Un suivi doit être assuré par les associations de bassin, sous la supervision de l’inspection de l’agriculture. Une formation à la cartographie participative ainsi qu’à l’élaboration d’une politique quantifiée sera fournie au niveau du territoire. Un atelier territorial d’harmonisation des politiques aura lieu à Mushie lorsque l’ensemble des politiques de groupement auront été élaborées. Cet atelier s’effectuera sous l’égide du CARG, avec l’appui des services de l’agriculture et des animateurs du projet.

Le projet mènera les activités suivantes :

- Création ou renforcement des organisations de pêcheurs. - Formations à la cartographie participative. - Appui à l’élaboration d’une politique de gestion. - Formations sur la cogestion des ressources : informations administratives, légales, pratiques… - Appui à la fourniture d’intrants autorisés à travers le service de commercialisation qui sera mis en place par le projet. - Suivi évaluation en partenariat avec les organisations paysannes et les services de l’agriculture.

Axe 7 - Améliorer l’accès aux marchés La faible organisation de la collecte des produits agricoles, associée au mauvais état des routes, décourage les commerçants à se rendre à l’intérieur du territoire pour acheter des produits agricoles qui sont produits en faibles quantités. Les moyens de transport existent, mais sont limités. L’approvisionnement souffre des mêmes problèmes. Enfin, les tracasseries constituent aussi un frein, peut-être le plus important. Les organisations paysannes et les regroupements peuvent résoudre ces problèmes, en particulier celui de l’organisation de la collecte et de l’approvisionnement, au travers de la mise en place d’une organisation commerciale qui réponde aux exigences d’une entreprise, tout en étant gérée par l’organisation paysanne faîtière du territoire. Résultats attendus:

- Augmenter les capacités d’approvisionnement et d’évacuation des produits, - Augmenter le nombre de marchés ruraux pour diminuer les distances à parcourir pour y avoir accès - Améliorer l’accès aux bassins de production en réhabilitant les ponts, digues et en nettoyant les rivières principales.


Stratégie 

La stratégie consiste à améliorer la collecte des produits agricoles à travers les OP de village et de groupement. Le transport des produits, depuis l’intérieur du territoire jusqu’aux points d’exportation, sera assuré par les camions ou baleinières, dont disposera l’organisation commerciale mise en place et par les moyens de transport des autres opérateurs économiques. Pour optimiser cette collecte, les bassins de production devront être identifiés, et les voies d’accès y menant réhabilitées et entretenues régulièrement.

           Activités à mener

- Identifier par le CARG et les OP les bassins de production et leurs potentiels. Une carte pourra être établie en relation avec des données chiffrées actualisées (nombre de villages, population, surface moyenne des champs, rendements moyens…). Il est important de déterminer les zones dans lesquelles la XXXX est forte et capable de soutenir un service de commercialisation.

- Recruter et former le personnel de l’organisation commerciale.

- Etablir une politique commerciale. Sur base du diagnostic réalisé sur les bassins de production, un plan de mise en place de marchés ruraux, physiques ou non, élaboré par l’organisation faîtière de territoire et le personnel de la commercialisation.

- Un expert réalisera ensuite une étude technique et budgétaire des infrastructures à construire. - Acheter ou construire les locaux.

- Achat des moyens de transports (camions et/ou baleinières). Ces moyens seront calibrés en fonction des résultats du diagnostic des bassins. Il s’agira d’un camion et d’une ou deux baleinières, si les moyens de transport locaux se montrent insuffisants ou inadaptés. - Organiser la collecte des produits agricoles. Lutter contre les tracasseries.

Organisation de l’approvisionnement du territoire. Au retour de Kinshasa, les baleinières doivent ramener des produits manufacturés dont elle facture le transport aux commerçants.

- L’ensemble de ces activités commerciales nécessite des formations. Une première formation aura lieu à l’issue du recrutement du personnel, réalisé par le responsable commercialisation d’Isco. Cette formation portera sur les procédures comptables et de planification. Par la suite, et ce en fonction des besoins, d’autres formations seront fournies par le projet

- Une centrale sera installée à Kinshasa par le projet Isco-Pab. Axe 8 - Réhabiliter les infrastructures Le mauvais état des infrastructures augmente les coûts de transport. Quand il ne rend pas ces transports impossibles. Résultats attendus - Désenclaver de façon durable et régulière les bassins de production. Pour cela, on projette la réhabilitation d’une centaine de ponts en bois, et de l’ensemble des digues sur les axes principaux. Stratégie La stratégie retenue consiste à confier la réhabilitation des ponts et digues, ainsi que le nettoyage des arbres dans les rivières aux Organisations Paysannes, appuyées en matériels et primes par le projet. L’entretien sera pris en charge par ces OP qui devront donc disposer de sources d’autofinancement prévues à cet effet. Il est important, que les coûts d’entretiens soient le plus bas possible afin de permettre cette prise en charge ultérieure. Des groupes seront créés au sein des CVD afin de limiter le nombre de personnes impliquées. Ces groupes, qui peuvent s’appeler des Groupes Volontaires d’Entretien des Routes ou Gver, sont constitués au sein des CVD qui bordent les principaux axes à entretenir. Ces Gver devront disposer des moyens d’autofinancement minimums pour pouvoir poursuivre l’entretien après la fin du projet. Ce seront, par exemple, des champs de production de maïs ou des palmeraies café, cacao dont la propriété reviendra aux CVD hébergeant les Gver. Une partie de la récolte sera donnée aux Gver comme paiement de l’entretien effectué, alors que l’autre partie servira à financer l’entretien de nouveaux champs pour la saison suivante. Activités à mener - Répertorier les axes prioritaires et lister les ouvrages à réhabiliter. - Réaliser une étude technique et une évaluation budgétaire des ouvrages à réhabiliter. - Créer des OP sur les tronçons retenus s’il n’en existe pas déjà, procéder à la création des Gver au sein de ces OP. Il est important que l’ensemble des voies de communication soit pris en charge par des Gver afin de ne pas laisser de parties se dégrader et bloquer un bassin de production. - Acheter, acheminer et distribuer des outils. Les Gvers seront équipés des outils nécessaires à l’entretien des routes et des rivières. - Approvisionner les chantiers. Réaliser les travaux. Tests de qualité.

        Le projet réalisera les activités suivantes :
         Evaluation précise des besoins et études techniques et budgétaires.
         Contractualisation d’un expert.	
         Création des GVER.
        Approvisionnement des chantiers et contractualisation des ouvriers.
        Supervision et réalisation des chantiers.
        Encadrement des GVER et contractualisation avec eux concernant l’entretien des routes et  des ouvrages.
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